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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

 domas1 Le Père Raymond DOMAS
né le 10 août 1925 à Sardon (63)
dans le diocèse de Clermont-Ferrand
membre de la SMA le 27 octobre 1947
prêtre le 12 février 1951
décédé le 16 décembre 2007 
 

1951-1953 Porto-Novo, vicaire
1953-1957 Ouidah, professeur et économe
1957-1963 Pont-Rousseau, supérieur
1963-1968 Allada (Cotonou), curé
1968-1973 Cotonou, cathédrale, curé doyen
1973-1978 Paris, conseiller provincial
1978-1983 Paris, supérieur provincial
1983-1993 Ouidah, curé doyen
1993-1997 Ouidah, professeur de théologie
1998-1999 Ruoms (Viviers) aumônier
1999-2007 Montferrier, retiré

décédé à Montferrier-sur-Lez, France, le 16 décembre 2007,
à l’âge de 82 ans

Le père Raymond DOMAS - (1925-2007)

Raymond est né le 10 août 1925 à Sardon dans le Puy-de-Dôme, dans une famille de cultivateur. Il est fils unique. Il a 7 ans lorsque son père meurt et 10 ans lorsque sa mère le quitte aussi. Il fait ses études primaires à Saint-Beauzire, puis entre au petit séminaire de Clermont-Ferrand. Deux ans plus tard, il rejoint les Missions Africaines à Chamalières, où il continue ses études qui suivront le cycle normal des jeunes des Missions Africaines : Pont-Rousseau, Chanly, Lyon-150. Pendant toute sa formation, il se faite remarquer par les nombreuses qualités qu’il possède.

Le 27 octobre 1947 il devient membre de la Société des Missions Africaines. Le 12 février 1951, avec de nombreux autres confrères, il est ordonné prêtre. Au mois de juin de la même année, il reçoit sa nomination pour le vicariat apostolique de Ouidah.

A son arrivée, Mgr Parisot le nomme vicaire à la paroisse Notre-Dame de Porto-Novo. A l’époque, il n’y avait que deux paroisses dans la ville. Comme souvent cela arrive au vicaire, il est chargé des écoles catholiques de la paroisse.

Deux ans plus tard, il est nommé professeur de dogme et économe au grand séminaire de Ouidah. Il garde un très bon souvenir de sa vie de vicaire à Porto-Novo où le travail était beaucoup plus actif. Mais, dit-il, l’économat qui m’a été confié en plus du professorat est pour moi une excellente occasion de faire diversion et de me dégourdir.

En 1957, on cherche un supérieur pour Pont-Rousseau. On le rappelle d’Afrique pour ce service. Il y fera deux mandats de trois ans. Au dire de ses anciens élèves, il semble que son cœur était resté en Afrique et il avait hâte de la retrouver.

C’est chose faite en 1963. Mgr Gantin lui confie la paroisse d’Allada. C’est une paroisse avec un centre assez important et de très nombreuses stations secondaires. Il passe là de très bonnes années dont il reparlait volontiers. Peu de temps après son arrivée, il ouvre un gros chantier : la construction de l’église paroissiale. Le chantier avance lentement et lorsqu’il quitte la paroisse, il laisse à son successeur, l’abbé Alfred Quenum, le souci de le finir.

En effet, en 1968, le curé doyen de la paroisse cathédrale Notre-Dame à Cotonou, l’abbé Adimou, est nommé évêque de Lokossa. C’est le père Domas que l’on choisit pour le remplacer. Il sera là un homme de très bon conseil. En 1969, il est choisi par ses confrères pour devenir, en même temps, vice-régional et ainsi seconder le père Denys Bellut.
En 1973, il est délégué des confrères du Dahomey à l’Assemblée générale à Rome. Ensuite, il se prépare à repartir au Dahomey, puisqu’il n’est pas membre de l’Assemblée provinciale, mais le père Grenot, conseiller provincial, écrit : En raison du rang occupé par le père Domas dans la consultation pour les conseillers provinciaux - le 6ème -, il y a lieu de ne pas urger le départ du père prévu pour le 5 juillet prochain et d’attendre la fin de l’Assemblée provinciale. Le père Grenot avait vu juste, puisque le père Domas est élu conseiller provincial. Cinq ans plus tard, il est élu facilement provincial. Ce n’est pas par plaisir qu’il accepte ces charges, mais l’esprit de service qui est le sien l’a aidé à les accueillir.

Après 10 ans de service en France, il retrouve l’Afrique. Il est nommé dans l’archidiocèse de Cotonou. Son ami de longue date, Mgr de Souza, évêque auxiliaire de Cotonou, réside au séminaire de Ouidah. Le Père Domas est nommé curé de la paroisse de l’Immaculée-Conception de Ouidah. Le père Domas va vivre des années où, de connivence avec Mgr de Souza, il va manifester beaucoup de dynamisme. La paroisse de Ouidah, qui avait rencontré des difficultés, va connaître une nouvelle jeunesse.

Ouidah est le lieu de débarquement des premiers missionnaires sma au Dahomey en 1861. Le père Domas veut, sur la plage, lieu du débarquement, un signe matériel de cet événement. Il fait ériger une grande croix pour le 125ème anniversaire de l’arrivée des pères Borghero et Fernandez. Cette croix est aujourd’hui le centre de la « porte du salut » inaugurée pour le jubilé de l’an 2000.

1989 arrive, ce sera le 80ème anniversaire de la construction de l’église par Mgr Steinmetz. Le père Domas redonne à cette église un éclat merveilleux. Et à l’occasion de ce 80ème anniversaire, le pape déclare cette église basilique mineure ; le père Domas en est le premier recteur.

En même temps, le père Domas reprend du service au grand séminaire de Ouidah. En 1993, il laisse la paroisse pour être à plein temps au séminaire où il accueille les premiers candidats sma béninois.

Mais des ennuis de santé viennent contrecarrer son travail et son bonheur. En 1995, il passe plusieurs mois au sanctuaire Notre-Dame de Bon-Secours en Ardèche. Puis en 1997 il lui faut prendre la décision de rentrer. Pendant un an, il est aumônier d’une communauté de religieuses à Ruoms, en Ardèche. Puis il rejoint la communauté de Montferrier en 2000.

Ses qualités amènent rapidement ses confrères à le proposer comme vice-supérieur de la maison, activité qu’il assumera jusqu’à quelques semaines avant son décès. Pendant ses 8 années de présence à Montferrier, il sera apprécié et des confrères et du personnel qu’il a beaucoup aidé de ses conseils.

En 2007, la maladie le mine. C’est un cancer généralisé qui l’emporte le 16 décembre. Il repose auprès de ses confrères au cimetière de la maison de retraite.

Témoignages

"Vous ne pouvez savoir avec quelle émotion j'ai reçu l'annonce du décès du Père Domas! Il est une grande personnalité au Bénin pour avoir formé tant de cadres béninois aussi bien dans l'Eglise que dans la société civile. Ouidah en particulier est marqué par son séjour. Je voudrais passer par vous pour présenter mes condoléances à toute la Société des sma et les assurer de ma communion spirituelle." (Mgr Clet Féliho, évêque de Kandi)
"Je l'ai connu chez "les grands" aux Naudières et rencontré ensuite au Bénin, mais les dix années 73-83 m'ont plus spécialement permis de collaborer avec lui et de le voir travailler à la Province et au niveau international. Qu'admirer le plus de son intelligence étincelante ou de ses qualités de cœur. Mais son intelligence était d'abord celle d'un cœur plein d'humilité et d'esprit de service. Il restera de toute façon comme une grande figure de la Province, permettant l'ouverture et la diversification vers la Centrafrique… et un soutien appuyé aux confrères du Zaïre d'alors. Au niveau du Conseil plénier, il a toujours apporté le poids de la Province de Lyon pour appuyer les projets de collaboration internationale, malgré les vents contraires!" (Joseph Hardy)
Un mot du père Claude Vincent qui a été le vicaire du père Domas pendant quelques mois à la cathédrale de Cotonou:
"Parti au matin de Pâques 1973 pour les Assemblées, il a eu ce beau témoignage d'une grand-mère (pauvre de la paroisse): "le Père DOMAS est bon, il reçoit de la même manière les riches et les pauvres". Ce témoignage est resté pour moi un repère dans mon ministère."