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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

GESTER Eugene né le 25 avril 1910 à Weitbrush
dans le diocèse de Strasbourg, France
membre de la SMA le 28 juillet 1929
prêtre le 6 janvier 1934
décédé le 18 mai 1983

1934-1942 missionnaire au Togo
1942-1945 mobilisé en Tunisie
1946-1965 missionnaire au Togo
1966-1970 Kientzheim, aumônier du Sacré-Coeur
1970-1983 Niederbronn-les-bains,
maison Sainte-Marie, aumônier

décédé à Haguenau, France, le 18 mai 1983,
à l'âge de 73 ans


Le père Eugène GESTER (1910 - 1983)

Eugène Gester est né le 25 avril 1910 à Weitbruch, au diocèse de Strasbourg. Le 28 septembre 1921, il entra à l’école apostolique de Saint-Pierre, en même temps que son frère Louis. Toutes ses années de préparation au sacerdoce se passèrent dans les maisons des Missions Africaines : études secondaires à Saint-Pierre (1921-1923) et à Bischwiller (1923-1927), noviciat et philosophie à Chanly (1927-1929), séminaire et théologie à Lyon (1929-1934), avec une interruption d’une année pour le service militaire, à Haguenau, en 1930-1931. Il fit le serment s.m.a. à Chanly le 28 juillet 1929. Il fut ordonné prêtre à Lyon par Mgr Hauger, le 6 janvier 1934.

Le temps de séminaire terminé, il fut nommé pour le Togo, vers lequel il s’embarqua le 2 octobre 1934. Arrivé à Lomé, il fut affecté comme vicaire à la paroisse de la cathédrale. Il fut quelque peu déçu par cette affectation qui le retenait à la ville, alors qu’il avait désiré la brousse. Néanmoins il se mit courageusement au travail et il profita notamment de sa situation pour acquérir une bonne connaissance de la langue Ewé.

Il resta à Lomé jusqu’en 1939, mais non sans une longue interruption pendant laquelle il fut vicaire du Père Rimle à Agou. Et ici, c’était enfin la brousse. De cette mission le Père Eugène écrivait : Je me plais bien à Agou avec le Père Rimle. Le travail ne manque pas. Je dirai qu’il y en a de trop pour deux Pères, vu le nombre de chrétiens de l’immense district et l’accès difficile de beaucoup de stations. En effet, le district d’Agou était vaste. Une trentaine de stations secondaires étaient disséminées autour de la station principale, les unes dans une zone montagneuse dont le sommet atteignait 1 052 mètres, les autres dans une région de plaines basses inondées à la saison des pluies. Pour se déplacer, on n’avait guère que la bicyclette, mais souvent c’est à pied qu’il fallait voyager. Il y avait plus de 6 000 catholiques dans le district.

Il y eut aussi beaucoup à travailler pour la construction de la nouvelle église, construction entreprise à cette époque. Agou avait un église, mais cette église, bénite par les Pères de Steyl en 1903, était maintenant bien trop petite. Par ailleurs, elle était éloignée de la maison des Pères. Depuis longtemps une nouvelle construction était en projet, mais chacun des villages qui forment l’agglomération d’Agou voulait l’avoir. Quand on s’entendit enfin sur le site, ce furent le Père Rimle avec son vicaire qui commencèrent les travaux. Le Père Eugène peina sérieusement pour la nouvelle église, au point que le chef des chrétiens et d’autres responsables intervinrent auprès du supérieur pour qu’il freine l’ardeur du jeune missionnaire de peur que, avec le soleil africain, ce travail dur ne lui soit néfaste.

Le 8 mai 1939, le Père Eugène arriva en France pour un congé. Il avait déjà une grande expérience missionnaire, tant de la ville que de la campagne, mais aussi il avait besoin de repos. Il séjourna en Alsace pour reprendre des forces, jusqu’au moment où intervint la mobilisation de la Seconde Guerre mondiale. Pendant quelques semaines, il fut mobilisé en France, mais bientôt, suite aux instructions de M. Mandel du 5 octobre 1939 ordonnant la mise en affectation spéciale de tous les missionnaires, il fut renvoyé sur ordre de l’autorité militaire, à son centre de mobilisation en Afrique, et mis en affectation spéciale, à son arrivée au Togo. Il pouvait donc reprendre le travail missionnaire et il fut nommé à la mission de Tomegbé, où il resta de 1939 à 1942. Ce fut, comme l’écrivit le Père Joseph Peter, son compatriote, la plus belle tranche de la vie missionnaire du Père Eugène, celle dont il parlait toujours avec amour et enthousiasme. C’était la vraie vie de brousse, remplie de privations et d’incommodités, mais acceptées avec humeur, car la vie chrétienne était intense...

La mission de Tomegbé avait été fondée en 1936 par les Pères Cottez et R. Simon. En 1940, il y avait plus de 2 000 catholiques, habitant soit la station principale, soit les 13 villages plus ou moins éloignés, constitués en stations secondaires. Le Père Eugène était heureux, mais sa santé eut encore à souffrir. En 1942, ayant besoin d’y remédier, mais ne pouvant rentrer en France à cause de la guerre, il se rendit en Tunisie. Là, les situations militaires ayant changé, il fut de nouveau mobilisé et il servit comme aumônier militaire. En 1945, la guerre terminée, il revint en France.

Le 29 octobre 1946, il retourna au Togo. Jusqu’en 1965, avec une grande disponibilité, il occupa divers postes de vicaire ou de supérieur : à Vogan, Tomegbé, Togoville, Lomé, Palimé, Nyékonakpoé, Noépé. Il était à Noépé quand il dut quitter définitivement le Togo : le 22 juin 1965, au soir, il revint à la maison régionale de Bè, qu’il avait quittée le matin en bonne santé ; une hémiplégie l’avait frappé. Après des soins médicaux sur place, il prit la route de la France, où il arriva le 1er août.

Il fut soigné à la clinique de la Toussaint et à l’hôpital civil de Strasbourg et, au bout de quelques mois de repos, il accepta un poste d’aumônier au pensionnat des Dames du Sacré-Cœur à Kientzheim. Il y resta quatre ans, de 1966 au mois de juillet 1970. Enfin, à partir d’octobre 1970, il fut aumônier à la maison Sainte-Marie des sœurs du troisième âge de la congrégation des Sœurs de Niederbronn. Malgré son hémiplégie, il s’occupait encore autant que possible manuellement.

Et aux yeux de tous ceux qui étaient en relation avec lui, il restait un missionnaire dans l’âme. C’est la remarque que fait encore le Père Peter, qui ajoute : Ses homélies quotidiennes étaient émaillées d’une foule de souvenirs du Togo et de grande estime pour le travail de ses prédécesseurs. Avec le Père Eugène, les Sœurs avaient un aumônier rempli d’un immense esprit de foi, assidu à la prière et d’une extrême ponctualité.

Le 4 février 1983, il fut hospitalisé, le cœur fatigué, à l’hôpital de Haguenau. Il sembla pouvoir se remettre après quelques semaines et fut admis comme convalescent à Abreschviller. Mais ce n’était qu’une apparence. De nouveau hospitalisé à Haguenau, il mourut le 18 mai 1983. Ses obsèques furent célébrées le 21 mai, veille de la Pentecôte, à l’église paroissiale de Weitbruch. Le Père Peter présida la messe, entouré d’une quarantaine de concélébrants, parmi lesquels Mgr Durrheimer et Mgr Lingenheim. Le Père Moritz, Provincial, fit l’homélie.

Le Père Louis Gester, frère du défunt, reçut de plusieurs prêtres togolais l’assurance de leur sympathie et leurs prières : les chrétiens d’Agou et des autres paroisses du Togo n’oubliaient pas le Père Eugène.