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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

PALLARES Jean né le 24 juin 1927 à Oloron
dans le diocèse de Bayonne, France
membre de la SMA le 25 juillet 1950
prêtre le 12 mars 1956
décédé le 6 juin 1987

1956-1960 Baudonne, professeur
1960-1973 missionnaire en Côte-d'Ivoire
1960-1962, Grand-Lahou
1962-1967, Guitry
1967-1973 Gagnoa, séminaire, professeur
1973-1984 Baudonne, procure
1984-1987 Oloron, maison de retraite

décédé à Oloron, France, le 6 juin 1987,
à l'âge de 59 ans


Le père Jean PALLARÈS (1927 - 1987)

Le Père Jean Pallarès est né le 24 juin 1927 à Oloron-Sainte-Marie. Après l'école primaire qu'il fréquente à Oloron-Sainte-Marie, il entre au petit séminaire des Missions Africaines de Baudonne en 1941. Puis il continue sa formation au petit séminaire de Pont-Rousseau, où il obtient le baccalauréat.

Il rejoint Chanly en Belgique pour son noviciat de 1948 à 1950. Il devient membre des Missions Africaines le 25 juillet 1950. Après son service militaire, en octobre 1951, Il entre au grand séminaire des Missions Africaines à Lyon pour ses études de théologie. Il est ordonné diacre le 20 novembre 1955 et prêtre le 12 mars 1956.

Sa première affectation est pour le petit séminaire de Baudonne, où il va servir de 1956 à 1960. Chaque année, il exprime au Conseil provincial son désir bien naturel d'aller en Afrique. Le 21 mai 1960, le provincial lui écrit : Votre demande est enfin exaucée : vous êtes désigné pour le diocèse de Gagnoa, en Côte-d'Ivoire. Il est nommé vicaire à Grand-Lahou. Il va y demeurer de 1960 à 1962. Il visite les villages en se déplaçant sur la lagune à l'aide d'une pirogue munie d'un moteur. Il sera victime d'un accident : l'hélice le blessera au talon, ce qui lui vaudra un séjour à l'hôpital d'Abidjan.

En 1962, son évêque le nomme vicaire à Guitry. Il y trouve le père Félix Goyhenetche, curé-fondateur de cette paroisse ouverte en 1954. Grande satisfaction pour les deux confrères qui se connaissent fort bien. Dans un article intitulé Si Guitry m'était conté, rédigé pour L'Echo des Missions Africaines en 1963, le père Pallarès décrit les activités réalisées par son curé entre 1954 et 1962, puis il note : octobre 1962 apportera au père Félix une grande joie car un père oloronais, le jeune Jean Pallarès, quitte les lagunes de Lahou pour les forêts de Guitry. Après huit ans de solitude, comment le père n'accueillerait-il pas, à bras ouverts, ce nouveau confrère qu’il connaît depuis longtemps et qui, désormais, sera pour lui mieux qu’un vicaire, un véritable ami ? Puis il aborde le travail qui les attend : finir la construction de l'école primaire catholique (six classes, 250 élèves) qui vient d'être relogée dans deux longs bâtiments à charpente métallique, puis l'ancienne école à aménager en habitation, une église ne répondant plus aux besoins actuels à reprendre et à achever, une fondation de religieuses à prévoir. Comme elles seraient déjà les bienvenues pour s'occuper des filles ! Bref, les projets ne manquent pas.

En 1967, il est nommé professeur au séminaire de Gagnoa. Dans une lettre de janvier 1971, il écrit : J'ai 29 élèves de troisième qui donnent assez satisfaction. Il profite des petits congés pour se rendre à Guitry et y donner un coup de main au nouveau curé. Dans un article intitulé à nouveau Si Guitry m'était conté, publié dans les Echos des Missions Africaines en 1971, il présente l'état actuel de la paroisse : Le père Jean Charrier est seul pour animer cette paroisse. Il la sillonne à bord de sa R4 qui lui sert un peu de vicaire, en attendant d'en avoir un vrai. En 1967, deux religieuses de Notre-Dame d'Evron ont fondé une communauté qui assure le soin des malades, le catéchisme et l'animation rurale. Sur environ 17000 habitants, 1500 chrétiens, disséminés dans une trentaine de villages, témoignent d'une vie chrétienne solide au milieu de leurs frères païens. Une école primaire catholique assure à 300 élèves, garçons et filles, une bonne formation humaine et chrétienne.

En 1973, après treize ans d'Afrique, il demande à passer quelques années de reprise en France. Le provincial lui propose de servir à la procure de Baudonne qu'il connaît bien et lui précise la tâche qui l'attend. Rechercher des fonds est vital pour la Province : ce sera votre première tâche. Rayonner l'esprit dont nous vivons est également très important : vous aurez aussi à le faire, notamment lors de vos correspondances avec les bienfaiteurs. Quelques mois plus tard, les confrères de Baudonne le proposent comme vice-supérieur de leur communauté. Le Conseil provincial confirme ce choix le 18 décembre 1973.

Mais sa vue s'altère très vite : il doit cesser son travail à la procure. Devenu presque aveugle, il commence l'étude du braille en 1977. La même année, il est victime d’un infarctus et doit faire un séjour à l'hôpital.

Il cherche alors une paroisse où il pourrait accomplir un apostolat à la mesure des forces qui lui restent ; la paroisse Saint-Vincent-de-Tyrosse va l'accueillir dans ce but.

En 1980, nous le retrouvons à la maison des Missions Africaines de Baudonne où sa santé se maintient avec des hauts et des bas. En 1983, il fait connaître au Conseil provincial son désir de résider dans une maison de retraite à Oloron, tout près des miens. Il y entre en septembre 1984. Cela lui permettra de recevoir des visites de sa mère, de son frère, de sa sœur, de ses neveux et nièces, ainsi que du clergé d'Oloron qui l'accompagneront jusqu'à son décès, survenu le 6 juin 1987.

Tous ceux qui l’ont connu retiennent un trait dominant de sa personnalité : son calme, sa maîtrise de soi. On n’a jamais vu Papa élever la voix, s’emporter, se fâcher. Quand une proposition ne le satisfaisait pas, il savait répondre en parlant doucement, en prenant le temps, avec beaucoup de bon sens et, surtout, en y ajoutant une pointe d’humour. C’était un vrai Béarnais, très fin. Et il ralliait tous les suffrages, sans le moindre soupçon de gloriole.