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Société des Missions Africaines – Province de Lyon
Le Père Salvat MARCARIE

MARCARIE Salvat

né le 8 janvier 1937 à Hasparren
dans le diocèse de Bayonne (France)
membre de la SMA le 10 juillet 1960
prêtre le 2 janvier 1966
décédé le 24 novembre 2006

1966-1969 Baudonne, directeur spirituel

1969-1972 Gagnoa, vicaire
1972-1973 Bayota (Gagnoa) remplacement
1973-1984 Kpapékou (Gagnoa) vicaire, puis curé
1984-1985 Lyon, 150, recyclage
1985-1990 Tabou (San Pedro), vicaire
1990-1992 San Pedro, vicaire
1992-1995 Lyon, 150, aide au musée
1995-2006 Lyon, 150, procure

décédé à Lyon (France), le 24 novembre 2006,
à l’âge de 69 ans

Le père Xalbat MARCARIE - (1937-2006)

Xalbat Marcarie est né le 9 janvier 1937 à Hasparren dans les Pyrénées Atlantiques et le diocèse de Bayonne. Ses parents, cultivateurs, lui donneront 3 frères. Très chrétiens, ils seront toujours favorables à sa vocation missionnaire. Après un passage à l'école apostolique de Bétharram, il entre au petit séminaire des Missions Africaines à Baudonne en 1952. Il y rencontre le père Castanchoa qui aura sur lui une grande influence. A la fin de sa classe de troisième, celui-ci écrit : élève très consciencieux et très sérieux.

En 1955, Xalbat rejoint le petit séminaire de Pont-Rousseau puis, de 1957 à 1959, il poursuit ses études de philosophie à Chamalières. On note alors qu'il est très dévoué, et cette remarque l'accompagnera désormais toute sa vie dans tous les lieux où il passera. C'est un homme de service, toujours disponible quand on a besoin de lui. En 1959, il entre à Chanly, en Belgique, pour son année de noviciat. Il y prononce son premier serment le 10 juillet 1960.

C'est à cette époque qu'il effectue son service militaire. Il rejoint d'abord Cahors, puis Laval, avant d'être affecté en Allemagne, puis en Algérie, près de Laghouat. Au bout de quelques mois, il écrit à son provincial : Je m'aperçois que le Seigneur ne nous abandonne pas dans nos difficultés, dans nos découragements, si nous savons le prier et tourner notre regard vers lui… Le soir, dans la petite chapelle de l'aumônerie, on peut se retrouver seul, avec le Christ, pour prier et méditer et cela est réconfortant. Son aumônier de Cahors, le père Georges Bessière, écrira : Au moment de son départ, il a été l'objet de témoignages de sympathie unanimes. Il a été très aimé de ses camarades et estimé de ses chefs. Libéré de ses obligations militaires, il rejoint le grand séminaire de Lyon. C'est là qu'il prononce son serment perpétuel le 28 juin 1965. Il est ordonné prêtre le 2 janvier 1966, à Hasparren.

En juin 1966, il reçoit sa première nomination. Le Conseil provincial lui demande de rejoindre la maison de Baudonne où il va travailler comme animateur spirituel auprès des jeunes, et éveilleur de vocations dans les diocèses de Dax et de Bayonne. Quand, trois ans plus tard, en 1969, il quitte la maison, on le décrit comme un homme dévoué, zélé, travailleur, consciencieux, de relation facile, ayant une bonne influence sur les jeunes avec qui il réussit très bien. Même s'il est à l'aise à Baudonne, c'est avec joie qu'il accueille sa nomination en Côte d'Ivoire pour le diocèse de Gagnoa. Il est d'autant plus heureux qu'il s'en va comme remplaçant du père Castanchoa. Dans une lettre de cette époque, il parle de son saint patron : franciscain catalan, qui fut berger, puis cordonnier et qui, pendant sa vie religieuse, fut cuisinier, quêteur et portier. Xalbat semble heureux d'être sous un tel patronage, car cette simplicité lui ressemble.

Dans une lettre de 1970, il donne ses premières impressions sur son travail missionnaire à Gagnoa et il écrit : Mon travail est exaltant. J'en suis très content. Il est heureux de faire ses premiers baptêmes, 150 enfants des écoles publiques dont il a la charge et qu'il a préparés avec le père Lombardet. Et il ajoute : Je récolte ce que le bon père Castanchoa a semé. Il a fait du très bon travail. Je l'admire. Il s'occupe des élèves, mais aussi des villages et termine toutes ses lettres en disant : la santé est bonne et le moral excellent.

Un 1972, il est curé de Bayota en remplacement du père Arsac qui est en année sabbatique. Cette situation ne lui plaît guère : Priez pour moi pour m'aider à tenir le coup car je suis seul à Bayota, et je ne suis fait ni pour vivre ni pour travailler tout seul. Le père Marcarie connaît sa fragilité et son tempérament. Il n'aime pas les conflits et, lorsqu'il doit les affronter seul, cela a des conséquences sur sa santé. Il se renferme alors sur lui-même, et risque de se laisser aller.

En 1973, il rejoint Kpapékou en pays bété avec le père Malval. Il restera 11 ans dans cette paroisse. C'est alors qu'il en est devenu le curé qu'en août 1979, il reçoit cette lettre de monseigneur Tekry : Pour reconstituer de conseil épiscopal, mon choix s'est porté sur vous à cause de votre discrétion, votre sens de la mesure, et l'amitié dont vous honorent les confrères. Cette estime qui l'entoure trouve sa source dans la grande attention qu'il porte à ses confrères, et dans l'accueil qu'il sait leur réserver lors de leurs visites. Entouré de ses frères, même si tout n'est pas facile pour lui, car il ressemble à un pot de terre au milieu de pots de fer, il se sent plus fort pour affronter la vie.

En 1984, le conseil provincial souhaite le retenir en France pour un service. Monseigneur Tékry va plaider pour lui. Il ne restera finalement que le temps d'une année sabbatique, année qui sera surtout un temps de repos car il rentre malade. Il en profitera quand même pour aller en Terre Sainte. A son retour en Côte d'Ivoire en 1985, il rejoint d'abord Tabou puis, un peu plus tard, San Pedro.

Un confrère qui le connaît bien pour avoir vécu quelques années en Côte d'Ivoire, a écrit ce témoignage : Je me souviens de Xalbat. Il aimait visiter les villages, et s'occupait volontiers des catéchistes et des catéchumènes adultes. Il s'intéressait beaucoup aux séminaristes qu'il aidait autant que possible. Il s'appliquait à suivre les maîtres d'école de la mission. Il portait grande attention aux célébrations liturgiques, même s'il regrettait de ne pas bien savoir chanter. Il aimait collaborer avec les sœurs et leur rendait volontiers les différents petits services qu'elles demandaient avec une grande disponibilité. C'était un homme humble, conscient de ses limites, un doux qui voulait la paix. Il a donné le meilleur de lui-même dans la fidélité à sa vocation missionnaire.

En 1992, il rentre en France, et rejoint notre maison de Lyon, au 150 cours Gambetta où il va désormais demeurer. Après trois années au musée africain, il va travailler au service de la procure. Avec le père Duquesne, il se charge de répondre aux bienfaiteurs pour les remercier de leurs dons, tout en rendant des services pastoraux dans plusieurs communautés religieuses.

C'est là qu'il nous a quittés, au matin du vendredi 24 novembre 2006, à l'âge de 69 ans. A la demande de sa famille, il repose à Hasparren, son village natal, au cœur du pays basque auquel il est toujours resté très attaché. Lors de la messe de funérailles, chantée dans la langue basque qu'il affectionnait par dessus tout, de nombreux prêtres diocésains sont venus dire à sa famille toute l'estime qu'ils lui portaient.