Imprimer

Société des Missions Africaines – Province de Lyon

VOLARD Gerard né le 14 février 1935 à Legé (France)
dans le diocèse de Nantes
membre de la SMA le 16 juillet 1958
prêtre le 21 décembre 1963
décédé le 30 juin 2010

1964-1968 Lyon, licence en sciences naturelles
1968-1975 Djimé (Abomey), enseignant au petit séminaire
1975-1976 Parakou, enseignant au petit séminaire
1976-1977 Bohicon (Abomey) enseignant au collège Steinmetz
1978-1980 Paris, secrétaire provincial
1980-1990 Togoville (Aného), enseignant au collège
1990-1991 Paris recyclage
étude en pastorale catéchétique
1991-1997 Bohicon (Abomey), enseignant au collège Steinmetz
1997-2010 Lyon, comptabilité de la Province
2010 Montferrier, soins

décédé à Montferrier-sur-Lez, le 30 juin 2010,
à l’âge de 75 ans


Le père Gérard VOLARD (1935 - 2010)

Un confrère remarquable par sa disponibilité.

Gérard est né à Legé (Loire Atlantique) le 14 février 1935 dans une famille de huit enfants. Il arrive le cinquième dans la famille, après deux filles et deux garçons. Son papa était cultivateur. Il a treize ans lorsqu'il entre à Pont-Rousseau en 1948 où il fait toutes ses études secondaires. Très bon élève, il obtient les deux baccalauréats avant de rentrer au séminaire de philosophie, à Chamalières, en 1955. Deux ans plus tard, il est admis à Chanly pour son noviciat. Dans son dossier, on trouve son certificat de moniteur, et aussi de directeur de colonie de vacances. C'est ainsi qu'il employait une partie de ses mois d'été. Au moment de son premier serment temporaire, ses supérieurs le notent ainsi : "piété solide, très orienté vers la Sainte Vierge, […] intelligence claire et précise, […] aime l'éducation et les travaux manuels." (1958)

Il fait la plus grande partie de son service militaire à Dakar, mais il précise : "Dakar n'est guère l'Afrique ; à la compagnie, les rapports entre Européens et Africains sont presque inexistants, c'est presque la ségrégation. (janvier 1960). Son aumônier militaire notera de lui : "Extrêmement dévoué à toutes les tâches, même les plus ingrates, de l'apostolat ; s'occupe particulièrement des Africains." (janvier 1961) Une fois libéré, il fait sa théologie à Lyon et est ordonné prêtre en décembre 1963, six mois avant la fin de son séminaire. Le supérieur du séminaire n'hésitera pas à dire de lui : "C'est un des meilleurs sur lequel on peut compter pour des postes variés."

Sa première nomination le laisse à Lyon : il doit préparer une licence en sciences naturelles aux facultés de Lyon. Il obtient son diplôme (option biologie, géologie) avec la mention "Assez Bien", et de suite il est envoyé au Dahomey. "Vous êtes nommé au Dahomey pour être mis […] à la disposition de la conférence épiscopale de ce pays, en vue de votre affectation, comme professeur, au séminaire interdiocésain de Djimé. […] Vous aurez à leur (les jeunes) faire découvrir, à un moment délicat de leur vie et de leur formation, la beauté de se donner pour le service de Dieu et des âmes. L'exemple de votre enthousiasme et de votre joie leur sera d'un grand secours." En 1972, les écoles catholiques sont remises au gouvernement. A cette occasion, il écrira : "Pour l'avenir, de multiples problèmes de catéchèse vont nous obliger à renouveler nos méthodes et notre vision des choses, mais ce sera certainement très bénéfique." (octobre 1972)

Il reste 7 ans à Djimé, puis, en 1975, il est nommé professeur au petit séminaire de Parakou. Il n'y reste qu'une année, car des problèmes internes l'obligent à démissionner. Il accepte alors d'aller donner des cours au collège Steinmetz à Bohicon, chez les Frères des Ecoles chrétiennes et aussi quelques heures au collège Jeanne d'Arc, à Abomey. Il est très satisfait de cette année passée chez les Frères, ainsi que du mois qu'il a passé dans leur collège au Togo. Il demande alors à faire une année de recyclage en France, "avec une partie spirituelle, c'est le plus important, peut-être un peu de pédagogie, exégèse ou théologie, mais pas de choses compliquées, car je plane facilement." (lettre de mars 1977) Mais, il est déjà décidé entre les Frères et le provincial des Missions Africaines que Gérard ira enseigner au collège de Togoville à la rentrée de 1978. Le nouveau Conseil provincial sma, élu en 1978, en décidera autrement et retiendra Gérard en France comme secrétaire provincial. Il devra assurer également l'économat et la comptabilité de la maison. Il ne se doutait pas, à cette époque, que ses premiers pas dans la comptabilité le conduiraient au poste qu'il occupera plus tard pendant douze ans au service de la Province à Lyon.

Le collège Saint-Augustin de Togoville, dans le diocèse d'Aného, il peut le rejoindre, à sa grande joie, en 1980. "Nous te souhaitons un excellent séjour à Togoville, une solide santé et la joie d'être au service de la formation de jeunes dans une tâche d'enseignement que tu aimes et pour laquelle tu as été apprécié dans le passé." (lettre de nomination, avril 1980) Excellent professeur, très apprécié tant par ses collègues que par les élèves, il est en même temps l'aumônier du collège. Il y reste dix ans. En, 1990, il demande à faire une année sabbatique pour souffler un peu. Il s'inscrit pour un recyclage dans la catéchèse et, en juin, 1991 obtient le certificat d'études supérieures en pastorale catéchétique.

"Ton expérience de professeur et d'aumônier au collège de Togoville a permis aux Frères des écoles chrétiennes d'apprécier ton savoir-faire et tes dons auprès des jeunes. C'est une belle moisson que tu vas avoir la joie de continuer non plus au Togo, mais au Bénin." (lettre de nomination de mai 1991). Il retrouve ainsi le collège de Bohicon qu'il avait quitté en 1977. Professeur, aumônier, il se trouve aussi d'autres occupations : "Je suis en train de mettre sur ordinateur la bibliothèque des élèves, environ 2000 livres. […] Vers Noël, on a fait le projet d'étiqueter les arbres, arbustes et plantes de la propriété. Environ 200 ont été identifiés, mais il faut aussi faire des étiquettes qui résistent au soleil et à la pluie." (mai 1996) Bien sûr, en plus de ses occupations au collège, il n'hésite pas à aller en paroisse pour seconder ses confrères dans les environs de Bohicon.

Est-il étonné quand il reçoit du Conseil provincial la proposition de remplacer Michel Durif à la comptabilité de la Province ? Dans sa réponse, il n'en laisse rien paraître : "Je viens de recevoir ta lettre et les propositions qu'elle contient. C'est un peu plus tôt que prévu, mais les événements commandent. D'accord pour vos suggestions. Envoyez-moi dès que possible les cours de comptabilité qui conviennent et si possible un manuel de base. Je vais commencer à les travailler pendant les prochaines vacances, car pendant l'année scolaire je n'aurai pas le temps, à moins de sacrifier autre chose. Mais si les cours sont assez souples dans le rythme des envois, je ferai ce que je peux et on continuera le reste après. J'aurais aussi besoin d'une bonne initiation à l'informatique, car je n'y connais rien, je débrouille comme je peux…" (lettre du 31 mars 1996)

"A partir du 1er septembre 1998, tu seras officiellement responsable du service de la Comptabilité provinciale pour une période de trois ans renouvelable." (6 mai 1997) On peut dire qu'il y restera jusqu'à la fin de sa vie. Toujours accueillant dans son bureau du 1er étage, calme malgré toutes les demandes qu'il recevait de toutes parts, efficace pour régler les multiples problèmes que chacun lui posait, précis et rigoureux dans ses comptes, discret et réservé sur tout ce qu'il savait de chacun, disponible à chaque instant, très pédagogue quand il donnait des conseils informatiques à des confrères, jamais pris en défaut dans son travail, mais aussi toujours disponible pour un service sacerdotal à l'extérieur du 150, ou un service plus matériel dans la maison, Gérard était vraiment un confrère sur qui chacun pouvait compter, et un confrère de poids dans la communauté. Il aimait passer de longs moments dans l'entretien de la cour intérieure du 150 : les fleurs, la pelouse, c'était un peu son domaine. N'oublions pas aussi que, pendant trois années, il sera accompagnateur de la FLM.

En janvier 2008, il signale au Conseil qu'il a quelque chose comme un gros ulcère qui ne guérira pas par voie médicamenteuse. Il faudra très probablement une opération… En janvier 2009, il révèle qu'il a sans doute un cancer. On va commencer les chimios en mars. Tout va dès lors aller très vite. Apparemment, il supporte bien la chimio, au moins les premières séances. L'engagement d'un comptable au 150 le libère de sa charge, mais il reste au 150 à cause de tout ce qu'il connaît sur la comptabilité de la Province et pour les services qu'il peut encore y rendre le cas échéant. On lui avait confié la reliure pour qu'il garde une petite activité sur la maison ; ce dernier travail était pour lui une détente.

Très vite la maladie prend le dessus et c'est lui-même qui, avec une grande sérénité et un grand calme, apprend à ses confrères que son mal est irrémédiable, que les docteurs ne peuvent plus rien pour lui et qu'ils ont même décidé d'arrêter les soins qui désormais sont inopérants ; ils vont se contenter de tout faire pour atténuer ses souffrances. Il demande alors à rejoindre la maison de Montferrier. Son mal allait l'emporter une semaine après son arrivée, le 29 juin 2010. Il repose désormais, dans la paix, dans le petit cimetière attenant à la propriété.

Témoignage reçu d'un de ses anciens élèves de Djimé
"Personnellement, je suis toujours resté en admiration pour son zèle au travail et sa ténacité. Ses minutes étaient bien précieuses et il n’entendait point les gaspiller, sinon au service du développement intégral de l’homme par amour pour son Dieu de qui il recevait l’illumination. En effet, à Djimé où nous étions séminaristes, nous nous demandions quand est-ce que ce formateur se reposait, car souvent à l’heure de la sieste, on le voyait au laboratoire en train de préparer ses cours ; et le soir, on le voyait déambuler dans le couloir bien tard dans la nuit, en train de réciter son chapelet. C’est surtout cela qui me fascinait et m’a poussé à lui demander de me guider dans le discernement de ma vocation. Je remercie le Seigneur de l’avoir rencontrer car il m’a beaucoup soutenu et encouragé durant les moments difficiles. […] Jamais, il ne m’a renvoyé quand j’allais chez lui pour des explications de cours."