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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

PELOFY Isidore né le 7 septembre 1874 à Belcaire
dans le diocèse de Carcassonne, France
membre de la SMA le 4 juin 1904
prêtre le 24 juin 1899
décédé le 2 août 1953

1899-1903 au service de son diocèse de Carcassonne
1904-1953 missionnaire au Dahomey
Athiémé, Lokossa, Saint-Gall

décédé à Ouidah, Dahomey, le 2 août 1953,
à l'âge de 79 ans


Le père Isidore PELOFY (1874 - 1953)

A Ouidah (Dahomey), le 2 août 1953, retour à Dieu du père Isidore Pélofy, à l'âge de 79 ans.

Isidore Pélofy naquit à Belcaire (Aude), dans le diocèse de Carcassonne, en 1874. Il fit ses études dans son diocèse et y fut ordonné prêtre en 1900. D'abord vicaire à Saint-Denis, dans son diocèse, l'abbé Pélofy précisa sa vocation missionnaire au cours d'une retraite à l'abbaye cistercienne de Fontfroide, où il rencontra la père Bonhomme de Côte-d'Ivoire. En mai 1903, il entrait aux Missions Africaines, où il fit le serment en juin 1904. En juillet suivant, le père Pélofy partait pour le vicariat du Dahomey. Il fut nommé à Athiémé et s'occupa tout particulièrement de Lokossa.

En 1911, le père Pélofy était nommé à Agoué, où il allait rester 36 ans, jusqu'à l'heure où ses forces l'obligèrent à prendre sa retraite au séminaire Saint-Gall, à Ouidah. Là, il rendit encore de multiples services, pour la propreté des allées, comme conseiller expérimenté et surtout par sa piété exemplaire.

Le père Pélofy, le "pape du Mono", était une personnalité originale, pleine de contrastes, rude d'aspect, terrible apparemment, mais au fond simple, joyeux et bon comme un enfant, franc et direct avec tout le monde, même avec la Sainte Vierge.

Dans un article paru dans nos revues, le père Falcon a bien présenté cette personnalité du père Pélofy qu'il aime à comparer à Charles de Foucauld. Tous les deux avaient été ordonnés par le même évêque. Le père Pélofy fut aussi le "petit frère universel".

"Frère des Noirs qui lui étaient confiés, quelle que fût leur religion. Il connaissait toutes les familles de la vieille cité d'Agoué et l'histoire de chacune. Il cherchait toujours à se documenter sur les races, langues, légendes, proverbes, afin d'être plus proche de ses gens. Il fut le «père des pauvres», aidant tous et chacun. Les païens et les féticheurs devinrent très vite ses amis et beaucoup durent leur conversion à cette grande bonté de cœur, qu'ils avaient su découvrir sous une écorce parfois un peu rude.

"Frère des membre de la Société. Il parlait volontiers des «Aînés» qu'il avait connus, le père Planque, Mgr Pellet, le père Bonhomme, mais il estimait particulièrement et était fier de son compatriote, Mgr de Brésillac. Il avait plusieurs cahiers consacrés aux missionnaires du Dahomey. Il aimait faire plaisir à ses confrères; retiré au séminaire, il n'avait qu'un souci: ne donner de peine à personne; au contraire pour rendre plus agréable la vie de communauté, il offrait un cadeau à chacun des anniversaires (qu'il savait multiplier: dates de serments, d'ordinations...).

"Frère de Jésus, vivant chaque jour dans l'intimité de la Sainte Famille. Assis dans un coin de la tribune, près de son autel, il contemplait le Christ au tabernacle. Il aimait contempler les mystères du Rosaire. A Agoué, il s'appliqua à développer la vie eucharistique de ses paroissiens.

"Frère des saints du ciel. Il se «régalait» à lire la vie des saints et passait ses journées en leur compagnie. La Vierge Marie et saint Joseph avaient leur place privilégiée, mais aussi saint François Xavier, saint Jean-François Régis, son compatriote. Il vivait avec ses parents défunts, mais aussi ses confrères défunts. Il aimait à proposer en exemple la vie des anciens pères de la Société.

"Frère universel, il n'oublia pas son pays de France, à qui il rendit de signalés services de 1914 à 1918. Prononçant l'éloge du père Pélofy au jour des funérailles à Agoué, un chef féticheur disait: «La valeur de l'homme n'est ni dans sa parure, ni dans on argent; elle réside dans la bonté du cœur et dans son amour des hommes»."