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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

LERDOU Victor né le 4 mars 1914 à Montory
dans le diocèse de Bayonne, France
membre de la SMA le 24 juillet 1934
prêtre le 4 mars 1939
décédé le 26 avril 1999

1939-1940 mobilisé en Tunisie
1940-1945 Bayonne, animation missionnaire
1945-1946. Rezé, professeur
1946-1955 Egypte
1955-1957 Bayonne, animation missionnaire
1957-1961 Tiébissou (Bouaké), Côte-d'Ivoire 
1961-1969 Bayonne, animation missionnaire
1969-1970 diocèse de Bouaké
1970-1973 Rezé, procureur
1973-1976 Baudonne, économe
1976-1981 Lyon, 150, comptabilité
1981-1999 Montferrier; retiré

décédé à Montferrier-sur-Lez, France, le 26 avril 1999
à l’âge de 85 ans


Le père Victor LERDOU (1914 - 1999)

Victor Lerdou naît à Montory dans le diocèse de Bayonne, le 4 mars 1914, de Pierre Lerdou et de Catherine Bouchet. C’est une famille d’agriculteurs. Victor aura 4 sœurs et 1 frère. Il est baptisé le 10 mars 1914.

Il fait ses études secondaires à la maîtrise de Bayonne, puis au séminaire des Missions Africaines de Baudonne et les termine à la maison d’Offémont. Après deux années au noviciat de Chanly, en Belgique, il prononce son serment le 24 juillet 1934 et entre la même année au grand séminaire des Missions Africaines, à Lyon. Après une interruption de 18 mois pour accomplir son service militaire, il terminera ses études théologiques et sera ordonné prêtre le 4 mars 1939.

On le désigne pour la mission du Delta du Nil, mais la guerre survient : il est mobilisé et envoyé en Tunisie. En septembre 1940, il est démobilisé et nommé recruteur pour la maison de Baudonne. Au bout de quelques années, fatigué physiquement et moralement, il demande son changement. On lui répond de patienter un peu. Surprise, en janvier 1945, il est à nouveau mobilisé et rejoint Bordeaux où il se trouve comme sergent-infirmier dans un corps expéditionnaire en partance pour l’Extrême-Orient. Ce changement de vie ne lui déplaît pas et il écrit au supérieur de Lyon pour obtenir l’autorisation de rester aumônier de ce corps. Mais, une nouvelle lettre, écrite le 30 août 1945, nous apprend qu’il est démobilisé et que le Conseil provincial le nomme professeur à Nantes, ce qu’il accepte volontiers, bien qu’il eût préféré partir en Afrique. Il ne reste professeur qu’une année, puisqu’une nouvelle affectation l’envoie comme directeur du collège de Tantah en Egypte.

Le père Lerdou, qui s’acclimate d’abord difficilement à ce pays, trouve à Héliopolis un endroit où il est définitivement débarrassé de la sinusite qui le faisait souffrir continuellement, et où il peut se consacrer avec plus d’enthousiasme à l’apostolat qu’il désirait. Mais, en juin 1955, neuf années après son arrivée en Egypte, il reçoit une lettre de Lyon qui lui demande d’assurer, à nouveau, le recrutement de la maison de Baudonne. Le père répond : Permettez- moi de vous dire que je ne me trouve pas qualifié pour recommencer ce travail. Cependant, je viendrai, si c’est nécessaire, malgré la peine immense de quitter mon apostolat actuel. Il ne reste que deux ans recruteur car, le 20 juin 1957, on lui demande de rejoindre en Côte d’Ivoire le diocèse de Bouaké. L’évêque, monseigneur Duirat, le nomme à la mission de Dimbokro, puis à M’Batto, pour y seconder le père Allirand qui témoignera : Pendant le séjour du père Lerdou à M’Batto, j’ai admiré son courage à visiter les villages. Il pouvait faire plusieurs jours consécutifs de tournées, malgré un estomac qui supportait mal la nourriture. Il a accompli un apostolat suivi et méthodique dans les villages qui lui étaient confiés et a fait de nombreux baptêmes. J’ai eu l’honneur et la joie de partager avec lui quatre années de ma vie de missionnaire. Il terminera ce premier séjour en pays baoulé par la mission de Tiébissou. Tout heureux, en 1961, il revient en France pour un congé, espérant bien retrouver Bouaké en avril 1962. Déception ! En février, une lettre du père provincial lui apprend que, pour la troisième fois, il est nommé à Baudonne pour l’animation missionnaire. Bouleversé, contrarié, il se soumet cependant : J’accepte humblement de reprendre le recrutement.

Dès le mois de décembre, devant l’abandon de 17 élèves, le Père est découragé et regrette d’avoir accepté ce poste. De nouveau, en décembre 1963, il écrit pour manifester, encore une fois, son découragement et son désir d’être relevé de sa fonction.

Il accepte, en mai 1969, de repartir en Afrique, malgré une uricémie et son ulcère à l’estomac toujours en sommeil. Il est de nouveau envoyé au diocèse de Bouaké et monseigneur Duirat le désigne pour la mission de Sakassou qu’il rejoint en octobre 1969. Des problèmes de santé le contraignent à rentrer en France pour y être opéré.

Après quelques semaines d’hospitalisation et de repos à La Croix-Valmer, le père demande qu’on lui donne une nouvelle affectation. Il n’est pas entièrement guéri, mais il espère pouvoir s’occuper malgré tout. Il pense à une vie communautaire et à un travail de procure. C’est pourquoi on l’envoie à Pont-Rousseau qu’il doit rejoindre le 1er mai 1970. Il y restera trois ans. Il se met, sans trop de difficultés, à la comptabilité, si bien qu’en octobre 1972, il se propose même d’aller aider le Père Devienne à la procure de Lille.

L’année suivante, en 1973, il est chargé de la comptabilité et de l’économat avec le Père Lahargou à Baudonne. Le 30 septembre 1976, il est nommé au 150, à Lyon, où il est chargé d’abord de remettre au point la comptabilité de la maison. Un an après, le Conseil provincial le remercie pour le gros travail accompli et le charge, à partir de ce moment, de la comptabilité provinciale.

En 1981, le conseil provincial, en le nommant à la maison de repos de Montferrier, remercie le père Lerdou pour tous les services qu’il a rendus avec beaucoup de dévouement et de compétence dans différentes maisons et spécialement à la comptabilité provinciale.

Dans cette nouvelle maison de Montferrier, le père Lerdou ne refusera pas d’aider l’économe autant qu’il le pourra, mais, en 1983, il ne pourra plus s’occuper de comptabilité. Il reconnaîtra, lui aussi, qu’une maison de retraite est une fameuse école de patience, de silence intérieur devant les diverses réactions des uns et des autres et il ajoute : J’ai beau être retranché dans mes limites, je préfère garder la conviction que le Christ m’invente chaque jour, surtout à l’Eucharistie, et qu’il m’invite à assumer ma propre mort, quand et comme il le voudra.

Il décède à la maison de retraite le 26 avril 1999, à l’âge de 85 ans.