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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

bannwarth henri né le 7 janvier 1920 à Eguisheim
dans le diocèse de Strasbourg, France
serment perpétuel le 16 septembre 1943
prêtre le 26 septembre 1943
décédé le 8 janvier 2002

1945-1997 missionnaire au nord Togo

Bombuaka 1945-1947 et 1952-1957
Bassar 1947-1952 et 1957-1973
Tchamba 1974-1995
Kolowaré 1995-1997
1997-2002 Saint-Pierre, retiré

décédé à Sélestat (France), le 8 janvier 2002,
à l'âge de 82 ans


Le père Henri BANNWARTH (1920 - 2002)

Henri Bannwarth est né le 7 janvier 1920, à Eguisheim dans le Haut-Rhin. Clément Bannwarth, un de ses oncles missionnaire aux Missions Africaines, le fait venir au Petit Séminaire de Saint-Pierre. Il continue ensuite ses études au collège de Haguenau à partir de 1935. Il rejoint le noviciat du Rozay de 1938 à 1940. Il prononce le serment d’appartenance aux Missions Africaines le 16 septembre 1940, est ordonné prêtre le 26 septembre de la même année à Saint-Pierre. En 1941, il est au Grand Séminaire de Lyon. Malgré une constitution physique jugée faible par les médecins et le port d’un corset plâtré en 1944, Henri Bannwarth est nommé l’année d’après pour la Préfecture Apostolique de Sokodé, mais il ne peut partir tout de suite à cause de la guerre.

Il arrive en Afrique en novembre 1945 à bord du bateau Providence. Débarqué à Dakar il rallie le Togo en auto-stop, en camion militaire et à pied. Suite aux conditions précaires dans lesquelles il a voyagé et à cause du manque d’hygiène, il est terrassé par une dysenterie et frôle la mort. Il est affecté à la mission de Bombouaka.

Le P. Bannwarth racontait : Un 14 juillet tous les chefs des villages se réunissent et Mgr Strebler est là ; il demande alors à chacun des chefs s’il est possible de s’installer. Aucun ne souhaite voir un Blanc s’implanter sauf un qui lui rend visite durant la nuit ; il veut avoir le prestige d’héberger un blanc, il donne deux cases à Mgr Strebler, une en guise de maison et une en guise de chapelle… Et c’est ainsi que débuta cette mission.

Henri Bannwarth est vicaire du P. Diebold de 1945 à 1947. Il n’a que 25 ans et il doit rester souvent seul dans la mission de Bombouaka. En 1952, le P. Krauth est nommé à Bombouaka comme vicaire du P. Bannwarth mais reste en charge de Mango. A Bombouaka, le P. Bannwarth se heurte au problème de l’éducation des femmes ; de nombreuses lettres témoignent de la résistance affichée par la population face à cette émancipation. Mais le Père demeure intransigeant même s’il peut parfois y risquer sa vie.

De Bombouaka le P. Bannwarth est transféré à la mission de Bassar où il demeure de 1947 à 1952. Une lettre écrite de Bassar, le 21 juin 1950, témoigne : La mission se développe toujours un peu plus, malgré les difficultés de toutes sortes. Nous avons construit une nouvelle école. Il reste un bâtiment pour compléter le groupe scolaire. En octobre, nous ouvrirons le cours élémentaire et l’année prochaine, si tout va bien, le cours moyen. Dans les stations secondaires tout semble marcher aussi.

Il écrit le 17 janvier 1954 : Je suis tout seul à Bombouaka depuis Pâques 1953. Evidemment le travail ne manque pas. Travail matériel, travail spirituel. C’est notre vocation. La question d’eau à Bombouaka est la question qui nous préoccupe le plus, le Chef et moi. Aussi avons-nous essayé plusieurs solutions, des barrages d’abord. Mais comme le terrain est très rocailleux, il faudrait faire de grands ouvrages en ciment pour empêcher les fuites. Mais la question spirituelle nous occupe beaucoup plus. L’évangélisation progresse doucement. A l’Assomption, fête patronale de Bombouaka, nous avons procédé à des baptêmes : 22 adultes et 10 enfants.

Bombouaka, lettre du 5 janvier 1955 : Nous avons commencé une école de filles. Et l’école marche à merveille. Cette année, c’est moi qui ai l’école de filles à charge. J’espère que l’année prochaine, les sœurs s’en occuperont. Savez-vous qu’à Bombouaka nous avons l’« éducation de base » ? C’est une organisation qui s’occupe de donner aux jeunes gens certaines notions sur la forge, la maçonnerie, la menuiserie et le jardinage. C’est une formation à l’artisanat rural. Les résultats jusqu’à présent sont très satisfaisants.

Le P. Bannwarth effectue un travail remarquable et parvient à se lier avec le chef et la population locale. Il reste à Bombouaka jusqu’en 1957, date à laquelle il rentre en France pour quelques mois et rejoint à nouveau la station de Bassar. Il développe cette mission avec beaucoup de zèle, y construisant une grande église, des centres sociaux, et des chapelles. Plusieurs missionnaires se succèdent comme vicaires : les P. Widloecher, A. Kuntz, Gilbert Brem qui ouvre Kabou. Lorsque les Pères du Verbe Divin prennent en charge le secteur de Bassar, il va fonder la mission de Tchamba en 1974.

Tchamba est situé à une quarantaine de kilomètres à l’est de Sokodé, et islamisée à 90%. Le P. Bannwarth construit l’impressionnant complexe presbytère-église-centre social. A l’autre bout de la ville il construit une réplique du centre social avec l’idée qu’il pourrait servir de chapelle. Sept chapelles sont construites dans des villages dépendant de Tchamba. Depuis Tchamba, il construit la nouvelle église de Koloware. Il construit aussi plusieurs centres socio-culturels.

Le 26 septembre 1993, le P. Henri Bannwarth fête son jubilé d’or sacerdotal à Eguisheim, son village natal. L’homélie est donnée par le P. Claude Rémond, qui lui rend cet hommage : Pour se faire connaître de la population et pour mieux connaître les gens, vous vous êtes fait arracheur de dents, ambulancier, infirmier et pharmacien. Chaque jour une file se formait devant la mission et l’on apprenait à se connaître et à s’estimer malgré les différences de couleur, de langue et de religion. Tant il est vrai que la charité et l’entraide font fi de toutes les barrières. Après un autre séjour en France pour cause de maladie, le P. Bannwarth demande à retourner à Koloware, il y séjourne de 1995 à 1997 mais, victime d’une embolie pulmonaire, il doit rentrer définitivement en France en 1997. Il passe le temps de la retraite à la maison de Saint-Pierre parmi ses confrères et amis et, malgré sa santé affaiblie, il continue à faire preuve de disponibilité et d’humilité, et continue ses activités épistolaires. Durant toute sa vie il aura écrit des milliers de lettres. Hospitalisé à Sélestat, il meurt le 8 janvier 2002.