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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

MALO Prosper né le 7 mars 1908 à Vay
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA le 28 juillet 1929
prêtre le 8 janvier 1933
décédé le 23 août 1977

1933-1934 Baudonne
1934-1945 Ave, Belgique
1945-1946 Baudonne
1946-1959 missionnaire en Côte-d'Ivoire
1959-1965 Baudonne
1965-1966 Pont-Rousseau
1966-1969 missionnaire en Côte-d'Ivoire
1969-1971 La Croix-Valmer
1971-1974 ministère à Varades, Pont-Rousseau et Vay (44)
1974-1977 La Croix-Valmer

décédé à La Croix-Valmer, France, le 23 août 1977,
à l'âge de 69 ans

 


Le père Prosper MALO (1908 - 1977)

Le 7 mars 1908, Prosper Malo naît à Vay, à 40 km au nord de Nantes, dans une famille de cultivateurs, profondément chrétienne. Il est, en effet, le neveu du père Antonin Gautier, membre des Missions Africaines. Son frère aîné, Jean-Baptiste, entrera aux Missions Étrangères de Paris et mourra prisonnier du Viet-Minh, au Laos. Un autre frère, plus âgé également, Raymond, choisit, comme lui, d’entrer aux Missions Africaines et mourra dans le nord du Bénin, à Tanguiéta. Prosper a encore 2 frères et 3 sœurs dont une religieuse cloîtrée.

Il fréquente l’école primaire de Vay, puis entre au séminaire de Pont-Rousseau qu’il quitte, 4 ans plus tard, pour poursuivre ses études, pendant 1 an, à Saint-Priest et, pendant 2 ans, à Offémont. En octobre 1927, il rejoint le noviciat de Chanly. En 1928, il est appelé à faire son service militaire à Nantes, caserne Cambronne, où il reste jusqu’à ce qu’il soit démobilisé en 1929. De faible constitution, il passe tout ce temps au bureau de la Compagnie, puis comme secrétaire d’Etat-Major, ce qui lui permettra d’aller déguster des chocolats, en écoutant le piétinement sourd de la compagnie partant à l’exercice. (Frères d’armes).

Il devient membre des Missions Africaines le 28 juillet 1929, et entre au grand séminaire de Lyon le 1er octobre suivant. On a remarqué qu’il écrivait avec facilité, aussi est-il choisi pour rédiger la chronique locale de “Frères d’Armes”, dans laquelle il rapporte et les causeries des missionnaires de passage comme celle de monseigneur Parisot le 7 novembre 1930, et les différents évènements du séminaire, parfois sur un ton assez badin.

Il est ordonné prêtre le même jour que son frère Raymond, le 8 janvier 1933, et bombardé professeur durant de longues années, à Baudonne d’abord, de 1933 à 1934, puis de 1934 à 1946, à Ave, en Belgique, où il rejoint son frère Raymond qui le quittera en 1936 pour partir au Dahomey. Prosper connaît des moments difficiles, surtout pendant la guerre avec l’occupation allemande, si bien qu’en juin 1944, il envoie une lettre sévère au père provincial : La maison de Ave a toujours été considérée comme quelque chose d’un peu étranger à la Société. Le personnel envoyé est choisi parmi ceux qu’on ne peut utiliser autre part. Ces raisons et d’autres m’ont donné un tel dégoût de ce changement continuel d’occupations auxquelles j’ai dû me soumettre que je suis à bout. Il envisage même de rentrer dans son diocèse ! Le 24 juillet 1944, on le nomme pourtant directeur et préfet des études pour une année encore, le temps d’initier le père Duquesne à cette fonction. Le père Prosper accepte, mais le 2 août 1945, après avoir contracté une pleurésie, il écrit au père provincial : Dans le cas où vous jugeriez plus prudent que je reste encore un an en Europe, je désirerais changer de climat. Il pense à Baudonne qu’il connaît déjà. Le Conseil provincial accède à sa demande. L’année suivante, il est mis à la disposition de monseigneur Boivin, évêque d’Abidjan.

Le père Prosper embarque le 8 novembre 1946. Il est affecté au petit séminaire de Bingerville où il reste jusqu’en juillet 1949. Il est alors nommé supérieur de la mission de M’Bahiakro. Il réussit très bien auprès de ses nouveaux paroissiens. Prêtre zélé et plein de dévouement, mais il n’a pas une très forte santé, écrit son évêque en 1950. Après un congé en France, en 1952, il est nommé à Ouellé d’où, le 26 février 1956, il écrit à une famille amie de Vay : Il y a plus d’un mois, je suis tombé épuisé et anémié dans le sillon de Ouellé comme un bon soldat. On m’a descendu à Abidjan et renfloué. Je reviens à ma Mission.

Le 8 septembre 1956, le “Petit Messager” cite le père Malo : Les conversions ne manquent pas. Il y a 4 ans, il y avait 700 baptisés disséminés dans les villages. Aujourd’hui, mes chrétiens sont déjà 2000 et 4000 catéchumènes attendent qu’on puisse s’occuper d’eux.

Mais sa santé a souffert de ces années de brousse et il rentre, le 12 juin 1959, sans espoir de retour. On le nomme professeur à Baudonne, mais enseigner lui est devenu pénible et c’est pourquoi, en 1965, il est affecté à la Procure de Pont-Rousseau. Il jouit alors d’une meilleure santé et, de nouveau, se « languit » de l’Afrique.

Le 13 mai 1966, le Conseil provincial accède à sa demande et le met à la disposition de monseigneur Etrillard, évêque de Gagnoa, qui lui confie la paroisse de Grand-Lahou. Dès le 20 août 1966, monseigneur remarque chez le père Malo une santé qu’on ne peut pas dire florissante. Le père Falcon, en 1969, lui demande de revenir en France pour des examens.

Il rentre en avril 1969. Le 12 juillet, le Conseil du diocèse de Gagnoa estime que le père n’a plus une santé suffisante pour continuer un travail utile en Afrique. Le père Prosper déclare alors qu’une année de repos à La Croix-Valmer lui ferait du bien. En octobre 1969, il rejoint donc La Croix-Valmer où il reste jusqu’en 1971. Sa santé s’étant améliorée, le père Malo fait des démarches auprès du vicaire général de Nantes pour obtenir un poste de prêtre auxiliaire dans le diocèse. Il est nommé à Varades. Le 3 janvier 1972, il écrit: Peu à peu, je m’initie à ce nouveau genre de ministère diocésain. Pas de difficulté pour la prédication ; ma santé s’est améliorée. En mars, le père Grenot constate qu’il est bien accepté dans la paroisse.

En octobre 1972, le docteur de Varades l’invite à se rendre au CHU pour un examen pulmonaire. Contraint au repos, le père se rend à Pont-Rousseau, puis à Vay où, avec sa sœur et son frère Raymond, il possède une petite maison. Il rend aussi service à la paroisse. Il pense rejoindre, un jour, la maison de repos de La Croix-Valmer, mais veut auparavant régler des affaires de famille. Ce n’est donc que le 4 septembre 1974 qu’il arrive à La Croix-Valmer.

Atteint d’un cancer à la gorge qui l’oblige à recevoir des perfusions, tous les 8 jours, à la clinique de Saint-Tropez, il meurt le 23 août 1977. Les obsèques ont lieu le 25 août et il est inhumé dans le caveau de la propriété de La Croix-Valmer. Le père Boiron prononce l’homélie funèbre : Vous avez appris à connaître quel pince-sans-rire et quel homme plein d’humour était le père Malo, mais il y avait un autre père Malo qui, derrière son caractère jovial et bon vivant, cachait un homme rude, dur pour lui-même, très indépendant mais, en même temps, très bon et très délicat pour rendre service. Avant son dernier soupir, il eut un magnifique sourire comme s’il voyait déjà l’au-delà. Epuisé comme une lampe sans huile, il s’éteignit entre mes mains, tout doucement.