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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

JUNGMANN Rene né le 24 octobre 1935 à La Walck
dans le diocèse de Strasbourg, France
membre de la SMA le 16 juillet 1956
prêtre le 6 janvier 1962
décédé le 17 juillet 1980

1962-1973 missionnaire en Côte d’Ivoire, Katiola puis Korhogo
1974-1978 Saint-Pierre, supérieur et économe
1978-1980 Haguenau, directeur
conseiller provincial

décédé à Haguenau, France, le 17 juillet 1980,
à l'âge de 45 ans


Le père René JUNGMANN (1935 - 1980)

René Jungmann est né le 24 octobre 1935 à La Walck, annexe de la paroisse de Pfaf¬fen-hoffen, au diocèse de Stras¬bourg.

Il fit ses études secondaires à l’école apostolique de Haguenau de 1948 à 1954. Puis, après une année de philosophie au Zinswald, en 1954-1955, et une année de noviciat à Chanly, en 1955-1956, il entra au grand séminaire s.m.a. de Lyon pour une première année de théologie. Au mois de septembre 1957, il fut incorporé pour le service militaire : quelques mois à Clermont-Ferrand et ensuite en Afrique du Nord.

Libéré du service militaire le 13 décembre 1959, il reprit ses études théologiques au grand séminaire de Saint-Pierre, à partir du mois de janvier 1960. Il fut ordonné prêtre par Mgr Weber, évêque de Strasbourg, à l’église paroissiale de Saint-Pierre, le 6 janvier 1962. Il avait fait le serment s.m.a. à Chanly le 16 juillet 1956.

Le temps de séminaire achevé, le Père Jungmann reçut une nomination pour le diocèse de Katiola et, le 24 septembre 1962, il partit pour la Côte d’Ivoire. Son premier poste en Afrique fut celui de professeur au Petit Séminaire de Katiola. Il l’occupa de 1962 à 1966. Il aima ce travail d’éducateur et d’enseignant pour les futurs prêtres du diocèse et il l’exerça avec zèle et compétence. Il employa aussi le temps que lui laissaient ses occupations de professeur à d’autres activités pastorales, dans l’évangélisation de villages des environs de Katiola et dans l’animation spirituelle des Équipes Enseignantes. À ce sujet, le Père Gœtz, plusieurs années plus tard, pouvait écrire : À Katiola, l’on garde un excellent souvenir du Père Jungmann... Il y a fait du beau travail, notamment parmi les cadres et les équipes enseignantes, aidé en cela par sa facilité de contact avec les Africains, qui lui restent très attachés.

En 1967, le Père Jungmann fut chargé de la paroisse de Korhogo. Il donna tous ses soins à la pastoration de ce pays. Mgr Durrheimer, évêque de Katiola, a présenté de la manière suivante l’œuvre du Père Jungmann dans la région de Korhogo : Le père Jungmann, dit-il, a déployé dans l’importante paroisse de Korhogo, toutes les ressources de son zèle apostolique, avec un esprit d’initiative hardi et clairvoyant. Se faisant tout à tous, il attire à la Mission de nombreux sympathisants, tant dans les milieux évolués de la ville que chez les pauvres des villages. Constructeur de plusieurs chapelles de villages et d’un bel ensemble paroissial au Centre, il a plus encore le souci d’édifier, par une catéchèse adaptée, le temple vivant de la communauté des croyants.

Le 17 octobre 1971, par division du diocèse de Katiola, le secteur de Korhogo fut érigé en diocèse. Son premier évêque, Mgr Auguste Nobou, fut ordonné à Korhogo le 9 janvier 1972, par Mgr Yago, archevêque d’Abidjan. Le Père Jungmann était demeuré au service de la paroisse et il fut, pendant plus d’une année encore, le principal collaborateur de l’évêque du diocèse. Il rentra en congé en France, le 18 mars 1973, car il avait besoin de repos.

En fait, son état de santé ne lui permit plus de retourner en Afrique. Il fut dès lors affecté au service de nos maisons d’Alsace.

En 1974, il fut nommé supérieur et économe de la maison de Saint-Pierre. La Province entreprenait cette année-là la rénovation des bâtiments de Saint-Pierre et transformait le séminaire Saint-Augustin en maison de repos pour les confrères âgés. Pour diriger la nouvelle communauté de cette maison d’accueil, il fallait un supérieur dévoué et doué d’un grand sens pratique. Le Père Jungmann remplit parfaitement ce rôle. Ayant accepté d’aider ainsi nos anciens missionnaires, il le fait pendant 4 ans, avec bonté, gentillesse et savoir-faire, conscient de coopérer encore par là éminemment à l’œuvre commune des Missions Africaines.

En 1978, à l’Assemblée Provinciale, le Père Jungmann fut élu conseiller provincial. Il fut nommé alors directeur de la maison de Haguenau et professeur. Il se consacra donc, dès la rentrée d’automne, à l’éducation et à l’instruction des enfants de notre école.

En marge de ses fonctions dans les maisons de la Société, le Père Jungmann gardait une activité dans le ministère des âmes à l’extérieur. Durant son supériorat à la maison d’accueil, il avait, pendant plusieurs mois, administré, en qualité de curé, la paroisse de Saint-Pierre. En d’autres occasions encore, il prêta son concours à l’œuvre pastorale. Ainsi les paroissiens de Frohmuhl-Tieffenbach n’ont pas oublié les éminents services qu’il avait rendus chez eux.

Cependant, malgré les surveillances médicales, la santé du Père Jungmann était restée fragile. Le soir du 17 juillet 1980, vers 19 heures, il quittait sa famille de La Walck et prenait la route pour retourner à la Maison des Missions Africaines à Haguenau. À quelque distance de sa destination, entre Schweighouse et Haguenau, il mourut, terrassé par une crise cardiaque, au volant de sa voiture. Il avait 45 ans.

Les funérailles furent célébrées à l’église paroissiale de Pfaffenhoffen-La Walck, le dimanche 20 juillet. Mgr Durrheimer les présida, entouré de nombreux prêtres, parmi lesquels Mgr Heckel, coadjuteur de l’évêque de Strasbourg. Le Père Félix Lutz prononça l’homélie de la messe concélébrée. Une célébration eucharistique eut lieu également à l’église paroissiale de Saint-Pierre, le 25 juillet, avec une homélie de Mgr Durrheimer.

On aimera voir rapportées ici les paroles pleines de justesse, par lesquelles le Père Félix Lutz a défini la personnalité de notre regretté confrère. Tel était, dit le Père Lutz, le Père René Jungmann : un homme naturellement abordable, profondément sociable, un prêtre toujours souriant et prêt à rendre service, quelqu’un qui par ailleurs avait la volonté de vivre, toujours et partout, dans une grande simplicité, et qui était heureux lorsqu’il voyait les autres heureux.