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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

 lefort  Le Frère Marcel LEFORT 
né le 22 février 1903 à La Boissière-sur-Evre
dans le diocèse d’Angers, France
membre de la SMA le 18 octobre 1931
décédé le 25 décembre 1991
 

1931-1936 Offémont
1936-1950 Le Rozay (Lyon)
1950-1955 Ave et Chanly, Belgique
1955 Paris
1955-1991 Chaponost (Lyon)

décédé à La Boissière-sur-Evre, France, le 25 décembre 1991
à l’âge de 88 ans

 

Le frère Marcel LEFORT (1903 - 1991)

Marcel Lefort est né le 22 février 1903, à La Boissière-sur-Evre, dans le Maine-et- Loire, et dans le diocèse d’Angers. Ses parents, agriculteurs, auront 7 enfants. Marcel suit ses études primaires à l’école de la commune. Puis, il va travailler à la ferme familiale jusqu’à l’âge de 26 ans.

Il sollicite alors, on ne sait sous quelle influence, son entrée aux Missions Africaines. Admis, le 5 avril 1929, il rejoint la maison d’Offémont dans l’Oise. Et le 18 octobre 1931, il prononce son premier serment, qui le fait membre de la SMA. Le père Bourasseau son responsable parle de lui comme d’un homme consciencieux, pratique, droit, heureux, ouvert, loyal. Après son serment, le frère Marcel va demeurer à Offémont pour s’occuper de la ferme.

En 1936, il est nommé au Rozay dans la banlieue de Lyon, et on lui confie, de nouveau, l’exploitation agricole. On sait qu’on peut lui faire confiance. On dit de lui à cette époque : Ce frère est un exemple pour la communauté. Il est compétent, et restera volontiers dans le poste qu’il occupe, n’ayant pas d’autre désir que de faire ce qu’on lui demande. Au moment de son serment perpétuel, le père Bourasseau qui a rejoint, lui aussi, Le Rozay écrira : Je suis seul ici pouvant voter, mais je suis absolument certain que tous ceux qui connaissent le frère Marcel voteraient à l’unanimité pour son serment perpétuel.

En 1950, le conseil provincial lui demande d’aller en Belgique, à Ave. Le décès de monsieur Omer, qui dirigeait jusque-là l’exploitation agricole, exige un remplaçant qualifié. Frère Marcel est l’homme de la situation. En 1952, il rejoint la maison toute proche de Chanly, où les aspirants sma vivent leur temps de noviciat. Ce temps passé à Chanly sera, pour lui, un moment plus difficile. Il va se heurter avec le père Audrain, n’ayant pas les mêmes idées que lui pour l’organisation du travail. C’est pourquoi, en 1956, après quelques mois à la rue Crillon à Paris, il rejoint la nouvelle maison de Chaponost, près de Lyon, pour travailler, désormais, à la procure et s’occuper des foires. C’est là qu’il va fêter ses 25 ans d’engagement dans la SMA. Le père Bruyas fera son éloge en lui disant : Vous avez toujours été une âme de bonne volonté, s’efforçant de remplir, le plus parfaitement possible, les emplois qui vous étaient confiés, même si vous aviez formé d’autres rêves apostoliques.

Le frère Marcel va passer désormais tout le reste de sa vie à Chaponost, rendant humblement de multiples services. Durant ses 36 ans de présence, il va être un homme de paix pour la communauté sma dans laquelle il vit. Il va tisser des liens avec beaucoup de familles dans les environs de Chaponost, et en faire des amis des Missions Africaines. Lui qui n’est jamais allé en mission, il va faire aimer l’Afrique. Beaucoup ont apprécié cet homme tout simple, chez qui il n’y avait aucune prétention, qui se voulait l’ami de tous. Vers la fin de sa vie, il écrira ces quelques mots : Mon travail, c’est d’aller voir mes amis pour les aimer, chaque année davantage. De ce côté, je suis gâté et comblé. J’aime tellement le contact et l’amitié qu’ils me donnent. A un certain moment de sa vie, il prit l’habitude, durant les mois d’hiver, de quitter Chaponost pour aller présenter et vendre l’Almanach noir et le calendrier sma, dans les stations de la Haute-Savoie. Il était reçu, gratuitement, dans les hôtels dont les patrons étaient devenus pour lui des amis. Il parlait des Missions Africaines avec les vacanciers, et recevait leurs dons. Quand il revenait, après une longue absence, il déposait auprès du procureur, tout ce qu’il avait reçu. Sa gentillesse lui avait ouvert les cœurs, et ses amis d’un jour s’étaient montrés très généreux. Ce fut sa manière à lui de servir la mission.

En 1981, il fête ses 50 ans d’engagement dans la SMA. Le père Joseph Hardy lui écrira quelques mots au nom du conseil général : Nous rendons grâces avec vous. Vous n’avez pas servi en Afrique, mais l’Afrique vous doit beaucoup. Vous avez simplement accepté de servir, là où les supérieurs vous ont envoyé, et vous y avez vu la volonté du Seigneur. Vous n’avez jamais assumé des charges de responsabilités et, pourtant, tous vos frères sma sont pleins de respect et d’admiration pour tous les services rendus. Vous n’avez jamais exercé le ministère sacerdotal, cependant, rares sont les confrères qui ont su incarner aussi bien que vous la miséricorde et la bonté, l’humilité et la simplicité, le pardon et la réconciliation, la pauvreté et le sourire de Dieu. Comment expliquer autrement l’efficacité de votre service, et le succès de vos longues pérégrinations parmi vos amis, devenus les amis de la Mission ?

En 1982, alors qu’il n’a jamais quitté la France, il a la joie d’aller faire un voyage en Afrique avec un neveu et une nièce. Il en revient heureux, ravi, en admiration devant le travail des confrères qu’il a rencontrés. Il va reprendre ses tournées d’hiver avec plus d’ardeur, même si la fatigue commence à se faire sentir.

Ceux qui l’ont bien connu savent aussi que le frère Marcel fut un homme de prière, un contemplatif. Chaque matin, souvent avant 6 heures, il était déjà à la chapelle. Le soir, bien avant l’office commun, il y passait un long moment. Il était devenu un intime du Seigneur. Et lorsqu’il passait de longs moments au belvédère de la propriété de Chaponost, assis sur un banc, sous les arbres du parc, il pouvait observer la nature, voir les lapins. Ce temps de silence était aussi un temps de retrouvailles avec Celui qui habitait son cœur.

Il nous a quittés le 25 décembre 1991, à Bouzillé, dans son pays natal, alors qu’il se trouvait au milieu des siens, qu’il était venu saluer pour la fête de Noël. Si l’on avait demandé au frère Marcel quel jour il aurait aimé mourir, il aurait choisi, je crois, le jour où effectivement il nous a quittés. (Père Christian Besnard)