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Société des Missions Africaines

ARNAL Etienne né le 17 juillet 1801 à Tuchan
dans le diocèse de Carcassonne, France
membre affilié à la SMA le 20 janvier 1863
prêtre en 1828
décédé le 12 juin 1873

1831-1861 Carcassonne, supérieur du petit séminaire
1863-1873 Lyon, directeur du séminaire des Missions Africaines

décédé à Lyon, France, le 12 juin 1873,
à l’âge de 72 ans


Le père Etienne ARNAL (1801 - 1873)

A Lyon, le 12 juin 1873, retour à Dieu du père Etienne Arnal, à l'âge de 72 ans.

Etienne Arnal naquit à Tuchan, dans le diocèse de Carcassonne, en 1801. Un prêtre qui avait échappé à la Révolution conduisit Etienne jusqu'au sacerdoce. Il fut ordonné prêtre en 1828. L'abbé Arnal devint professeur dans la maison fondée par son bienfaiteur et peu après recueillait sa succession. C'était une triste succession avec des bâtiments exigus, peu d'élèves, une caisse vide et des dettes. En quelques années, l'abbé va créer un collège au grand renom qui fournira des prêtres non seulement au diocèse, mais à de nombreux Ordres religieux.

L'abbé Arnal ne trouva du secours que dans son activité extraordinaire, dans la sagesse de son administration et la confiance des familles. Il forma 40 générations de prêtres saints et savants. C'était un homme vraiment supérieur à tous les points de vue et qui était tout donné à son séminaire et au clergé. Il sut choisir, parmi ses meilleurs élèves, les professeurs de sa maison. Dans cette maison régnait le meilleur esprit et l'Université a rendu de M. Arnal ce témoignage qu'il était capable de transformer en 6 mois plusieurs de ses bacheliers en licenciés émérites. Le succès du séminaire de Carcassonne fit des envieux. L'abbé Arnal fut calomnié et victime d'injustices. Pour sauver sa maison, il démissionna; c'était en 1861.

L'abbé Arnal avait eu parmi ses élèves, puis dans son corps professoral, l'abbé de Brésillac, qu'il affectionnait beaucoup. Il avait suivi les débuts de la jeune Société des Missions Africaines, et avait été profondément affligé à la nouvelle de la catastrophe de Sierra Leone. Le père Planque alla le trouver dans sa retraite et l'abbé Arnal se réjouit de pouvoir être encore utile à la formation de futurs prêtres dans la Société fondée par son disciple. En janvier 1863, l'abbé Arnal entrait aux Missions Africaines comme membre affilié. Le père Planque le nomma directeur du séminaire et trouva toujours en lui un conseiller dévoué et expérimenté. Pour rester à sa tâche de dévouement, l'abbé Arnal refusa une prébende de chanoine titulaire à Carcassonne.

Durant ces années, la vie de la Société va reposer sur trois hommes: Planque, Papetard et Arnal. "C'est avec ces deux hommes dont le dévouement et le bon esprit ne se sont pas démentis un seul instant, que j'ai travaillé et administré la Société dans des jours bien pénibles. Nous nous entendions pour tout ce qu'il y avait à faire, nous arrêtions de concert toutes les mesures à prendre, et jamais nous n'avons eu la plus petite difficulté. Ils ont été, tant qu'ils ont vécu, le vrai et actif conseil de la Société." (père Planque)

Au mois de mai 1863, le père Planque écrivait au sujet de M. Arnal: "C'est une chose édifiante de voir un vieillard de 62 ans, qui a dirigé un séminaire plus de 30 ans comme supérieur, se plier avec la plus parfaite bonne grâce aux moindres de mes désirs et ne demander qu'à obéir comme le plus humble des séminaristes. Souvent, je n'ose lui parler de ce que je désirerais et il me prévient quand il peut deviner ma pensée. Faire une chose ou en faire une autre, être ici ou là, me dit-il, c'est pour moi tout à fait indifférent; je fais la volonté de Dieu et c'est tout."

L'abbé Arnal mourut presque subitement, alors que le père Planque passait la journée dans une famille amie. Ce fut pour le père Planque et la Société des Missions Africaines la plus grosse perte depuis la mort du fondateur.