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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

marchant louis né le 28 décembre 1911 à Chemillé
dans le diocèse d'Angers, France
membre de la SMA le 25 mars 1946
décédé le 3 janvier 1986

1939-1945 mobilisé
1946-1971 Lyon, comptable à la procure
1971-1985 Lyon, accueil
1985-1986 Montferrier, retiré

décédé à Montferrier, France, le 3 janvier 1986,
à l'âge de 75 ans


Le frère Louis MARCHANT, frère Etienne (1911 - 1986)

Louis Marchant est né le 28 décembre 1911 à Chemillé dans le diocèse d’Angers. Il est baptisé trois jours plus tard. Il est issu d’une famille d’agriculteurs, très chrétienne. Il est confirmé à 8 ans à Saint-Martin-de-Joué.

Après ses études primaires et secondaires, Louis fait son service militaire d’octobre 1932 à octobre 1933, suivi d’une période de deux mois en août et septembre 1935. L’idée d’une vocation missionnaire germe en lui, il se décide et frappe aux Missions Africaines pour devenir frère coadjuteur. Il arrive au Rozay le 3 novembre 1937 et commence son noviciat le 5 juin 1938.

La guerre éclate et Louis est mobilisé le 2 septembre 1939. Il est fait prisonnier le 20 juin 1940 et emmené en Allemagne dans plusieurs camps successifs jusqu’en Pologne. Libéré par les Russes le 29 mars 1945, il revient en France, à Marseille, par Varsovie et Odessa.

Louis passe alors les mois de mai et juin en famille et entre au noviciat des frères à Sainte-Foy, près de Lyon, le 21 juin 1945. Quelques mois plus tard, le 25 mars 1946, il prononce son engagement dans la SMA et choisit le nom de Frère Etienne. Deux ans plus tard, il renouvelle son serment pour une période de quatre ans, et enfin prononce son serment perpétuel le 25 mars 1952.

Dès 1946, frère Etienne est affecté au 150 à Lyon. Il est à la procure, au service de la comptabilité provinciale. Comment résumer sa vie ? Il a servi au 150 pendant 40 ans ! On peut presque dire qu’il faisait partie du décor, tant sa présence était familière à tous. Qui, à l’époque, n’a pas entendu ces petites phrases : il faut voir frère Etienne, ou bien encore : Frère Etienne vous renseignera. Lui qui a vu défiler tant de monde dans son bureau est certainement celui qui connaissait le mieux les confrères de la province de Lyon.

Le 20 mars 1971, les confrères et les séminaristes du 150 célèbrent ses 25 ans de vie religieuse dans la SMA. Le 10 novembre suivant, pour raisons de santé, le frère est déchargé de la comptabilité. Il va continuer à rendre service à la procure en lien avec le frère Paul Flageul qui le remplace, tout en étant chargé de l’accueil au 150. Frère Etienne accomplit son travail au 150 dans des conditions difficiles avec une fidélité remarquable. Il était homme de foi et de sagesse. J’ai toujours été heureux là où on m’a mis, disait-il. Je ne sais pas si j’ai fait du bien aux Missions Africaines, mais j’ai essayé.

Frère Etienne était un homme de service, direct et efficace. On a parfois exagéré dans les services qu’on lui demandait, car il lui arrivait de faire des journées de 15 heures. Les confrères rencontrés n’étaient pas toujours des plus faciles, et leurs exigences étaient parfois bien grandes. Accueillir sans cesse demandait au frère une grande patience qu’il savait conserver malgré des éclipses passagères et rapides dues à un excès de fatigue.

Le 4 janvier 1973, le docteur Plauchu découvre que frère Etienne est diabétique, probablement depuis plusieurs années. Il commence à se soigner, mais cela ne l’empêche pas de continuer à rendre toutes sortes de services dans la communauté, jusqu’à la vaisselle où il se rend plus souvent qu’à son tour et jusqu’à de multiples commissions dans tous les coins de la ville. Malgré sa fatigue, le frère reste détendu ; il blague volontiers et se déclare heureux.

Début avril 1974, le conseil provincial offre à frère Etienne un voyage à Abidjan, une occasion pour lui de connaître l’Afrique. Il remercie ses supérieurs, mais refuse à cause de son âge et de sa santé : Le père Paul Rey ira à ma place. Il est très heureux et moi je suis heureux d’avoir fait un heureux en refusant.

A partir de 1977, frère Etienne se fatigue vite et est obligé de se coucher dans la journée. Il ne peut plus rendre les services qu’il voudrait ; mais il reste heureux, tout en soulignant avec humour les petites misères de la communauté.

Du 29 août au 4 octobre 1980, il fait un premier séjour à l’hôpital. Le 13 novembre 1981, il reçoit le sacrement des malades avec les personnes de  La Vie Montante. En 1984, on lui propose d’aller à Montferrier, mais son souhait est de rester toujours au 150.

Le 4 mars 1985 frère Etienne est hospitalisé à Lyon, suite à son diabète et à des problèmes cardiaques. On le soigne, puis on l’envoie à la maison de repos du Mont-d’Or à Albigny-sur-Saône. Il va devoir apprendre à se déplacer en fauteuil roulant. Le 12 décembre 1985, il rejoint Montferrier. C’est là qu’il meurt le 3 janvier 1986, à l’âge de 75 ans.

Dans l’homélie de ses funérailles, le père Michel Lamure disait :  Engagé dans une société missionnaire, le frère Etienne n’a pas connu l’Afrique, mais les fatigues acceptées pour les pères et les frères en mission le rapprochent de Thérèse, la petite sainte de Lisieux qui édifia l’Eglise, non par la grandeur des constructions, mais par l’amour dont débordait son cœur. Les registres de comptabilité disparaissent et les comptables aussi, mais l’amour donné ne meurt pas. Etienne a donné toute sa vie à la banque de l’amour : c’est Dieu lui-même qui tient ici les comptes !


Société des Missions Africaines –Province de Lyon
Le Frère Louis MARCHANT
Frère Etienne
né le 28 décembre 1911 à Chemillé
dans le diocèse d'Angers, France
membre de la SMA le 25 mars 1946
décédé le 3 janvier 1986
Frère Louis Marchant

1939-1945 mobilisé
1946-1971 Lyon, comptable à la procure
1971-1985 Lyon, accueil
1985-1986 Montferrier, retiré

décédé à Montferrier, France, le 3 janvier 1986,
à l'âge de 75 ans


Le frère Louis MARCHANT, frère Etienne (1911 - 1986)

Louis Marchant est né le 28 décembre 1911 à Chemillé dans le diocèse d’Angers. Il est baptisé trois jours plus tard. Il est issu d’une famille d’agriculteurs, très chrétienne. Il est confirmé à 8 ans à Saint-Martin-de-Joué.

Après ses études primaires et secondaires, Louis fait son service militaire d’octobre 1932 à octobre 1933, suivi d’une période de deux mois en août et septembre 1935. L’idée d’une vocation missionnaire germe en lui, il se décide et frappe aux Missions Africaines pour devenir frère coadjuteur. Il arrive au Rozay le 3 novembre 1937 et commence son noviciat le 5 juin 1938.

La guerre éclate et Louis est mobilisé le 2 septembre 1939. Il est fait prisonnier le 20 juin 1940 et emmené en Allemagne dans plusieurs camps successifs jusqu’en Pologne. Libéré par les Russes le 29 mars 1945, il revient en France, à Marseille, par Varsovie et Odessa.

Louis passe alors les mois de mai et juin en famille et entre au noviciat des frères à Sainte-Foy, près de Lyon, le 21 juin 1945. Quelques mois plus tard, le 25 mars 1946, il prononce son engagement dans la SMA et choisit le nom de Frère Etienne. Deux ans plus tard, il renouvelle son serment pour une période de quatre ans, et enfin prononce son serment perpétuel le 25 mars 1952.

Dès 1946, frère Etienne est affecté au 150 à Lyon. Il est à la procure, au service de la comptabilité provinciale. Comment résumer sa vie ? Il a servi au 150 pendant 40 ans ! On peut presque dire qu’il faisait partie du décor, tant sa présence était familière à tous. Qui, à l’époque, n’a pas entendu ces petites phrases : il faut voir frère Etienne, ou bien encore : Frère Etienne vous renseignera. Lui qui a vu défiler tant de monde dans son bureau est certainement celui qui connaissait le mieux les confrères de la province de Lyon.

Le 20 mars 1971, les confrères et les séminaristes du 150 célèbrent ses 25 ans de vie religieuse dans la SMA. Le 10 novembre suivant, pour raisons de santé, le frère est déchargé de la comptabilité. Il va continuer à rendre service à la procure en lien avec le frère Paul Flageul qui le remplace, tout en étant chargé de l’accueil au 150. Frère Etienne accomplit son travail au 150 dans des conditions difficiles avec une fidélité remarquable. Il était homme de foi et de sagesse. J’ai toujours été heureux là où on m’a mis, disait-il. Je ne sais pas si j’ai fait du bien aux Missions Africaines, mais j’ai essayé.

Frère Etienne était un homme de service, direct et efficace. On a parfois exagéré dans les services qu’on lui demandait, car il lui arrivait de faire des journées de 15 heures. Les confrères rencontrés n’étaient pas toujours des plus faciles, et leurs exigences étaient parfois bien grandes. Accueillir sans cesse demandait au frère une grande patience qu’il savait conserver malgré des éclipses passagères et rapides dues à un excès de fatigue.

Le 4 janvier 1973, le docteur Plauchu découvre que frère Etienne est diabétique, probablement depuis plusieurs années. Il commence à se soigner, mais cela ne l’empêche pas de continuer à rendre toutes sortes de services dans la communauté, jusqu’à la vaisselle où il se rend plus souvent qu’à son tour et jusqu’à de multiples commissions dans tous les coins de la ville. Malgré sa fatigue, le frère reste détendu ; il blague volontiers et se déclare heureux.

Début avril 1974, le conseil provincial offre à frère Etienne un voyage à Abidjan, une occasion pour lui de connaître l’Afrique. Il remercie ses supérieurs, mais refuse à cause de son âge et de sa santé : Le père Paul Rey ira à ma place. Il est très heureux et moi je suis heureux d’avoir fait un heureux en refusant.

A partir de 1977, frère Etienne se fatigue vite et est obligé de se coucher dans la journée. Il ne peut plus rendre les services qu’il voudrait ; mais il reste heureux, tout en soulignant avec humour les petites misères de la communauté.

Du 29 août au 4 octobre 1980, il fait un premier séjour à l’hôpital. Le 13 novembre 1981, il reçoit le sacrement des malades avec les personnes de La Vie Montante. En 1984, on lui propose d’aller à Montferrier, mais son souhait est de rester toujours au 150.

Le 4 mars 1985 frère Etienne est hospitalisé à Lyon, suite à son diabète et à des problèmes cardiaques. On le soigne, puis on l’envoie à la maison de repos du Mont-d’Or à Albigny-sur-Saône. Il va devoir apprendre à se déplacer en fauteuil roulant. Le 12 décembre 1985, il rejoint Montferrier. C’est là qu’il meurt le 3 janvier 1986, à l’âge de 75 ans.

Dans l’homélie de ses funérailles, le père Michel Lamure disait : Engagé dans une société missionnaire, le frère Etienne n’a pas connu l’Afrique, mais les fatigues acceptées pour les pères et les frères en mission le rapprochent de Thérèse, la petite sainte de Lisieux qui édifia l’Eglise, non par la grandeur des constructions, mais par l’amour dont débordait son cœur. Les registres de comptabilité disparaissent et les comptables aussi, mais l’amour donné ne meurt pas. Etienne a donné toute sa vie à la banque de l’amour : c’est Dieu lui-même qui tient ici les comptes !