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Société des Missions Africaines

GUILLEMIN Ernest né le 1er octobre 1888 à Dijon
dans le diocèse de Dijon, France
membre de la SMA le 26 juin 1915
prêtre le 29 juin 1915
décédé le 5 mai 1916

Père Ernest Guillemin

1914-1916 mobilisé, tombé au champ d’honneur

cité trois fois à l’ordre du jour
Croix de guerre

décédé au front, à Avaucourt, France, le 5 mai 1916,
à l’âge de 28 ans


Le père Ernest GUILLEMIN (1888 - 1916)

Au front, à Avaucourt, le 5 mai 1916, retour à Dieu du père Ernest Guillemin, à l'âge de 28 ans.

Ernest Guillemin naquit à Dijon, en 1888. Après son sous-diaconat, il entre à Chanly en 1913; la guerre l'en arrache en 1914. Il fait néanmoins son serment et, au cours d'une permission de cinq jours, il est ordonné prêtre à Lyon le 27 juin 1915.

Partout où il passé, Ernest Guillemin laissa le souvenir d'une âme ardente et d'un grand caractère. Tous les Dijonnais connaissaient "ce grand diable" au corps robuste, cette physionomie heureuse qu'égayait des petits yeux malins, souriants et bons. Il sut donner un grand essor au patronage dont il s'occupait au cours des vacances.

Les murs du séminaire de Dijon où il fit toutes ses études théologiques ne tarirent pas sa gaieté qui lui ouvrait tous les cœurs. C'est par l'intermédiaire d'un autre Bourguignon, le futur Mgr Parisot, que l'abbé Guillemin entendit l'appel de l'Afrique. Les supérieurs mirent sa vocation à l'épreuve, en retardant son départ, mais toutes les pensées, les actes de l'abbé étaient orientés vers l'Afrique. Au séminaire, le "coiffeur Guillemin" réclamera désormais deux sous par coupe pour les Noirs du père Parisot.

En octobre 1913, ayant reçu l'autorisation de son évêque, l'abbé rentre à Chanly. Son cœur exulte... il est désormais à l'Afrique. Déjà sous-diacre, il sait, aux heures de recueillement et de silence, prêcher d'exemple. Aux promenades, fuyant les sentiers et les routes, il aimait à entraîner ses compagnons à travers les bois: il voulait s'égarer pour avoir la joie de se retrouver. Il était heureux, il voulait que tous autour de lui jouissent de son bonheur et il chantait, chantait toujours. Si, au cours d'une promenade, on entendait une voix s'élever des milieux des taillis, on pouvait être certain qu'Ernest Guillemin n'était pas loin. Et parfois, le soir, il montait sur la colline pour chanter de sa voix puissante une "tyrolienne" endiablée.

Homme de cœur et de caractère, l'abbé fera son devoir sur le front... et pourtant la mobilisation a bouleversé tous ses projets, car il n'était qu'à quelques mois de l'Afrique. Soldat, puis officier, sa conduite fit l'admiration de ses chefs. Ses nombreuses citations en font foi. "Il s'est montré brave, énergique et courageux... a donné à tous un bel exemple... a brillamment entraîné sa section à l'assaut... officier d'une bravoure à toute épreuve... a eu une attitude très remarquable... etc."

Plusieurs fois blessé, à peine guéri, il rejoint ses hommes pour les aider surtout spirituellement car, s'il est officier, il n'oublie pas qu'il est d'abord prêtre.

1916. Il est à Verdun à la côte du Poivre. Il est mortellement blessé par un obus. Quelques jours plus tard, son lieutenant-colonel écrivait: "Mon cher lieutenant Guillemin est mort... Vous ne sauriez croire la peine profonde que m'a causée cette mort. Guillemin était le type du héros, c'était un officier modèle, l'entraîneur d'hommes. Je savais que je pouvais compter sur lui pour les missions les plus difficiles. C'était encore un apôtre. Vous ne sauriez croire le bien qu'il faisait à son régiment et quelle influence heureuse il avait sur ses hommes. J'espère qu'il a reçu sa récompense et qu'il protège son 3° zouaves."