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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

DELANNOY Ignace né le 7 février 1926 à Bousbecque
dans le diocèse de Lille (France)
membre de la SMA le 30 mai 1952
prêtre le 30 juin 1955
décédé le 2 octobre 1980

1956-1960 missionnaire dans le vicariat d’Abidjan
1960-1962 Baudonne, économe
1962-1976 missionnaire en Côte-d'Ivoire
1976-1979 Baudonne, économe
1979-1980 Wavrin (Nord), vicaire

décédé à Wavrin, France, le 2 octobre 1980,
à l'âge de 54 ans


Le père Ignace DELANNOY (1926 - 1980)

Le 7 février 1926, Ignace Delannoy naît à Bousbecque (diocèse de Lille) dans une famille chrétienne qui compte plusieurs prêtres. Son père est industriel. Deux jours après sa naissance, il est baptisé dans l'église Saint-Martin de Bousbecque.

Ses études primaires terminées, Ignace continue à l'Institution du Sacré-Cœur de Tourcoing puis, vocation tardive, il entre en 1948 au petit séminaire de Changis-sur-Marne en Seine-et-Marne. Il y restera deux ans laissant une bonne impression : Excellente conduite, travail consciencieux, inspire confiance.

Membre d’une famille nombreuse, il ne fait que trois mois de service militaire à Vannes. C'est alors qu'il se présente au père Blin, responsable de la procure sma de Lille, qui va appuyer la demande d'entrée aux Missions Africaines, qu’Ignace adresse au père provincial le 18 juillet 1950. Les parents donnent de bon cœur leur autorisation, et le curé de Bousbecque donne de bons renseignements ainsi que le supérieur du séminaire : Ignace est pieux, dévoué, régulier, travailleur. Je crois qu'il fera un bon missionnaire.

Ignace entre donc au noviciat de Chanly en Belgique. Il le quittera en 1952, après avoir prononcé le serment qui le fait membre des Missions Africaines. Il continue au grand séminaire de Lyon, où il devient prêtre le 30 juin 1955.

Le 30 juin 1956, il reçoit son affectation pour l'archidiocèse d'Abidjan en Côte- d'Ivoire, où monseigneur Boivin le nomme d'abord professeur au petit séminaire de Bingerville, puis vicaire à la paroisse de Treichville.

Mais, le 23 mai 1960, il reçoit une nouvelle affectation. On lui demande de revenir en France et de se rendre au petit séminaire de Baudonne : Nous savons que nous vous imposons un grand sacrifice, mais nous ne doutons pas que vous sachiez l'accepter avec beaucoup d'esprit de foi et de dévouement.

Il ne restera que deux ans à Baudonne où il s'occupera de l'économat. Le 28 juin 1962, on le met à nouveau à la disposition du supérieur régional de Côte d'Ivoire pour le diocèse d'Abidjan. Le nouvel évêque, monseigneur Yago, le nomme à la mission de Memni comme vicaire du père Marziac. En 1969, il rejoint Jacqueville. Le 4 juin 1973, il écrit de chez lui où il est en congé pour raconter son départ d'Attinguié et annoncer que monseigneur a accepté de l'envoyer à Adzopé. C'est dans cette mission, en effet, qu'on le retrouve en novembre 1974. Il y est depuis un an et il s'occupe du secteur Annépé (16 villages) et de la catéchèse du primaire à Adzopé même.
En 1976, en congé en France, des examens médicaux révèlent des troubles d'insuffisance cardiaque. Il doit donc se reposer et se surveiller. Il se déclare prêt à accepter le poste qu'on lui proposera. Le 4 août 1976, il reçoit son affectation pour Baudonne qu'il connaît déjà, où on lui demande de s'occuper des foires ainsi que de l'économat. On envisage cependant des périodes de l'année où il pourra être aidé, voire remplacé.

Ignace fait une cure à Vichy d'où il revient enchanté : Oui, à Vichy j'ai retrouvé une tension normale. Mon cœur va bien. Oui, ils m'ont appris le temps de vivre, de causer, de jouir d'une rencontre, le temps de goûter, j'allais dire de " sucer " la vie comme une orange à pleine bouche.

Sa santé s’améliore sans qu’il puisse retourner en Afrique. En mai 1979, le père Delannoy pense de plus en plus à faire un essai de pastorale dans une paroisse, mais comme vicaire, et il préfèrerait faire un essai dans son diocèse d'origine. En septembre 1979, il écrit au père provincial que le vicaire général de monseigneur Gand, évêque de Lille, l'a affecté à Wavrin, comme auxiliaire du curé d'une paroisse de 8000 habitants, située à 12 km au sud de Lille.

Le 15 janvier 1980, il écrit : Depuis septembre, j'ai rendu visite à 700 familles environ. Cela fait plaisir aux gens et ainsi j'apprends à les connaître. Puis il écrit de nouveau au père provincial : Huit mois de présence en cette bonne paroisse de Wavrin m'ont tellement intégré à la communauté que j'ai dû accepter de célébrer mon jubilé d'argent. En accord avec le curé, nous organisons une messe d'action de grâces, le dimanche 8 juin. Il invite le père provincial à y assister et à prononcer l'homélie. Il pense que ce sera une occasion pour susciter des vocations missionnaires.

Le jubilé d'argent du père Ignace Delannoy a effectivement été fêté à Wavrin, le 8 juin 1980. Mais, la communauté chrétienne de Wavrin se réunissait de nouveau, dans la même église, le 6 octobre suivant, autour de la dépouille du père Ignace emporté par une hémorragie cérébrale.

Ignace aimait parler. C'était l'exubérance, le verbe inépuisable, la parole envahissante, a écrit le père Rassinoux, et sans doute a-t-il quelque peu importuné certains de ses interlocuteurs ! Mais, continue le père Rassinoux, sa familiarité avec tous, révélait, à qui savait aller plus loin, une très grande simplicité, une très grande gentillesse, une très grande bonté. Ignace avait un cœur de pauvre, accueillant à tous.