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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

PUAUT Joseph né le 29 septembre 1925 au Pin
dans le diocèse de Poitiers, France
membre de la SMA le 17 novembre 1946
prêtre le 11 février 1949
décédé le 15 juin 1997

1949-1954 Béoumi (Bouaké), Côte-d'Ivoire 
1954-1955 Tiébissou (Yamoussoukro)
1955-1957 Bouaké
1957 Dimbokro (Yamoussoukro)
1957-1959 M'Bahiakro (Bouaké)
1960-1971 Béoumi
1971-1997 Bodokro (Bouaké)

décédé au Pin, France, le 15 juin 1997
à l’âge de 71 ans


Le père Joseph PUAUT (1925 - 1997)

Joseph Puaut est né le 29 septembre 1925, dans une famille très chrétienne de cultivateurs, habitant dans la paroisse du Pin, près de Cerisay, dans le diocèse de Poitiers. Il est baptisé le lendemain de sa naissance. Après son cycle primaire, Joseph continue ses études de 1937 à 1943, d’abord à l’école cléricale de Chatillon-sur-Sèvre, puis au petit séminaire de Montmorillon dans la Vienne.

Il entre ensuite au grand séminaire de Poitiers où il étudie la philosophie, de 1943 à 1945. C’est alors qu’il demande à entrer au grand séminaire des Missions Africaines de Lyon. Tout au long de ces années, Joseph n’obtiendra que des appréciations excellentes de ses professeurs et des curés de sa paroisse : Il est le modèle des dix séminaristes de sa paroisse par sa piété, sa bonne humeur, son entrain. Il est alors admis au grand séminaire du "150" à Lyon, où il poursuit ses études théologiques, et où il prononce son 1er serment temporaire, le 17 novembre 1946. Il est ordonné prêtre le 11 février 1949.

C’est la même année qu’il est désigné pour le vicariat d’Abidjan en Côte-d’Ivoire où monseigneur Boivin le nomme à la mission de Béoumi comme vicaire du père Delaterrre, lui-même ancien vicaire du père Méraud à la mission de Memni. Une école à rude épreuve ! Le père Puaut a raconté que, le lundi matin, il devait, souvent, partir à pied, accompagné d’un grand écolier pour une tournée dans les villages et ne revenir que le samedi, bien fatigué, mais aussi bien accueilli par son curé.

Joseph reste cinq ans à Béoumi, puis est nommé à Tiébissou. Mais, après un an, on lui demande de rejoindre Bouaké dont il devient curé. En 1957, on l’envoie à Dimbokro pour un court séjour, puisque, dans la même année, on le retrouve à M’Bahiakro.

C’est le 27 novembre 1958 qu’un vote des confrères le désigne comme adjoint du supérieur régional, le père Lombardet, nomination que le père Puaut refuse, puisqu’il reste à M’Bahiakro jusqu’en 1959. Il revient alors à Béoumi où il doit remplacer comme curé le père Delaterre qui rentre en France. Joseph écrit le 22 juin 1962 : A Béoumi, tout va bien. Les santés sont bonnes et le travail abondant. Le mouvement de conversions qui s’était amorcé progresse lentement, mais sûrement. De mois en mois, nous pouvons compter de nouveaux villages qui s’ouvrent. Malheureusement, comme nous ne pouvons pas être partout, des villages entiers passent à de nouvelles sectes. Le 26 mai 1970 : Tout va bien, mais ça irait encore mieux, si nous arrivions, un jour, à nous pencher sérieusement sur le problème des catéchistes et à y trouver une solution, sans quoi, nous continuerons à tourner en rond. Et c’est pourquoi le père Puaut a beaucoup travaillé à la formation de ses catéchistes. Il a ouvert, à la mission de Béoumi, un petit centre où les volontaires venaient s’initier au français et se perfectionner dans l’étude des évangiles et dans l’enseignement du catéchisme. Placés ensuite dans différents villages, ces jeunes gens dévoués n’ont pas peu contribué au développement de l’Église dans la région des Baoulés-Godès : Pour moi, tout va bien, écrit-il en 1970, la santé est bonne, le moral aussi. Il y a bien, parfois, des hauts et des bas, mais l’optimisme reprend toujours le dessus. Après vingt ans d’Afrique, je pense avoir gardé encore l’idéal et l’enthousiasme missionnaires. Je suis toujours persuadé que notre rôle est d’annoncer l’Évangile, et c’est une souffrance de voir que notre pays Baoulé de savane n’est pas encore évangélisé.

La mission de Béoumi est chargée aussi du secteur de Bodokro, dont le père Bouchet s’est occupé pendant quelques années, et du secteur de Botro finalement confié par le père Puaut au père Convers venu le rejoindre à Béoumi. Or, le 30 août 1971, le père Puaut annonce sa nomination à Botro comme vicaire du père Convers. Il écrit : Etant donné qu’il n’était pas question d’avoir de nouveaux postes, c’est une manière, je pense, de me permettre de prendre en charge la sous-préfecture de Bodokro dépendant depuis l’an dernier de Botro.

A Noël 1971, il ajoute : La plus grande partie de mon temps, je le passe dans le secteur de Bodokro. Je réside, à tour de rôle, dans les villages où il y a quelques chrétiens. C’est une base de départ d’où je puis rayonner ensuite dans les villages des environs. Je trouve à loger dans une case, mais j’ai soin cependant d’emporter un petit matériel de camping. Pour le reste, je fais confiance à mes hôtes.

Le 28 juillet 1974, en présence de monseigneur Duirat et de plusieurs confrères, il fête ses 25 ans de sacerdoce et de vie missionnaire dans sa paroisse du Pin. Dans son homélie, monseigneur Duirat n’oublie pas d’énumérer les nombreuses missions et les villages de brousse que le père Puaut a inlassablement visités.

A Noël 1975, il écrit : J’ai aussi entrepris de faire creuser des puits au village de Myan… Tout cela ne m’empêche pas de poursuivre le travail d’évangélisation. Dans ces villages, je rêve de construire une modeste chapelle. En 1981, il ajoute : Au cours de l’année deux églises ont été construites. Cela fait huit lieux de culte pour le secteur de Bodokro. Le père ne fait donc que continuer le travail de construction qu’il a commencé à Béoumi et à Botro où il a élevé de nombreuses chapelles, écoles et salles de catéchisme.

Mais, à partir de 1986, des lettres témoignent de plus en plus d’ennuis de santé : hypertension artérielle, diabète, ennuis cardiaques. A chaque congé, séjour à l’hôpital et pourtant le père repartait courageusement : Quand je ne suis pas bien, je prends ma voiture et je vais dans les villages. Là, au milieu des gens, je retrouve la forme. Pour être sûr de revenir en Côte-d’Ivoire, il avait bien préparé son congé de juin 1997, en faisant son bilan médical à Bouaké avant de retourner en France. Il est décédé 15 jours après son arrivée dans sa famille, le 15 juin. Le père Puaut a été enterré dans sa paroisse du Pin, le 17 juin 1997. La cérémonie a été très simple, écrit le père Guy Ioux, comme l’aurait souhaité Joseph. L’homélie a été prononcée par le père Bertonneau qui, en rappelant que le père Puaut était aimé de tous, a ajouté : Cette reconnaissance de la région de Bouaké où il a tant œuvré, c’est le plus beau cadeau qu’il puisse emporter avec lui dans la maison du Père.

L’annonce de son décès a bouleversé toute la région de Bodokro et les gens sont venus en foule de tous les villages pour assister à la messe célébrée pour le père.

Le père Puaut a passé toute sa vie sacerdotale et missionnaire dans la région de Bouaké. Il rêvait de finir ses jours à Bodokro où il était très aimé et où l’on a beaucoup pleuré ce grand missionnaire.