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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

 aupiais  Le Père Francis AUPIAIS
né le 11 août 1877 à Saint-Père-en-Retz
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA le 28 juin 1902
prêtre le 29 juin 1902
décédé le 14 décembre 1945
 

1903-1926 missionnaire au Dahomey
1928-1931 Lyon, supérieur provincial
1931-1937 Baudonne, supérieur du petit séminaire
1937-1945 Lyon, supérieur provincial

Membre de l'Académie des Sciences Coloniales
Député à l'Assemblée constituante en 1945

décédé à Paris, France, le 14 décembre 1945
à l’âge de 68 ans

Le père Francis AUPIAIS (1877 - 1945)

A Paris, le 14 décembre 1945, retour à Dieu du père Francis Aupiais, à l'âge de 68 ans.

Né à Saint-Père-en-Retz, dans le diocèse de Nantes en 1877, Francis Aupiais commença ses études dans son diocèse, puis chez les Pères Blancs. Entré aux Missions Africaines en 1900, il fit le serment et fut ordonné prêtre en 1902. Après un an de professorat à Pont-Rousseau, le père Aupiais, en octobre 1903, partait pour le vicariat du Dahomey.

A part les premiers mois passés à Abomey, il passera sa vie de mission à Porto-Novo, comme directeur de l'école et supérieur de la mission. Il sera aussi le pro-vicaire de Mgr Steinmetz.

"Gai et primesautier, le père Aupiais avait cette fraîcheur d'esprit et cette curiosité intellectuelle, qui lui donnèrent des choses et des hommes une intuition immédiate et juste."

"Plus que quiconque, il a contribué à la préparation de cette élite dahoméenne qui a produit, en plus d'hommes politiques, des écrivains de valeur reconnue."

Revenu en France en 1926, le père Aupiais part à la conquête de toutes les grandes villes. Il devient l'homme du jour. Bien sûr, il désire ramasser de l'argent pour achever l'église de Porto-Novo, mais il y a autre chose. Il a rapporté d'Afrique une trentaine de caisses qui contiennent les éléments d'une importante exposition d'art dahoméen.

Le succès du père Aupiais est grand; c'est le succès de l'Afrique. On estime à plusieurs millions de personnes le nombre de ceux qui entendirent vanter les dons artistiques et, du même coup, le niveau de civilisation du Dahomey. Le père Aupiais fut l'ambassadeur des Noirs. Son oeuvre fut la réhabilitation de cette race noire, et rien ne pouvait être plus propice à l'heure où il commença. Le père Aupiais s'acharnait à démontrer que, derrière certaines apparences douloureuses, fâcheuses, derrière certains excès, il y a dans l'âme africaine une civilisation, une spiritualité, une moralité sur lesquelles on peut valablement bâtir le christianisme. Il y a des choses valables, solides, déjà acquises et, avec ces composantes, le christianisme peut naître, s'épanouir et fleurir. Le père Aupiais en donnera toute sa vie de magnifiques exemples. La ferveur et le merveilleux souvenir qu'il laissa en Afrique sont là pour témoigner à quel point il avait raison.

Le père Aupiais connut alors, à l'intérieur de la Société, des années sombres de contradictions. Provincial en 1927, il devenait supérieur de Baudonne en 1931, mais il était élu provincial en 1937. Alors, il put faire paraître son livre "le Missionnaire". En 1939, il est élu à l'Académie des sciences coloniales.

Au cours de la guerre et de l'occupation, il se dévoua sans compter, continuant la visite des maisons, souvent au péril de sa vie. La libération lui permit de visiter l'Egypte, puis il partit vers le Dahomey où ses amis présentaient sa candidature à l'Assemblée Nationale. Ce choix d'un Blanc par des Noirs lui apparaissant comme le symbole de la confiance réciproque, il accepta. L'élection du père Aupiais comme député fut accueillie avec enthousiasme: "Le père Aupiais était élu. [...] L'Afrique était sauvée!"

Quelques semaines plus tard, à son retour à Paris, avant même d'avoir paru à l'Assemblée Nationale, il mourait d'une crise d'urémie.

"S'il fut missionnaire français en Afrique, le père Aupiais fut aussi missionnaire de l'Afrique en France. Il le fut avec une telle ténacité, un tact et une intuition qui lui ont valu la tendresse de l'Afrique et la reconnaissance (parfois posthume) de tous. Son amour intelligent pour l'Afrique lui a attiré bien des tracas et des souffrances." (Missi, 1957/3)

"Quand le don de sympathie s'unit à une foi ardente, à une intelligence avide de comprendre, à une vaillance infatigable et à une austérité personnelle véritable, il fait les grands apôtres, dont la venue parmi nous ne doit pas être sans fruits." (père Kern)

"Il nous laisse le souvenir d'une grande âme et l'exemple d'une grande vie. Son action fut féconde, parce qu'elle fut toujours inspirée par l'Amour, amour des hommes tels qu'ils sont." (père Caër)

"Le père Aupiais nous a compris, parce qu'il a commencé par nous aimer." (un Dahoméen)