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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

CHRIST Eugene né le 25 mars 1912 à Strasbourg
dans le diocèse de Strasbourg, France
membre de la SMA le 30 juin 1934
prêtre le 9 janvier 1938
décédé le 2 octobre 1979

1938-1939 missionnaire au Togo, diocèse de Sokodé
1939-1945 mobilisé
1945-1965 missionnaire au Togo, diocèse de Sokodé
1965-1968 procure de Marseille
1968-1979 hôpital civile de Rouffach, aumônier

décédé à Colmar, France, le 2 octobre 1979,
à l'âge de 67 ans


Le père Eugène CHRIST (1912 - 1979)

Eugène Christ est né à Strasbourg, le 25 mars 1912, en la fête de l’Annonciation du Seigneur. Le jour même, il reçut le baptême, qui fut célébré en l’église catholique des Hospices Civils. Ses parents étaient cultivateurs et habitaient un village des environs de Strasbourg, Stützheim, où le Père passa son enfance. Il fit ses études à Saint-Pierre et à Haguenau, de 1923 à 1931. Mais il avait dû les interrompre pendant de longs mois, à la suite d’une grave pleurésie qu’il contracta en 1925. L’année suivante, à l’âge de 14 ans, il perdit sa mère, dont la mort prématurée fut une terrible épreuve pour lui et pour sa famille. Avec courage, il avait continué de poursuivre le but qu’il s’était fixé d’atteindre : se consacrer aux missions. Ses humanités achevées, il entra au noviciat de Chanly, puis étudia la théologie au grand séminaire, à Lyon d’abord, de 1933 à 1936 (avec une interruption d’un an de service militaire à Nancy), puis à Saint-Pierre, lorsque, en 1936, la Province de l’Est eut ouvert son séminaire en Alsace. Il fit le serment le 30 juin 1934 et fut ordonné prêtre à Saint-Pierre par Mgr Hauger, le 9 janvier 1938.

Le 26 novembre 1938, il s’embarqua pour le Togo et arriva à Sokodé le 22 décembre. La Préfecture Apostolique de Sokodé avait été érigée l’année précédente et Mgr Strebler en était le premier Préfet Apostolique. Il nomma le jeune missionnaire pour la mission de Mango. Après un arrêt de quelques jours à Aledjo, où le Père Diebold, supérieur de Mango, était venu prêcher une retraite aux catéchistes, le Père Christ monta donc à Mango avec son supérieur.

La station de Mango, fondée en 1936, était assurément la plus dure de toute la Préfecture Apostolique. Le Père Diebold y était arrivé en 1937. L’année suivante, le 29 août 1938, il avait vu mourir le Père Georges Krauth, qui était alors supérieur de la mission. Les bâtiments de la mission n’étaient pas encore terminés. Le climat de la région était éprouvant. Il y avait encore peu de chrétiens. Nos confrères avaient à supporter de grandes privations pour fonder l’Église dans une station qui était le plus au nord, à cette époque, de tout le Togo. Le Père Diebold et le Père Christ, dans ces difficultés, étaient vaillants et ne ménageaient pas leur peine.

Mais quelques mois plus tard, la collaboration des deux missionnaires fut interrompue brusquement : le Père Christ fut mobilisé le 3 septembre 1939, à la déclaration de la guerre et il quitta Mango pour Natitingou ; le Père Diebold fut mobilisé le 6 octobre suivant. Heureusement cela ne dura pas et, dès la fin d’octobre, les deux Pères, démobilisés, étaient de retour dans leur mission.

Le travail continua donc à Mango. Le 7 janvier 1940, eut lieu la pose de la première pierre d’une église. La cérémonie fut présidée par Mgr Strebler, assisté des Pères Diebold et Christ et du Père Van Ooyen, missionnaire néerlandais qui avait accepté de diriger les travaux de construction de l’église. Mais peu de jours après cette fête à Mango, une deuxième mobilisation sépara encore les deux missionnaires. Ils partirent le 18 janvier 1940 et ne purent revenir dans leur mission que le 17 août 1940.

Pendant cette longue absence des deux Pères, la station de Mango, heureusement, ne fut pas abandonnée, grâce au Père Van Ooyen. Celui-ci mena à bien les travaux de construction de l’église, qui fut bénite solennellement par Mgr Strebler, le 30 juin 1940.

De retour à Mango au mois d’août 1940, les Pères Diebold et Christ continuèrent ensemble leur travail missionnaire. Mais il s’agit bientôt de pousser plus au Nord la pénétration de l’évangélisation. Au mois de septembre, Mgr Strebler et le Père Christ firent un voyage dans l’extrême nord de la Préfecture Apostolique jusqu’à Dapango. Ils cherchèrent un endroit qui conviendrait pour une nouvelle fondation. Le choix fut définitivement arrêté sur Bombuaka, à 68 km au nord de Mango. Ce village était situé au centre du pays Moba, sur la route internationale qui traverse le Togo du sud au nord.

Le 9 novembre 1940, les Pères Diebold et Christ arrivèrent à Bombuaka et, dès le surlendemain, on commença à bâtir une maison d’habitation. Bientôt les gens se mirent aussi à construire une Chapelle, une case ronde de 8 m de diamètre, couverte de paille. Les Pères avaient donc établi, au mois de novembre 1940, une nouvelle mission, qui fut dédiée à Notre-Dame de la Paix.

Mais pour les deux fondateurs, la joie de vivre ensemble fut de courte durée. Avant la fin du même mois de novembre, une nouvelle mobilisation survint, la troisième pour eux. Sans doute, cette mobilisation fut brève ; les Pères étaient de retour vers la fin de décembre. Mais pour le Père Christ, ce fut un court répit. Dès le 12 janvier 1941, il est mobilisé de nouveau et il est placé alors à la tête des gardes de la frontière à Dapango.

Il est démobilisé le 11 août 1941 et il revient sans tarder à Mango. Mais pour peu de temps il reste dans le nord. Le 2 octobre 1941, il part de Mango pour Sokodé et de là pour un nouveau poste, Bassari, où il a été nommé vicaire. En effet, le Père Joseph Fischer, qui était missionnaire à Bassari avec le Père Dauphin, avait été nommé en septembre 1941 supérieur de la mission de Tchetchao-Yadé et il devait donc être remplacé à Bassari. Le Père Christ et le Père Dauphin passèrent six bons mois ensemble. Puis, en avril 1942, le Père Dauphin rentra en congé en France.

Après le départ du Père Dauphin, le Père Christ continua le service à Bassari. Mais une nouvelle fois, il fut arraché à son œuvre d’apostolat. Les Alliés ayant débarqué en Afrique du Nord en novembre 1942, il y eut bientôt de nouveau une mobilisation au Togo. Pour la cinquième fois, le Père Christ dut quitter la mission. Au mois d’octobre 1943, nous le voyons dans un bataillon d’Atakpamé, faisant route vers Ouagadougou. Finalement ce n’est qu’en 1945 qu’il lui fut possible de reprendre une activité missionnaire vraiment suivie. Il revint à Sokodé le 17 décembre 1945 et fut affecté à Lama-Kara comme supérieur de la station.

Ainsi, malgré de continuelles interruptions, le Père Christ restait fidèlement attaché à la mission et aux travaux d’évangélisation. Il était très aimé de ses confrères et des chrétiens. Il s’était montré grand travailleur. Arrivant à Lama-Kara, il commença à apprendre la langue de la région : c’était, depuis le début de sa vie de missionnaire, la troisième langue indigène qu’il apprenait. Il fut d’abord seul à la mission de Lama-Kara. En 1947, Mgr Lingenheim, nouveau Préfet Apostolique, nomma également à cette mission le Frère Jacques Ricard.

Le Père Christ rentra en congé en France en septembre 1950, il se reposa quelque temps au Zinswald et repartit pour le Togo le 19 janvier 1952. Mgr Lingenheim le nomma alors pour Aledjo et, le 18 février, il le conduisit lui-même dans cette mission. Le Père Christ fut supérieur d’Aledjo jusqu’au mois d’avril 1956.

Au début de 1957, après un congé de quelques mois en France, il devint vicaire du Père Neth arrivé à Sotubua en 1946. La paroisse avait été érigée en 1952. Elle fut divisée en deux en 1958 et la région nord fut confiée au Père Christ, qui choisit Ayengré comme lieu de résidence.

Le Père Christ revint en France au mois de juillet 1965. De décembre 1965 à 1968, il fut à la disposition de la Province de Lyon pour travailler à la Procure de Marseille, en collaboration avec le Père Georges Gros.

En 1968, il revint en Alsace et, à partir du 12 septembre, il prit en charge l’aumônerie de l’hôpital local de Rouffach. Ce qu’il avait été comme missionnaire en Afrique, il le fut aussi à l’égard des malades et des personnes âgées : il était à leur service, en toute charité. Bien souvent fatigué lui-même et souffrant, il restait calme et patient, en toutes circonstances et, avant tout, comme le dirent tant de malades, aimable et bon.

Il mourut le 2 octobre 1979, à l’hôpital Pasteur de Colmar. Ses obsèques furent célébrées à Saint-Pierre le 5 octobre. La messe fut présidée par M. le Curé de Rouffach, entouré de nombreux concélébrants, dont Mgr Lingenheim et Mgr Durrheimer, avec assistance de Mgr Strebler. Le Père Michel Wack, lui aussi comme le Père Christ originaire de Stützheim, prononça l’homélie. Selon le désir qu’il avait exprimé, le Père Christ fut enterré au cimetière s.m.a. de Saint-Pierre.