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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

BLARER Edouard né le 18 août 1899
dans le diocèse de Saint-Gall, Suisse
membre de la SMA le 4 avril 1926
décédé le 10 septembre 1989

1926-1936 Vigneulles, jardinier
1936-1939 Haguenau, jardinier
1939-1946 plusieurs maisons religieuses en Suisse, jardinier
1946-1983 Haguenau, jardinier
1983-1989 Saint-Pierre, retiré

décédé à Sélestat, France, le 10 septembre 1989,
à l'âge de 90 ans


Le frère Edouard BLARER 1899 - 1989

Edouard Blarer naquit le 18 août 1899 à Schmerikon, localité du Canton de Saint-Gall en Suisse. Il s’endormit dans le Seigneur le 10 septembre 1989, âgé de 90 ans, à l’hôpital de Sélestat. Il était membre des Missions Afri¬caines depuis le 4 avril 1926, jour où il s’engagea dans la Société par un premier serment, à la maison des Frères de Vigneulles.

Son enfance se déroula en famille, dans son pays natal. Écolier studieux et bien doué à l’école de son village, il aurait aimé pouvoir prolonger le cours de ses études après sa scolarité primaire. Mais les circonstances n’étaient pas favorables à la réalisation de son désir. Parvenu à l’âge de gagner sa vie, il devait s’engager dans une activité de travailleur. Il fut d’abord ouvrier d’usine. Puis il s’intéressa au jardinage et il y réussit fort bien, tant en aptitudes pratiques qu’en connaissances théoriques. Il obtint alors une place de jardinier pour le jardin d’un hôpital. Il exerçait sa nouvelle profession, lorsque, vers l’âge de 25 ans, il lut dans un journal catholique un appel du Père Stamm, économe du sanatorium s.m.a. de La Croix-Valmer : on demandait des jeunes gens pour entretenir la propriété de la maison et qui voudraient un jour devenir missionnaires. Le jeune Edouard se décida à répondre à cet appel et il se rendit à la Croix-Valmer. Il y avait des Frères s.m.a. alsaciens au sanatorium. Le nouveau venu, ne sachant pas le français, fut heureux de pouvoir converser avec eux en langue allemande. L’idéal missionnaire de ces Frères était aussi le sien et bientôt, après six mois de séjour à La Croix, voulant se préparer à devenir Frère-Missionnaire, il entra au noviciat des Frères de Vigneulles.

C’est le lundi de Pâques 1926, à l’issue de son noviciat, qu’il fut reçu dans la Société des Missions Africaines comme Frère-coadjuteur. Le Père Brédiger présida la festivité et prononça le sermon de circonstance.

Le nouveau Frère avait donc, depuis des années, exercé le métier de jardinier et c’est comme tel qu’il continua à travailler en se mettant au service de l’œuvre missionnaire. De 1926 à 1936, ce fut la maison de Vigneulles qui bénéficia le plus souvent de ses travaux. Son activité y fut appréciée. Ayant été absent pendant quelques mois, car on avait requis alors sa collaboration pour le grand jardin de Saint-Pierre, il fut accueilli avec beaucoup de joie à son retour et le chroniqueur nota : Notre cher Frère Edouard Blarer est revenu chez nous à Vigneulles. Nous admirons son art de jardinier. Grâce à lui, nous réjouissent herbes potagères et fleurs, l’utile et l’agréable.

On le décore même du titre de maître-jardinier. Quant à lui, il était heureux d’être ainsi au service de la mission et l’on peut dire, comme le fit remarquer le Père Félix Lutz dans l’homélie des funérailles, qu’il a sans cesse considéré comme une grande grâce le fait de pouvoir servir dans notre Société des Missions Africaines comme Frère-Missionnaire. Et il aurait souhaité que d’autres jeunes gens, en plus grand nombre, consentent à donner leur temps pour collaborer à l’œuvre missionnaire dans les humbles occupations du travail manuel. Lui-même aimait son métier. Il l’exerçait avec toute la diligence possible pour en obtenir un rendement efficace.

À ce sujet, peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que, en ces temps-là surtout, l’existence d’un jardin de bon rapport était une aide très appréciable dans le budget d’une maison qui vivait en grande partie des produits agricoles de ses propriétés. Fruits divers et légumes, fournis en abondance par les soins du Frère Edouard, arrivaient bien à propos. Durant la belle saison, c’était une joie de visiter les carrés plantureux de son jardin. Et même en hiver le Frère réussissait à cultiver des fleurs pour orner les autels de la Chapelle. Au reste, lorsque les froids trop rigoureux interdisaient toute intervention au dehors, il savait entrer dans la pratique d’autres métiers pour se rendre utile à sa communauté. C’est ainsi que, pendant un hiver, il maniait du matin au soir avec grande application le pinceau du peintre pour donner aux vieux murs de la maison de Vigneulles un aspect plus clair, plus agréable et plus riant.

En 1936, c’est notre maison de Haguenau qui demanda ses services de bon jardinier. Il resta dans cette maison jusqu’à la Seconde Guerre mondiale en 1939. Puis, durant les années de la guerre, il séjourna en Suisse, employé principalement toujours comme jardinier en diverses maisons religieuses, entre autres le Couvent de Mariastein, la maison de repos St-Anna de Unteraegeri. Il revint à Haguenau après la guerre, en 1946, et c’est dans cette maison qu’il résida et travailla le plus souvent jusqu’en 1983.

Le 1er octobre 1983, le Frère Edouard entra à la maison de retraite de Saint-Pierre. Il avait alors plus de 84 ans. En considération de cette retraite tardive, on retiendra encore une parole tout à fait pertinente du Père Félix Lutz, qui disait : Ce qui nous prouve la fidélité et la sincérité avec lesquelles le Frère accomplissait son métier de jardinier, c’est qu’il l’a exercé jusqu’à un âge où bien des gens ont depuis longtemps pris leur retraite. Combien souvent l’avons-nous vu être aux petits soins pour les fleurs ou les plantes, boitant et déhanché, mais quand même heureux de pouvoir encore rendre service à notre communauté.

Le Frère Edouard vécut encore 6 ans à Saint-Pierre. On aurait pu craindre qu’après de longues années laborieuses, il serait bien dépaysé à la maison de retraite. Il n’en fut rien. Dans une générosité surnaturelle, c’est en toute sérénité qu’il donnait à Dieu toutes ses journées, comme tant de fois durant sa vie il avait donné les graines à la terre, les confiant à la pluie et au soleil.