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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

BARDOL Joseph né le 26 février 1900 à Mertzwiller
dans le diocèse de Strasbourg, France
membre de la SMA le 31 juillet 1921
prêtre le 29 juin 1925
décédé le 16 août 1973

1925-1926 Pont-Rousseau, professeur
1926-1928 Offémont, maître des novices pour les Frères
1926-1958 missionnaire au Togo
1959-1960 Vigneulles, maître des novices pour les Frères
1960-1969 Zinswald, directeur spirituel
1969-1973 Saint-Pierre, retiré

décédé à Saint-Pierre, France, le 16 août 1973,
à l'âge de 73 ans


Le père Joseph BARDOL (1900 - 1973)

Joseph Bardol est né le 26 février 1900, à Mertzwiller, paroisse du diocèse de Strasbourg. Il était le dixième d’une famille de 13 enfants.

À l’âge de 14 ans, il demanda à partir pour l’école apostolique de Keer en Hollande. Il y fit ses études secondaires, de 1914 à 1919. Entré au noviciat de Chanly (Belgique ) en 1919, il fit le serment le 31 juillet 1921 et, après quatre années de théologie à Lyon, il fut ordonné prêtre le 29 juin 1925 par Mgr Hauger.

Après son ordination, il fut d’abord professeur à Pont-Rousseau, près de Nantes, et à Saint-Pierre, puis, en 1927-1928, directeur au noviciat des Frères à Offémont.

En automne 1928, nommé pour la mission du Togo, il s’embarqua pour Lomé. Il fut affecté comme vicaire à Atakpamé, où il eut pour supérieurs deux missionnaires de valeur, le Père Schuh et le Père Joseph Legrand, auprès de qui il s’initia aux méthodes pastorales et à la direction des écoles, en même temps qu’il étudiait la langue du pays.

En 1935, après un congé en France au cours duquel il fut directeur spirituel au noviciat des Frères de Vigneulles, il fut nommé supérieur du district de Tsévié. Il garda cette charge jusqu’en 1958, avec une interruption de deux ans et demi, en 1945-1947 ; pendant ce temps, très éprouvé dans sa santé par dix années consécutives de séjour en Afrique, il fut retenu en France pour retrouver ses forces physiques, tout en collaborant à l’école des missions de Haguenau.

Le district de Tsévié avait, en 1935, 5 000 catholiques et 22 stations secondaires. Le Père Bardol y accomplit, de 1935 à 1958, une œuvre considérable, tant à la station principale que dans les stations secondaires.

Avec un soin particulier, il se consacra au développement de la station principale. Ainsi, sous son impulsion, l’école de Tsévié grandit en importance et en qualité. Il la dota d’une fanfare et de sports de tous genres, pour la rendre plus vivante. Mais aussi il y introduisit la Croisade Eucharistique, ce qui contribua beaucoup à donner aux élèves un véritable esprit chrétien et fut incontestablement à l’origine de plusieurs vocations sacerdotales et religieuses. Pour la direction de l’école des filles, il demanda et obtint que la Maison générale de Vénissieux envoie un groupe de Religieuses de Notre-Dame des Apôtres et rien ne fut épargné par elles pour former une véritable élite féminine.

À son arrivée à Tsévié, le Père Bardol ne trouva qu’une pauvre chapelle, dont la nef servait en même temps de salle de classe pour l’école. Il s’empressa de donner à l’école un autre local, puis il entreprit de construire une église. La réalisation lui coûta beaucoup d’efforts et fut cause de bien des soucis. Commandée en 1937, la construction fut ralentie par la guerre de 1939. Elle fut continuée ensuite par le Père Fürst, qui termina le gros œuvre en 1947, et par le Père Wœlffel, qui se chargea des travaux d’art, la peinture intérieure et les sculptures de la façade. Tout fut achevé en 1948 ; ainsi, grâce à la tenace activité du Père Bardol et de ses collaborateurs, la mission de Tsévié possède depuis cette date une des plus grandes et des plus belles églises du Togo. Le 29 mars 1948, qui était le lundi de Pâques, Mgr Strebler en fit la bénédiction solennelle.

Très occupé dans la station principale, le Père Bardol ne négligeait pas les stations secondaires. Il multiplia les écoles en brousse. À intervalles réguliers, il visitait lui-même les villages de son immense paroisse, au prix de grandes fatigues, et il accomplissait son ministère avec zèle, non sans risquer des conflits aventureux avec les adversaires des chrétiens.

Les dernières années de son séjour à Tsévié furent relativement calmes. Il eut comme vicaires durant ce temps, à leur sortie du séminaire, deux futurs évêques, Mgr Dosseh et Mgr Atakpah. Il eut ainsi l’honneur d’avoir initié à la pastorale les deux premiers évêques du Togo. Il eut aussi la joie de conduire à l’autel le premier des quatre prêtres originaires de la paroisse et de voir entrer dix jeunes filles au noviciat des Religieuses locales. Avec l’aide de ses vicaires, il introduisit la Légion de Marie dans son district et il en fit un levier important de sa méthode pastorale.

Le Père Bardol était aimé de son peuple. Affable et bienveillant, toujours souriant, il savait rester modeste, proche des gens, trouvant pour chacun un mot aimable. Il était aussi un homme de Dieu, prêt à sacrifier de bon cœur pour toutes sortes de services. M. le curé de Mertzwiller dira de lui : Il portait le soleil dans son cœur et savait le rayonner autour de soi. Et Mgr Strebler écrira : La source de sa joie et de son action ardente était sa foi profonde, en union avec le Christ, dans le don total pour le bien-être spirituel et social de son peuple, qu’il aimait passionnément et pour lequel il s’est dépensé sans compter.

En 1958, le Père Bardol tomba sérieusement malade. Pendant 120 jours il fut hospitalisé. Le 28 août, il fut transporté en civière de l’hôpital sur le bateau qui devait le ramener définitivement en Europe. Il n’avait pu revoir sa mission avant son départ, ni faire ses adieux à sa paroisse. La nostalgie du Togo et de Tsévié ne le quitta plus.

Arrivé en France, le plus urgent était de se soigner. Épuisé totalement et miné par la maladie, il fallut au Père une année entière pour se remettre. Il reprit ensuite du service à Vigneulles comme maître des novices, puis à Zinswald comme directeur spirituel des élèves de l’école apostolique.

En février 1969, il dut être hospitalisé à l’hôpital civil de Strasbourg et y resta plusieurs semaines. Il retourna à Zinswald, mais bientôt il dut renoncer à son activité et se retira à la maison d’accueil de Saint-Pierre. Il mourut le 16 août 1973, dans la soirée, après avoir été une nouvelle fois hospitalisé. Il fut inhumé le samedi 18 août au cimetière s.m.a. de Saint-Pierre. Mgr Strebler présida la messe concélébrée des obsèques et prononça l’homélie.