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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

CURUTCHET Jean né le 10 septembre 1910 à Irissarry
dans le diocèse de Bayonne (France)
membre de la SMA le 30 juin 1934
prêtre le 6 janvier 1935
décédé le 16 octobre 1959

1935-1936 Baudonne, professeur
1936-1955 missionnaire en Côte-d'Ivoire
Sassandra, Daloa
1956-1959 Baudonne

décédé à Bayonne, France, le 16 octobre 1959,
à l’âge de 49 ans


Le père Jean CURUTCHET (1910 - 1959)

Jean Curutchet est né le 19 septembre 1910 à Irrissary dans les Pyrénées-Atlantiques et au diocèse de Bayonne et a été baptisé le 23 septembre. Après ses études primaires, Jean entre au petit séminaire d’Ustaritz. Il y poursuivra ses études secondaires de 1922 à 1928 avant de rejoindre le grand séminaire de Bayonne où, pendant deux ans, il étudiera la philosophie scolastique.

Après avoir pensé à entrer chez les Oblats de Marie, puis aux Missions Etrangères de Paris, il écrit au supérieur des Missions Africaines qu’il désire entrer dans cette Société pour se consacrer au service des Noirs « parce que, dit-il, trop oubliés… C’est pourquoi j’irai vers eux. » Le supérieur du séminaire de Bayonne écrit : « Jusqu’ici, il nous a donné pleine satisfaction. Séminariste pieux et régulier, il a sérieusement étudié sa vocation. Son intelligence est plus solide que brillante ; son jugement paraît sûr. Je suis convaincu qu’il fera un excellent missionnaire. »

Ayant obtenu le consentement de sa famille et l’autorisation de son évêque, il entre au grand séminaire de Lyon le 1er octobre 1931. Après son service militaire, Jean Curutchet sera admis au serment perpétuel le 30 juin 1934. Il est ordonné prêtre le 6 janvier 1935 et le 16 juillet de la même année, il est envoyé comme professeur au petit séminaire de Baudonne, où on espère aussi qu’il pourra susciter des vocations.

Le 16 juillet 1936, le père Jean Curutchet est désigné pour le vicariat apostolique de la Côte d’Ivoire, nomination qu’il accepte avec empressement. « C’est pour moi une joie profonde de savoir que j’irai vers ces missions que j’aime depuis longtemps. Croyez-moi, je mettrai ma meilleure volonté à servir Dieu et les âmes parmi nos chers Noirs. » Le 3 août 1938, de Grand-Lahou, il écrit au père provincial pour le remercier d’avoir été visité ses parents : « Ils ont bravement souffert de mon départ. S’ils savaient comme je suis heureux. » Il continue en décrivant avec enthousiasme ses activités missionnaires : « Que voulez-vous ? Je suis souvent en tournée et quand je reviens au poste principal, je suis bien obligé de donner un coup de main à mon bon supérieur, le père Van Dijck. Nous avons partagé le travail. J’ai pris la lagune et la région godié. Lui a gardé Yocoboué et le Bandama. Quand nous sommes à Grand-Lahou, nous nous entraidons. » Et il parle longuement de ses tournées dans les villages jusqu’à Fresco et dans la région : « D’ici à Gbagbam il y a environ 160 km : à pied dans les 85 à 90 et, en pirogue, 70 environ. »

En 1946, le père Curutchet atteint d’une péritonite doit rentrer rapidement en France pour y être opéré. Depuis la division de 1940, il fait partie du vicariat de Sassandra et monseigneur Kirmann, supérieur de Daloa, vient de le nommer vicaire général et de le charger de créer un petit séminaire à Daloa. Sa robuste constitution lui permet de guérir rapidement et, après un petit séjour au pays basque, de se transformer en quêteur pour trouver les ressources nécessaires à la construction de ce séminaire, construction qui sera réalisée par le frère Octave. Le père Curutchet revenu de France en bonne santé va pouvoir effectuer la rentrée le 15 octobre 1946. Aidé bientôt par le père Myard, il assume toues les responsabilités. En 1947, arrivée du père Quignon et de trois abbés africains qui viennent terminer leur théologie à Daloa et qui pourront aussi donner des cours aux élèves du petit séminaire. Supérieur et économe, mais disposant alors d’un peu de temps libre, le père Curutchet se lance dans les constructions.

En 1948, les évêques de Côte d’Ivoire, ayant décidé de ne garder qu’un seul petit séminaire et ayant choisi Bingerville comme séminaire intervicarial, Mgr Kirmann décide de transformer son séminaire en collège et choisit le père Curutchet comme supérieur et économe de ce collège. Il le restera jusqu’au moment où il est nommé fondateur et responsable de la mission d’Issia. Il reviendra cependant à Daloa pour y remplacer le père Tranchant, obligé de rentrer en France.

Le 11 mars 1954, le père Curutchet est malade et le docteur demande son rapatriement immédiat en France. Le père rentre par avion le 26 mars. Son état de santé va cependant s’améliorer assez rapidement puisqu’en septembre 1954 il retourne en Côte d’Ivoire.

Au mois de mars 1945, Mgr Kirmann, qui a donné sa démission pour raison de santé, nomme à nouveau le père Curutchet vicaire général en remplacement du père Bordes qui doit rentrer en France. Mgr Kirmann meurt peu après et le père Curutchet, lui-même malade, doit être rapatrié au mois de novembre de la même année. Ayant retrouvé un peu de santé, en juin 1956, il est mis à la disposition du supérieur de la maison de Baudonne où il pourra rendre quelques services.

Le 16 octobre 1959, le père, souffrant beaucoup du côté droit, est transporté d’urgence en clinique à Bayonne. Il meurt au cours de l’opération et est transporté dans sa famille. Il est enterré le lundi 19 octobre à Irrissary.