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Société des Missions Africaines - membre associé

ROUX Joseph né le 5 octobre 1920 au Creusot
dans le diocèse d’Autun, France
membre associé de la SMA
prêtre le 7 octobre 1948
décédé le 30 juin 1992

étudiant dans les maisons sma
1948-1965 ordonné pour le diocèse d’Autun
pour raisons de santé
travaille dans son diocèse jusqu'en 1965
1965-1983 Fidei Donum en Côte-d'Ivoire
1983-1992 dans son diocèse, soins
1992-mars Montferrier, retiré

décédé à Montferrier-sur-Lez, France, le 30 juin 1992
à l’âge de 71 ans


Le père Joseph ROUX (1920 - 1992

Né le 5 octobre 1920 au Creusot, Joseph était fils unique. Son père, infirme, gagnait sa vie en se livrant à toutes sortes de petits travaux. Sa mère n'avait pas, elle non plus, une très bonne santé. Joseph a été attiré très jeune par la vocation sacerdotale et missionnaire. A 13 ans, il va au petit séminaire de Chamalières, puis il rejoint Rezé et, enfin, Martigné-Ferchaud.

Après deux ans de noviciat, c'est la guerre, les chantiers de jeunesse et le S.T.O. Il y contracte la tuberculose. Réformé et pensionné, après son rétablissement, il continue ses études au "150", de 1944 à 1947. Mais la maladie revient et s'installe. Il rejoint donc son diocèse où il est ordonné prêtre le 7 octobre 1948. Il y exerce son ministère jusqu'en 1965, puis il demande à partir en mission, malgré ses paroissiens qui font tout pour le retenir.

Nommé en Côte-d'Ivoire, il est affecté au petit séminaire de Man comme professeur d'histoire et de géographie. Bien qu'il soit un peu déçu, car il n'aime pas le professorat, il fait merveilleusement son travail. Heureusement pour lui, il est bientôt affecté à la paroisse de Man. Il y restera deux ans. Les chrétiens ne sont pas encore nombreux. Son zèle est ardent. Il va dans les villages éloignés et s'intéresse à tous ceux qu'il rencontre. Il se révélera aussi un très bon constructeur, édifiant une magnifique chapelle à Gouinpleu. Comme tout missionnaire, il n'a pas beaucoup de moyens financiers. Il utilise sa pension et, surtout, les dons de ses anciennes paroisses de France qui le soutiendront jusqu'à la fin.

En 1968, Man devient diocèse. Avec le père Panis comme curé, le père Roux est affecté à Biankouma, gros village comptant seulement quelques chrétiens venus du sud. Il y travaille avec beaucoup d'enthousiasme, jusqu'au moment où il est envoyé à Toulépleu. Dans ce poste, le père Chaize, son voisin, sera pour lui un frère. Le père Joseph commence par construire une petite habitation, puis une belle chapelle. Il parcourt les villages païens, s'intéresse aux gens, leur parle de l'Evangile, les initie à la prière. Il forme une communauté de femmes qui ne connaissent que quelques mots de prière, mais qui mettent beaucoup de conviction pour les réciter. On les admire, tant leur foi est grande. En 1971, il doit rentrer en France pour une opération. Mais sitôt rétabli, il rejoint, de nouveau, Toulépleu où il reprend son travail et réussit à créer une dizaine de communautés.

En Corse où il est venu pour un temps de repos, il accepte de servir dans une paroisse pour un an et demi. Il se sent seul. C'est alors qu'il écrit au provincial des Missions Africaines pour lui exprimer son désir d'entrer de nouveau dans la SMA pour partager de l'intérieur joies et peines de la famille. Après entente avec l'évêque d'Autun, les supérieurs donnent leur accord pour accepter Joseph comme membre associé , ce qui a l'avantage de maintenir les liens avec le diocèse d'origine tout en apportant le soutien moral, spirituel et matériel d'un Institut dont le rôle est de servir d’intermédiaire entre l'Eglise qui envoie et l'Eglise qui reçoit. Revenu en Côte-d'Ivoire, il est affecté à Zagné, puis à Sipilou. Là encore, il construit une habitation et une église, et il reprend le travail d'évangélisation. Il laissera une centaine de baptisés dans cette paroisse, quand il la quittera en 1983, à moitié épuisé.

De retour dans son diocèse, il se met au service de ses confrères, avant de prendre sa retraite en famille en 1986. En 1992, fatigué, il rejoint Chamalières. Mais suite à une opération le 13 mars 1992, il décide de finir sa vie à la maison de retraite de Montferrier. Mais les progrès du mal sont très rapides. Il s'affaiblit rapidement et souffre beaucoup, malgré les calmants. Il s'éteint le 30 juin.

Nous retiendrons du père Joseph son bon caractère, sa bonté, sa courtoisie, son amour fraternel pour ses frères prêtres. Il est aimé de sa famille, aimé de tout le monde. Voici quelques extraits d'une lettre qu'il a reçue de sa famille : J’ai de la peine à vous voir très malade, vous qui êtes si fort dans les difficultés. Vous êtes un exemple pour moi. Je ne l'oublierai pas. J’ai appris, de vous, toutes les bonnes choses de la vie, celles que vous avez écrites et celles que vous m'avez montrées.

Tout au long de sa vie, il a souffert sans trop le montrer, sans se plaindre. Quand il était en Côte-d'Ivoire, les routes n'étaient pas goudronnées. A la saison des pluies, c'était la boue ; à la saison sèche, la poussière et la "tôle ondulée". Il a peiné pour porter le matériel de construction avec sa camionnette, et parfois des camions. Il n'avait pas de cuisinier et faisait lui-même de la bonne cuisine qu'il aimait partager avec ses visiteurs. Il était généreux pour les pauvres. Quelque temps avant qu'il n'arrive à Montferrier, alors qu'il se reposait à Chamalières, je lui avais écrit pour la Saint-Joseph. Il m'avait répondu avec une petite carte seulement, mais une phrase m'avait étonné : Quand on quitte l'obscurité, on est content d'entrer dans la lumière. (Père Jacques Dalbin)