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Société des Missions Africaines – District de Strasbourg
Le Frère Albert WEBER

weber

né le 12 février 1925 à Rodern (Bas-Rhin)

dans le diocèse de Strasbourg (France)

membre de la SMA en juillet 1950

serment perpétuel le 2 juillet 1956

décédé le 10 décembre 2010 

1948-1950  Noviciat à Vigneulles (Moselle)

juillet 1950 premier serment

1950-2010   animation missionnaire

et revue Terre d'Afrique - Messager

décédé à Colmar, le 10 décembre 2010,

à l’âge de 85 ans

Le frère Albert WEBER  (1925 - 2010)

On se plaisait à répéter en ce 15 décembre 2010, jour de la célébration des funérailles du Frère Albert Weber à Saint-Pierre : "Si la météo avait été favorable, aucune église du diocèse n'aurait été assez grande pour accueillir ses nombreux amis de toute l'Alsace-Lorraine." L'hiver précoce a fait que seuls les plus courageux avaient pu se déplacer et trouver place sans trop de problème dans la chapelle des Missions Africaines de Saint-Pierre. Jean-Pierre Frey, vice-supérieur du District, longtemps rédacteur de "Terre d'Afrique/Messager", présida l'Eucharistie et assura l'homélie dont voici les passages les plus marquants.

C'était un vrai missionnaire dans tous les sens du terme, même s'il n'a jamais œuvré en Afrique. C'est le prophète qui est l'ancêtre du missionnaire. Et le vrai prophète c'est un routard, un itinérant, et toute sa vie, Albert était bien un routard et un itinérant prophétique… Le prêtre lui reste plutôt attaché, cloué en quelque sorte à son temple, dont il est le gardien. Et c' est normal, c'est son gagne-pain. Il est lié à sa divinité et souvent il a du mal à se détacher de son sanctuaire pour aller ailleurs.

Mais le missionnaire - comme un migrant - va vers l'homme son frère par monts et par vaux et sans frontières ni sanctuaire... et c'était vraiment le charisme de Frère Albert. Il était tout à tous. Il savait écouter, conseiller, consoler, encourager, partager les joies et le peines et guérir même s'il le fallait, dans une proximité toute fraternelle et très prophétique. L'homme de Dieu proche de l'homme de la terre.

Il était à l'image de l'envoyé de l'évangile du jour (Lc.l0,1-11) qui se livre selon l'aventure de sa foi, à l'accueil, à la porte ouverte ou entrouverte, à la disponibilité hospitalière de ses frères et surtout de ses sœurs dont il savait apprécier la bonne cuisine et écouter les doléances.

L'envoyé de Jésus selon l'évangile est parti sans rien, ni tunique de rechange, ni sandales, ni argent, ni bâton, même pour se défendre ! Ainsi Albert au nom de sa mission, en vrai "routard" se trouvait sur tous les chemins. Il a commencé par un vélo, qui n'était même pas neuf et puis par une moto fatiguée qu'il devait pousser dans les montées, sans bâton ni sandale dit l'évangile !

Il a dû revendiquer pendant des années un véhicule décent pour ses tournées, pourtant indispensables autant pour la revue du "Messager" que pour la reconnaissance de la SMA dans les campagnes d'Alsace et de Lorraine.

C'était un homme exigeant et parfois obstiné mais toujours entièrement dévoué à sa tâche missionnaire. Ainsi chaque samedi il faisait minutieusement ses comptes et envoyait l'argent par le bureau de poste le plus proche de son gîte du moment et jusque dans ses vieux jours il a contribué puissamment à l'image de la SMA, dont il était devenu en quelque sorte à la fois le pèlerin et l'icône

Lorsque nous sommes ainsi réunis autour d'un frère qui est parti, nous célébrons le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur, de son passage parmi nous - et cette célébration a un triple but : réconcilier - remercier - partager - afin que nous soyons régénérés individuellement en tant que baptisés et communautairement comme les fils et filles du même Père, sans barrières ni frontières, dans un même idéal missionnaire, donc universel, hérité de Brésillac.

Alors en toute simplicité remercions maintenant le Seigneur pour tout ce qu'il a fait avec Albert et par Albert. Nous les SMA nous lui devons beaucoup Alors, que le Seigneur donne maintenant à son fidèle serviteur, notre Frère Albert, la place qu'il lui a réservée dans son Royaume Et que le Seigneur nous aide à élever notre cœur pour faire vraiment de cette eucharistie, une action de grâce et de reconnaissance, comme le firent les deux routards d'Emmaüs au soir de Pâques.

Le témoignage d'un confrère, ancien rédacteur de "Terre d'Afrique/Messager"

Permettez-moi de rendre un bref hommage à notre cher Frère Albert. En mon nom personnel, au nom de tous mes confrères et membres laïcs honoraires, je voudrais d'abord présenter mes sincères condoléances et toute ma douloureuse sympathie à la famille en deuil, à laquelle notre défunt était très attaché et de qui il parlait toujours avec beaucoup de loyauté.

Pour moi, le Frère Albert était un homme polyvalent, dont la seule ambition était de rendre service et d'aider les Missions Africaines. Pour illustrer ma pensée je citerai deux exemples. C'était dans les années 1964/65, je venais juste de revenir d'Afrique. Il se rendit chez les viticulteurs des environs pour vendanger du vin dont les tonneaux remplis serviraient durant l'année aux confrères de notre Maison, ici à Saint- Pierre.

Deuxième exemple : Avec un attelage tiré par un tracteur, il partit jusqu'à à Haguenau et au-delà pour récolter des pommes de terre et des carottes. À l'époque, aucun confrère n'était salarié, ni dans la sécurité sociale. Qui d'entre nous s'en souvient encore ? Pratiques, méthodes d'un autre temps qui demandaient beaucoup d'effacement, d'abnégation, d'humilité et de modestie, des caractéristiques essentielles chez Frère Albert.

À côté de ceci, le plus important de son travail consistait à diffuser notre revue "Terre d'Afrique/Messager" qui le conduisit d'abord à bicyclette, puis à mobylette, finalement en voiture à travers tout le Bas-Rhin jusqu'aux confins de la Moselle dans les quartiers de certaines villes et dans tous les villages, dont il possédait le nom de toutes les rues et le nom de tous les habitants.

Tout le monde le connaissait et il connaissait tout le monde. Vu sa jovialité et son sens de la communication il était partout cha1eureusement accueilli. À midi, il mangeait tantôt ici, tantôt là, faisant les abonnements pour notre revue et acceptant les honoraires de messe. Au cours de près de 20 ans de collaboration je n'ai jamais eu le moindre problème ou incident avec lui. Je crois que ça mérite d'être évoqué. Son souci constant de comprendre les autres, son ouverture d'esprit, sa présence apaisante, c'étaient là des qualités qui lui ouvraient partout affection, estime et amitié.

Hier même une dame me téléphonait : "En juillet dernier, il était encore chez moi pour que je lui vende des calendriers. Je lui en ai vendu 50. Il était impossible, ajoutait-elle, de ne pas aimer le Frère Albert, lorsqu'on le connaissait". Sa vie infatigable, il la nourrissait aux sources de la prière et de la messe quotidienne.

Si le départ du Frère Albert nous affecte douloureusement, le témoignage de sa vie toute faite de travail et d'amour pour les Missions Africaines nous réconforte. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus n'a jamais été en mission, elle est pourtant déclarée patronne des missions. Si le Frère Albert n'a jamais été en mission, il reste pour nous un modèle de missionnaire. Que le Seigneur daigne le prendre auprès de Lui dans sa paix et son royaume ! Cher confrère, merci pour tout ! Au revoir. À-DIEU !