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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

 delhommel  Le Père Joseph DELHOMMEL
né le 15 décembre 1885 à La Chapelle Erbrée
dans le diocèse de Rennes, France
membre de la SMA le 7 juin 1913
prêtre le 9 juillet 1916
décédé le 17 décembre 1978
 

1916-1919 Lyon, 150, professeur de philosophie
1919-1925 Chanly, professeur de philosophie
1925-1931 Chanly, supérieur
1931-1969 Lyon, 150
1931-1934, supérieur et conseiller provincial
1934-1937, secrétaire du Conseil provincial
1937-1960 professeur de morale et de droit canon
1952, puis 1958, conseiller provincial
1969-1978 La Croix-Valmer, retiré

décédé à Marseille, France, le 17 décembre 1978,
à l'âge de 93 ans

Le père Joseph DELHOMMEL (1885 - 1978)

Joseph Delhommel est né le 13 décembre 1885 à la Chapelle–Erbrée, dans le diocèse de Rennes, de Victor Delhommel, cultivateur, et de Rose Chrétien. Il fait ses études primaires dans sa commune natale puis étudie, pendant un an, chez les Frères de Vitré, avant de rejoindre le séminaire de Pont-Rousseau, en 1906, où il restera quatre ans. Il entre alors au noviciat de Chanly puis, un an après, rejoint le grand séminaire de Lyon où, malgré la guerre, il pourra, parce que réformé, poursuivre ses études. Il est ordonné prêtre le 9 juillet 1916.

Pendant ses études, le père Delhommel s’était fait remarquer par son intelligence et son sérieux. Aussi, dès son ordination, il est nommé professeur de philosophie au séminaire de Lyon et, en 1919, au noviciat de Chanly. Ce père, dit le père Hérold, son supérieur, me donne toute satisfaction, et les vertus et les qualités que je constate en lui me font concevoir pour lui une haute estime.

Le père Delhommel est aussi un homme humble qui ne cherche ni les honneurs ni les grandes responsabilités, mais qui les accepte avec obéissance et humilité, dès qu’on les lui impose. En 1925, il est nommé supérieur du noviciat de Chanly. Il écrit aussitôt au père Chabert, supérieur général : Votre décision m’a bouleversé… Les pères Bonnet et Laroche me disent d’obéir et que, d’ailleurs, toute supplication serait inutile. Soit, j’obéis !

Et voilà qu’en 1929, il est nommé supérieur du grand séminaire de Lyon. On lui écrit : La direction du séminaire étant devenue vacante, personne n’était mieux qualifié que vous pour la prendre en main. De nouveau, grosse émotion du père Delhommel qui écrit aussitôt au père Aupiais, son provincial : Je suis étonné et même bouleversé. Je n’ai ni la vertu, ni la science, ni l’expérience de l’apostolat qu’il faudrait. Je crois que vous me connaissez mal ! Le père Aupiais et même le père Chabert lui écriront pour l’encourager : Vous avez su faire de Chanly une maison modèle ; vous donnerez à votre séminaire de Lyon cette discipline, ce bon esprit. Peu après, rencontrant le supérieur général, le père Delhommel lui renouvellera son appréhension et le père Chabert lui répondra assez durement : Vous êtes supérieur, faites votre travail. Est-ce que je fais ce que je veux, moi ? Le Père Delhommel sera donc supérieur du "150", à Lyon, et le restera jusqu’en 1934.

Lorsqu’il aura été remplacé comme supérieur, lui qui avait pourtant demandé plusieurs fois à partir dans les missions, ne quittera pas encore le 150. Il y restera d’abord comme secrétaire du Conseil provincial, puis en 1937, comme professeur de morale et de droit canon au service des séminaristes, mais aussi, dira le Père Falcon, au service de tous ceux qui feront appel aux lumières de leur ancien directeur ou professeur, pour trouver une solution à leurs problèmes. Vie toute de dévouement et d’abnégation !

Au début de la guerre de 1939, il manifeste son souci des confrères mobilisés et suggère de veiller à ce que les confrères prêtres qui peuvent dire la messe aient des intentions rétribuées ; il suggère d’envoyer aux autres un secours en argent, de constituer une sorte de bureau pour correspondre avec chacun des mobilisés.

En 1956, il sera chargé, comme directeur des études, de coordonner les programmes des études philosophiques et théologiques, et à trois reprises il sera appelé à faire partie du Conseil provincial. Partout, le père Delhommel se montrera discret, aimable, serviable.

Peu à peu, le père vieillit, il se fatigue plus facilement, voit moins bien et doit être opéré de la cataracte. Il se retire donc du séminaire pour entrer à la province en août 1968 et, au mois de septembre 1969, il rejoint La Croix-Valmer.

Le Père désirait y venir et il s’y plait. Il continue de se cultiver en lisant des ouvrages modernes de réflexion philosophique, comme le hasard et la nécessité de Jacques Monod. Vous voyez, ajoute-t-il, malgré les ans qui s’accumulent, la vie est belle ! La surdité le gagne. Cependant, remarque le P. Grenot, il y a des choses fortes qu’il n’entend pas et des choses douces qu’il entend bien, mais quel brave homme !

En 1976, on doit célébrer ses noces de diamant. Le dimanche 13 juin, monseigneur Boucheix préside la célébration eucharistique et le père Bonfils prononce l’homélie. au nom de toutes les générations d’évêques, de pères et de frères qui ont bénéficié de l’enseignement et des conseils du Père Delhommel. C’est l’occasion de lui dire merci pour avoir rempli, avec tellement de fidélité et de persévérance, le service que l’Eglise lui avait confié.

Après cette grande fête du jubilé, apothéose d’une vie toute entière donnée au Seigneur et aux missions, son état de santé va s’aggraver rapidement. Il lui arrive de tomber de son fauteuil roulant. Il glisse et ne peut plus se relever. En 1977, il ne dit plus la messe, communie au lit, mais conserve toute sa tête.

Au début de novembre 1978, la communauté de La Croix-Valmer se prépare à fêter les 93 ans de son doyen. Tout est prêt pour célébrer cet anniversaire, écrit le père Ranchin. La veille de ce jour, le 12novembre, après le repas de midi, le Père Martinet reconduit le père Delhommel dans sa chambre et l’installe dans son fauteuil. Quelques instants après, le père Ranchin, venu jeter un coup d’œil, aperçoit le père lisant tranquillement son journal, tout en fumant sa cigarette digestive. Vers treize heures, le frère Bernard Laurent entend des cris et se précipite : il voit de la fumée sortir de la chambre du père Delhommel. Le père gît à terre, souffrant terriblement, tout le bas du corps brûlé profondément. Sur les conseils du médecin, on le transporte d’abord à la clinique de Saint-Tropez, puis au centre des brûlés de Marseille. C’est là qu’il décède le dimanche matin 17 décembre 1978.

La messe d’enterrement, présidée par le père Raymond Domas, provincial, est concélébrée le 20 décembre 1978 dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu, et le père Delhommel est enterré au cimetière Saint-Pierre à Marseille.

Seigneur, nous Te rendons grâce pour cette vie toute simple et sans tapage, mais qui fut toute donnée. Elle témoigne de ce que Tu peux faire, quand un cœur d’homme accepte d’être aimé de Toi. ((Père Raymond Domas)