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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

QUIGNON Jean né le 9 juillet 1917 à Goven
dans le diocèse de Rennes, France
membre de la SMA le 18 juillet 1937
prêtre le 24 juin 1943
décédé le 4 novembre 1993

1940-1941 prisonnier de guerre
1944-1947 Pont-Rousseau, professeur
1947-1951 Daloa, professeur, Côte-d'Ivoire 
1951-1952 Grand-Lahou (Gagnoa), Côte-d'Ivoire 
1952-1955 Pont-Rousseau, professeur
1956-1964 Grand-Lahou
1964-1971 Gagnoa, directeur de l’enseignement
1971-1977 Gagnoa, petit séminaire
1977-1985 Paris, procure
1985-1993 Montferrier, retiré

décédé à Montferrier-sur-Lez, France, le 4 novembre 1993
à l’âge de 76 ans


Le père Jean QUIGNON (1917 - 1993)

Jean Pierre Marie Quignon est né le 9 juillet 1917, à Goven, en Ille-et-Vilaine, et ondoyé le 11 juillet ; les cérémonies seront suppléées le 22 juillet. Son père, menuisier, mourra prématurément à 50 ans, et sa sœur deviendra institutrice dans l’enseignement libre. Quant à Jean, après avoir fréquenté l’école libre de Bruz, il entre au petit séminaire Notre-Dame des Missions à Pont-Rousseau. C’est là qu’il fait toutes ses études secondaires.

Admis au noviciat en 1934 à Offémont, dans l’Oise, puis à Chanly, en Belgique, il y prononce son premier serment le 18 juillet 1937. Son service militaire, qu’il fait comme E.O.R (élève officier de réserve), va le conduire à Metz, puis à Saint-Cyr, près de Versailles, du 10 novembre 1938 au 10 septembre 1939. Fait prisonnier et conduit en Allemagne, il est rapatrié, après deux mois d’hospitalisation, pour un oedème des pieds. Il rejoint alors le grand séminaire de Lyon pour ses études théologiques. Il y est ordonné prêtre le 24 juin 1943.

En octobre 1944, le père Quignon est affecté, comme professeur, au petit séminaire de Pont-Rousseau, près de Nantes. Après deux ans de professorat, il écrit au provincial : Je me plais bien dans cette sainte maison, mais je crois que je me plairais bien davantage en Afrique. Il s’intéresse beaucoup à la vie de la SMA et, en vue de l’assemblée provinciale qui se prépare, il fait plusieurs suggestions. Elles sont intéressantes, puisque certaines seront effectivement retenues et débattues, en juillet 1946, mais le ton employé n’a pas toujours l’aménité souhaitable, car le père Quignon s’emporte, parfois, assez vite.

En juin 1947, le père Boucheix l’informe qu’il est désigné pour le vicariat apostolique de Sassandra, alors sous la responsabilité de monseigneur Kirmann. A Daloa, mission importante du centre-ouest de la Côte-d’Ivoire qui deviendra, plus tard, centre d’un nouveau diocèse, il est à nouveau professeur. Il écrit à cette époque : J’avais tellement entendu parler de l’Afrique , et vu tant de projections sur ce pays, que je n’ai pas été surpris.

Les années passent, et le travail missionnaire devient de plus en plus intense. Il écrit en juillet 1950 : Mon travail de professeur va être beaucoup plus chargé. En effet, maintenant, nous groupons ici, à Daloa, tous les futurs moniteurs des vicariats de Sassandra et d’Abidjan, ainsi que ceux de la préfecture de Korhogo : 17 élèves, l’an passé, et 70, cette année. En 1951, il quitte l’enseignement et devient vicaire à Grand-Lahou.
En août 1952, alors que le père est en congé dans sa famille, il reçoit une lettre du provincial l’affectant, de nouveau, à Pont-Rousseau, comme professeur et directeur officiel de l’établissement. Il va y rester jusqu’en 1955, année au cours de laquelle il peut repartir à Grand-Lahou, mais comme curé cette fois.

Il va demeurer à ce poste durant 8 ans, malgré une sérieuse alerte de santé. En effet, à Pâques 1958, il est conduit à l’hôpital central d’Abidjan pour une périphlébite compliquée de troubles pulmonaires ; son hospitalisation va durer 42 jours. Le docteur lui impose 3 mois de repos en France. Il vient résider à Vichy, à la maison du missionnaire, pour une cure thermale. A peine remis, il sollicite un nouveau départ pour l’Afrique. Ses supérieurs, jugeant son état de santé précaire, pensent le nommer encore à Pont-Rousseau mais, finalement, il peut re-partir pour la Côte-d’Ivoire en octobre 1958 : il retrouve son poste de curé de Grand-Lahou.

En 1964, il est nommé directeur diocésain de l’enseignement catholique à Gagnoa. A ce poste sensible, il aura parfois bien des difficultés relationnelles avec ses confrères, mais il cherchera toujours, avec détermination, à faire la vérité dans le dialogue fraternel. Il assure la direction financière de l’enseignement, tout en assurant un service pastoral à Gueyo, deux fois par semaine.

En 1971, monseigneur Tekry remplace monseigneur Etrillard comme évêque de Gagnoa. Le nouvel évêque demande au père d’assurer, en plus du reste, le poste de professeur de français en classe de 5ème au séminaire. Quelques mois plus tard, il se confie : J’ai organisé ma vie ici, au séminaire, en essayant de m’en accommoder, et en appliquant le programme que je m’étais fixé à mon retour de congé, l’an passé. Lors de son congé de 1974, il a la joie de faire un pèlerinage en Turquie, sur les pas de Saint-Paul. Il en revient très heureux : C’est avec beaucoup plus d’intérêt que, désormais, je relirai les Actes des apôtres et les lettres de Saint-Paul.

Le père Quignon reste attentif à la vie de la province. Ayant appris le projet de nouvelles implantations sma, au Niger en particulier, il exprime fermement son désaccord, étant très sensible aux difficultés de plusieurs confrères devant vivre dans la solitude de leur mission. Comme toujours, il révèle son tempérament passionné, l’amour-propre à fleur de peau.

A Gagnoa, il rencontre des difficultés de relations avec l’équipe des prêtres du séminaire. Peut-être le trouve-t-on trop âgé, trop différent culturellement ? Monseigneur maintenant sa décision de l’enlever du séminaire pour l’affecter à la paroisse, le père répond que ce n’est pas possible. Il prend l’avion le 12 juin 1977, et rentre définitivement en France.

En août, le conseil provincial le nomme à la procure de Paris, où il remplace le père Lalande pour tout ce qui concerne la comptabilité. Il devient vice-supérieur de la maison. Il va rester 8 ans à ce poste, refusant, en 1981, la proposition qui lui est faite d’aller à la procure de Lille, car il souhaite enfin la stabilité à cause de la précarité de sa santé.

C’est à Montferrier qu’il fêtera le cinquantième anniversaire de son ordination sacerdotale. Le père Cardot, alors vicaire général de la SMA, lui exprimera la reconnaissance de la Société, en insistant sur les 25 années consacrées à l’enseignement en Afrique et en France : Grâce à la formation que des hommes comme vous ont assurée, des laïcs et des prêtres oeuvrent aujourd’hui au service de l’Evangile, et ils sont heureux de vivre en chrétiens, que ce soit en Afrique ou en Europe.

Le père Quignon fut rappelé à la maison du Père, le 4 novembre 1993, après 8 ans passées à la maison de retraite de Montferrier. Il avait 76 ans.