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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

DRIOT Jean né le 1er décembre 1928 à Sainte-Sigolène
dans le diocèse du Puy, France
membre de la SMA le 25 juillet 1950
prêtre le 7 décembre 1954
décédé le 17 avril 1989

1955-1960 Chaponost, professeur
1960-1979 missionnaire en Côte-d'Ivoire
1960-1965 : Bingerville (Abidjan), professeur
1965-1969 : Dabré, vicaire
1969-1971 : Akoupé, curé
1971-1974 : Memni et Dabré, curé
1974-1977 : Memni, curé
1977-1979 : Dabou, curé
1979-1982 Chamalières, procureur
1982-1984 Adjamé, Côte-d'Ivoire vicaire
1984-1989 Chamalières, responsable

décédé à Sainte-Sigolène, le 17 avril 1989,
à l'âge de 60 ans


Le père Jean DRIOT (1928 1989)

Le père Jean Driot est né le 1er décembre 1928 à Sainte-Sigolène, dans la Haute-Loire, de parents cultivateurs. Après ses études primaires dans l’école des frères du Sacré-Cœur, il entre au petit séminaire d’Yssingeaux, d’où il écrit, le 10 mai 1948, au supérieur des Missions Africaines pour lui demander son admission dans cette Société.

Le supérieur du petit séminaire donne sur lui de très bons renseignements : Un de nos meilleurs élèves, piété sérieuse, très bon caractère, aimé de tous. Jean entre en 1948 au noviciat de Chanly, en Belgique. Le 25 juillet 1950, par le serment, il devient membre des Missions Africaines. Après son service militaire, il entre au grand séminaire de Lyon en 1952. C’est le 7 décembre 1954 qu’il est ordonné prêtre.

Il est d’abord affecté comme professeur au petit séminaire de Chaponost, où il enseignera de 1955 à 1960.

En 1960, il est nommé en Côte-d’Ivoire. Monseigneur Bernard Yago, archevêque d’Abidjan, l’affecte, comme professeur, au petit séminaire de Bingerville. Le 31 août 1965, monseigneur Yago l’envoie à Dabré où, tout en le laissant responsable de cette paroisse, il lui demande d’organiser, avec l’équipe du père Michel Girard, toute la pastorale d’ensemble de la région Attié- M’Batto. En 1969, on signale déjà, chez lui, des ennuis de santé chroniques. Le père Driot se plaint aussi d’être seul, sans avoir été initié à la pastorale et d’avoir trouvé une situation financière difficile.

A son congé, en 1971, le docteur Plauchu ne le trouve pas en excellente santé, mais n’ose pas encore lui interdire l’Afrique. En 1974, il écrit de Memni pour demander à suivre le recyclage de l’Arbresle. Nouvel examen chez le docteur Plauchu qui ne lui trouve pas encore une santé bien brillante et hésite à lui redonner le feu vert pour l’Afrique. En 1975, il revient cependant à Dabré mais, cette fois, il est déchargé de Memni : Les deux à la fois, c’était trop lourd, écrit-il, et cela ne contentait personne. En 1978, il écrit de Dabou dont depuis un an il est devenu curé : Ici à Dabou, c’est un autre monde. Il y a au moins 6000 élèves dans le secondaire et autant dans le primaire, plus de 25 000 habitants, sans compter les 10 à 15 000 habitants des villages. Deux pères à plein temps, plus une sœur qui travaille dans la catéchèse du secondaire, ce n’est pas beaucoup !

Le 27 février 1979, il écrit : Vous êtes sûrement au courant de ma maladie. J’ai fait trois séjours différents à l’hôpital. Après l’œdème pulmonaire, je suis sorti de l’hôpital le 21 janvier. Monseigneur Yago m’a proposé de rentrer en France. Pendant son congé, il apprend qu’il est nommé procureur à Chamalières. Jean lui-même ne se sentait pas capable de retourner en mission dans l’année et il accepte cette nomination. Pendant trois ans, il va s’employer à ce travail nouveau pour lui.

En 1981, il avertit monseigneur Yago qu’on l’autorise, de nouveau, à retourner en Côte- d’Ivoire pour un ministère adapté à son état de santé. Il est alors nommé comme vicaire à la paroisse d’Adjamé, ce qu’il accepte volontiers, de même que le Conseil provincial qui le remercie pour l’excellent travail qu’il a accompli avec dévouement et générosité à la procure de Chamalières.

En 1984, deux ans après son arrivée à Adjamé, il fait part au père Dhumeau, qui rentre en France, de son mauvais état de santé et de son désir de quitter définitivement la Côte- d’Ivoire. On le nomme, cette fois encore, à la procure de Chamalières pour y aider le père Bioret.

En mai 1985, on lui demande d’accepter la responsabilité de la maison, avec celle de la procure. Le 4 octobre 1988, il écrit au père provincial pour lui dire sa satisfaction d’accueillir le père Cogard et son regret de ne pas rendre service plus souvent dans le diocèse.

En avril 1989, le père vient passer quelques jours dans sa famille à Sainte-Sigolène. Le 16 au soir, il quitte les siens, se retire dans la maison familiale qu’il occupait seul pour y passer la nuit et rejoindre Chamalières, le 17 avril au matin. Les pères de la communauté, ne le voyant pas venir, téléphonent à sa famille. On le trouve mort chez lui. Le décès remontait, sans doute, à la veille au soir.

La cérémonie des funérailles a lieu dans l’église de Sainte-Sigolène, le 20 avril 1989. Elle est présidée par le père Lamure, vice-provincial et en présence d’une cinquantaine de prêtres, dont le père Paul Destable, représentant l’évêque de Clermont-Ferrand, des prêtres du diocèse, de nombreux pères des Missions Africaines, en présence également de nombreuses religieuses de différentes congrégations.

Une autre messe demandée par les amis des Missions et le diocèse de Clermont-Ferrand a été célébrée, le 20 mai, dans l’église de la paroisse Sainte-Jeanne d’Arc de Clermont, en présence de l’évêque, monseigneur Jean Dardel, qui tenait à présider cette cérémonie.

Des années de travail apostolique, jalonnées de périodes heureuses, mais marquées aussi de passages bien douloureux… Des années vécues avec la volonté de servir jusqu’au bout… Un homme qui ne s’attardait pas sur ses propres misères mais, par contre, un homme disponible et dévoué sous un extérieur bourru, dû peut-être, en partie, au rude pays de la Haute-Loire ! On l’aimait bien, le Père Jean !