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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

SPRUNCK Jean-Pierre né le 31 janvier 1919 à Schweyen
dans le diocèse de Metz, France
membre de la SMA le 27 juillet 1938
prêtre le 26 novembre 1944
décédé le 21 juin 1969

1946-1951 Haguenau, professeur et surveillant
1951-1965 missionnaire au Togo, Lomé
1965-1968 Saint-Pierre, supérieur du grand séminaire
1968-1969 Strasbourg, vice provincial

décédé à Schweyen, France, le 21 juin 1969,
à l'âge de 50 ans


Le père Jean-Pierre SPRUNCK (1919 - 1969)

Jean-Pierre Sprunck est né le 31 janvier 1919 à Schweyen, village lorrain situé près de la frontière franco-allemande, sur la route de Bitche à Zweibrücken.

Il entra à l’école apostolique de Saint-Pierre le 29 avril 1929, et il poursuivit ses études dans les écoles et les séminaires des Missions Africaines : à Saint-Pierre en 1929-1930, à l’école apostolique de Haguenau en 1930-1936, au séminaire de Chanly pour le noviciat et la philosophie scolastique en 1936-1938, au séminaire de Saint-Pierre pour une première année de théologie en 1938-1939, et au séminaire de Lyon pour trois autres années de théologie en 1942-1945.

Il fit le premier serment s.m.a. à Chanly, le 27 juillet 1938. Il fut ordonné prêtre à Lyon, le 26 novembre 1944, par Mgr Bornert.

Mobilisé en 1939, il avait été affecté pour l’instruction militaire à Bourges et à Fontenay. Il eut à continuer le service national après l’armistice de juin 1940 et il fut par cela éloigné du séminaire jusqu’en 1942. Après la guerre, au mois de juillet 1945, il put revenir dans son pays natal. Le village de Schweyen était en grande partie en ruines. Un certain nombre d’habitants étaient cependant déjà revenus et, le dimanche 15 juillet, tout à fait à l’insu du Père, ils lui préparèrent une splendide Primizfeier dans l’église encore sinistrée. Ses parents, qui habitaient alors à Delme, ne purent prendre part à cette fête, n’ayant pas trouvé le moyen de locomotion pour se rendre à Schweyen.

En 1945-1946, le Père Sprunck fit une année de théologie à la Faculté de Théologie catholique à Lyon et il obtint la licence en Théologie en juillet 1946.

À la Faculté de théologie, on avait vivement souhaité que cet étudiant bien doué et d’un bel équilibre pût poursuivre jusqu’au doctorat. Travailleur méthodique et ardent, il avait montré, durant cette année passée à Lyon, une réelle aptitude à continuer avec profit les études théologiques. Mais la pénurie de personnel dans la Province de l’Est, en conséquence des années de guerre, obligeait les Supérieurs à ne pas prolonger le cours des études. Le Père fut donc rappelé pour entrer activement au service de la Province. À ce moment, ses plus intimes désirs auraient été comblés par une nomination pour les pays de missions. Mais notre école de Haguenau, en pleine réorganisation, réclamait des éducateurs et des professeurs, et ce fut pour cette école apostolique que le Père Sprunck reçut son obédience. De 1946 à 1951, il y accomplit un beau travail, comme professeur et comme “general manager” de la discipline, des jeux et des offices religieux.

En 1951, le Père Sprunck put partir pour la Mission de Lomé. Il eut d’abord à prendre la direction de l’École Normale de Togoville, école dont les cours, échelonnés sur quatre années scolaires, préparaient au Brevet Élémentaire. Elle était dirigée par les Pères s.m.a. Le Père Sprunck remplaçait à Togoville le Père Robert Chopard-Lallier, qui venait d’être nommé supérieur du Collège Saint-Joseph à Lomé. En automne 1952, les Frères des Écoles Chrétiennes de la Province de Québec prirent la succession des Pères des Missions Africaines à cette école. Le Père Sprunck y passa une dernière année scolaire jusqu’en juillet 1953. À cette date, il fut chargé du supériorat au Collège Saint-Joseph. Le Père Chopard-Lallier, qui appartenait à la Province de Lyon, avait été nommé supérieur du grand séminaire régional de Ouidah.

Le Père Sprunck fut supérieur de Saint-Joseph de juillet 1953 à juillet 1962. Ses qualités d’intelligence et de dévouement s’y manifestèrent de façon remarquable et l’on peut dire que son supériorat fut un grand succès.

Sur ce point, on aimera lire les lignes que lui consacra dans Présence Chrétienne le Père Alexis Oliger, o.f.m., qui se trouvait à Lomé ces années-là. C’est à ce poste, écrit le Père Oliger, que le Père Sprunck donna jusqu’en 1962 le meilleur de lui-même. Jeune, dynamique, pédagogue, clairvoyant et ferme, le Père Sprunck donna au Collège Saint-Joseph sa réputation de meilleur établissement secondaire du Togo. Ce fut une période grandiose pour Saint-Joseph : des pourcentages imbattables aux examens, des succès sportifs sans équivalents, des représentations théâtrales, des activités culturelles de grande qualité... Les élèves aimaient leur Père, qu’ils savaient exigeant, mais aussi respectueux de leur personnalité. Ils le virent dans leurs rangs sur les terrains de sport, au sein d’une équipe..., les stimulant sans cesse et partout dans l’effort et le dépassement d’eux-mêmes. Ses anciens élèves en témoignent encore aujourd’hui. D’ailleurs il entretenait avec nombre d’anciens à l’étranger une abondante correspondance. Que de bien n’a-t-il pas fait à la jeunesse et à l’élite togolaise ! (dans Présence Chrétienne, Lomé, n° 219, 29 juin 1969).

Le Père Sprunck n’eut cependant pas la possibilité de réaliser tout ce qu’il ambitionnait pour le Collège Saint-Joseph. En particulier, il n’y avait pas encore les classes de philosophie et de mathématiques. Après leur premier baccalauréat, les élèves devaient aller au Lycée pour ces classes. En 1956, et d’autant plus que les résultats aux examens officiels avaient été brillants, le Père Sprunck insista fortement sur les raisons d’ouvrir sans tarder les classes de philosophie et de mathématiques. Mais par manque de moyens, il ne fut pas possible d’exaucer les demandes pressantes du Père. Les classes de philosophie et de mathématiques à Saint-Joseph furent ouvertes seulement en 1962 et, en 1963, fut ajoutée la classe de sciences expérimentales.

Après les 9 années de supériorat au Collège Saint-Joseph de Lomé, le Père Sprunck resta encore trois années à Lomé, de 1962 à 1965. Il fut chargé, comme directeur des études, d’organiser les programmes au Petit Séminaire de Lomé-Tokoin et il participa à l’enseignement en diverses matières.

Le Père Sprunck quitta Lomé le 3 juillet 1965. Il était rappelé en Alsace pour être supérieur de notre grand séminaire de Saint-Pierre. Il exerça cette charge de 1965 à 1968. Il fut aussi alors quelque temps administrateur de la paroisse vacante de Stotzheim.

En 1968, à l’Assemblée Provinciale du mois de juillet, il fut élu Vice-Provincial de la Province de l’Est. Ses confrères appréciaient son généreux dévouement aux missions et aux œuvres de la Société, son dynamisme, son tempérament vivant. Avec de si belles qualités, animées en toutes circonstances par un grand esprit de foi et des motivations surnaturelles, il serait un excellent guide pour diriger notre Province dans les obligations apostoliques qui sont les siennes. Le Père se donna avec foi et courage à cette charge. Au mois d’octobre 1968, il vint résider à la Maison Provinciale à Strasbourg. Mais son séjour y fut interrompu par la maladie.

À la fin de janvier 1969, il dut s’aliter. Il fut d’abord hospitalisé à la Clinique de la Toussaint à Strasbourg, puis au Centre Paul Strauss. Pendant plusieurs semaines, il fut soigné dans ce dernier établissement, mais il ne se rétablit pas d’un cancer dont il était atteint. Dans l’intervalle des traitements, il pouvait retourner dans sa famille à Schweyen. C’est à Schweyen qu’il mourut, le 21 juin 1969. Ses obsèques furent célébrées à Schweyen le 23 juin. Mgr Strebler présida la messe concélébrée et prononça l’homélie.