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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

 Barthelemy r1 Le Père Roger BARTHÉLEMY
né le 21 novembre 1912 à Sion-les-Mines
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA le 24 août 1941
prêtre le 26 novembre 1944
décédé le 29 décembre 1985 
Père Roger Barthélemy 
1945-1948 missionnaire au Niger
1948-1980 diocèse de Parakou, fondateur de Wénou
1980-1982 Cogolin (Toulon), en paroisse
1982-1985 Cogolin, retiré
1985 Montferrier-sur-Lez, retiré
décédé à Montferrier-sur-Lez, France, 
le 29 décembre 1985,à l’âge de 73 ans 

Le père Roger BARTHELEMY (1912 - 1985)

Roger Barthélemy est né à Sion-les-Mines, dans le diocèse de Nantes, en la fête de la Présentation de Marie, le 21 novembre 1912, et il est baptisé le même jour. Roger a deux frères plus jeunes que lui. Leurs parents meurent relativement jeunes. Roger suit l’école primaire de Derval. Il reçoit la confirmation à l’âge de 12 ans.

Ayant arrêté l’école, il veut cependant devenir missionnaire. Il reprend donc ses études à 21 ans d’abord à Saint-Priest près de Lyon, puis à Martigné-Ferchaud en Ille-et-Vilaine. Ses professeurs remarquent qu’il a une intelligence moyenne, plus pratique que spéculative. Il est appliqué au travail, aimable, dévoué et charitable avec les autres. Quatre ans plus tard, il entre au noviciat de Chanly, en Belgique, le 17 septembre 1938 ; il y restera jusqu’au 7 septembre 1939. Rentré en France à cause de la guerre, il est mobilisé et bientôt blessé (il touchera par la suite une petite pension de blessé de guerre). Le 17 novembre 1940, il reprend son noviciat interrompu par la guerre et devient membre de la SMA le 24 août 1941. Il entre alors au séminaire du 150 à Lyon pour faire sa théologie et est ordonné prêtre le 26 novembre 1944.

En 1945, le père Roger Barthélemy est affecté à la préfecture apostolique du Niger. Il rejoint Parakou, son 1er poste, en passant par le Sahara, le Niger et le Nord-Dahomey. Il y arrive le 8 avril 1946 et y reste deux ans.

En 1948, les Missions Africaines laissent le Niger aux Rédemptoristes et la préfecture apostolique de Parakou est créée : elle couvre tout le Nord-Dahomey. Monseigneur François Faroud nomme alors le père Barthélemy à Wenou, à 50 km au nord de Parakou. Là, au milieu des Baribas de Wénou, il va rester 32 ans, jusqu’à son retour définitif en 1980.

Wénou est une région très animiste et d’une apparence musulmane. C’est donc un peuple difficile à évangéliser. Le père Barthélemy s’occupe d’une école catholique à Wénou et d’une autre à Téné à 45 km de là. Il visite régulièrement plusieurs stations secondaires.

Vers 1960, il construit une école d’apprentissage pour y former des menuisiers, école qu’il dirige pendant de longues années avec l’aide du frère Jean Potiron. Il prend en charge une dizaine de jeunes internes.

Le père était très ponctuel dans son travail, exigeant pour lui-même et pour les autres. En juin 1964, le juge de la section de Natitingou lui demande d’accepter un jeune orphelin assez insupportable, rejeté de ses autres parents : ne pourrait-il pas lui apprendre un métier et ainsi le sauver ? En 1967, le père Barthélemy apporte de grands secours à des villageois sinistrés lors d’un incendie à Wénou. A cette occasion le préfet de Parakou tient à l’en remercier.
En 1969, le père lance une micro-réalisation en agriculture avec sept jeunes qu’il forme de son mieux pour des cultures maraîchères. En même temps, il continue à visiter les villages et à instruire quelques catéchumènes. S’il ne peut les baptiser à cause de leur situation matrimoniale, il veut en faire des priants. Mais déjà, quelques jeunes sont décidés à faire un vrai mariage chrétien. Grâce à l’action courageuse du père, la région s’ouvre peu à peu au christianisme.

Le père Barthélemy aime passionnément les gens de Wenou : A travailler comme eux, à parler avec eux, quoique tous païens, je me suis senti comme étant de la même famille. Un jour, il reconnaîtra que tout n’est pas facile : Des difficultés, j’en ai connues ; j’ai pleuré parfois, écrivait-il à l’occasion de ses 25 ans de sacerdoce, mais ma messe du matin est le remède à tout.

Début 1973, il rentre en congé très fatigué. Il se fait soigner à Lyon, à l’Hôtel-Dieu et à l’hôpital de la Croix-Rousse. De nombreux examens médicaux ne révèlent pas l’origine de ses malaises. A Laguiole, en Aveyron, il rencontre un prêtre ami qui est radiesthésiste. Celui-ci lui révèle qu’il aurait été victime d’un empoisonnement. Qu’en est-il exactement ? En tout cas, suite à un traitement approprié, sa santé s’améliore et il peut repartir pour rejoindre la mission de Wenou.

A la mi-décembre 1976, bien amaigri, il rentre en congé. Il supporte difficilement la nourriture. Il passe souvent la nuit sans dormir, avec des crises de sueurs froides. Peu à peu, son état s’améliore et il peut repartir au Bénin fin avril 1977.

Fin novembre 1979, sa vielle 2 CV n’en peut plus ; le père visite alors ses villages à bicyclette. En août 1980, il rentre en France à cause du décès de plusieurs membres de sa famille : ses deux derniers frères, une belle sœur et l’une de ses tantes. Il souhaite revenir encore au Bénin. Mais, le 12 septembre, le père provincial lui transmet la pénible nouvelle : il ne doit plus revenir au Bénin à cause de son état de santé et de son âge. Pour lui c’est une dure épreuve qu’il n’acceptera jamais.

En décembre 1980, le père Barthélemy est invité à rejoindre la maison de retraite de Baillarguet, mais il ne s’y sent pas à l’aise. Sujet à de fréquentes insomnies et à des sueurs froides, il pense être toujours sous l’effet du poison. Il ne se plaint pas, mais se sent incompris de ses confrères. Quelques mois plus tard, en mai 1981, il décide de prendre un congé à Cogolin, dans le diocèse de Toulon, auprès de son ami le père Dominique Chattot. Il décide d’y rester, même après le départ de ce dernier, pour assurer un peu de ministère. Il doit bientôt y renoncer. Il se retire alors pendant trois ans dans une famille amie à Cogolin : monsieur et madame René Laurence.

Le père Barthélemy formait toujours le projet de partir au Bénin se faire soigner par un guérisseur qu’il connaissait. Mais ses supérieurs l’amènent à renoncer à ce projet. D’ailleurs, il doit être hospitalisé à Toulon. Il revient à la maison de retraite de Montferrier en mai 1985. C’est là qu’il s’éteint doucement, comme une bougie qui meurt, le 29 décembre 1985 à l’âge de 75 ans.