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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

COLICHET Pascal né le 19 avril 1900 à La Boussac
dans le diocèse de Rennes, France
membre de la SMA le 27 juin 1923
prêtre le 29 juin 1925
décédé le 5 novembre 1973

1925-1949 missionnaire en Côte-d'Ivoire 
1950-1952 Baudonne
1952-1956 La Croix-Valmer
1956-1973 Chaponost

décédé à Sainte-Foy, France, le 5 novembre 1973,
à l'âge de 73 ans


Le père Pascal COLICHET (1900 - 1973)

Pascal Colichet naît à La Boussac, en Ille-et-Vilaine. Issu d’une famille d’agriculteurs. il suit ses études secondaires au petit séminaire des Missions Africaines de Pont-Rousseau. Il continue à Lyon sa philosophie et sa théologie. Ces années sont entrecoupées par deux ans de service militaire dans un régiment de cavalerie. En 1922, retour au 150, à Lyon. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1925.

Cette même année, c’est le départ pour la Côte-d’Ivoire. Il rejoint la mission de Grand-Lahou, centre important avec 30 stations secondaires, de nombreux baptisés et catéchumènes. Le père s’adapte vite au pays Dida. Sous le titre Voyage en pays Dida, il donnera un compte rendu détaillé et passionnant de son ministère, de ses épreuves et de ses joies. Ses récits sont remplis de détails sur la forêt, les plantations, mais aussi sur les tournées dans les villages et la découverte de petites communautés fondées par des laïcs et des convertis.

Il sillonne le pays « Godié » qui comprend les cercles de Sassandra, de Lakota, de Grand-Lahou, de Fresco et autres lieux. Il en décrit la flore luxuriante, la faune sauvage aussi variée que multiple sur terre, dans les airs, dans les flots ainsi que le secret des plantes, les coutumes d’accueil par les villages, accueil de l’homme de Dieu au grand pagne blanc. Il décrit, avec force détails étonnants, ses marches de jour et de nuit à travers 300 km, zélé à présenter l’évangile de la Bonne Nouvelle, à semer le bon grain du semeur. Il décrit, consterné, la servitude du travail forcé imposé aux Noirs par l’administration, et les sévices cruels qu’ils subissent : travail harassant, coups de fouet, nourriture minimale, déplacements loin des villages et misères dans ces villages.

En 1930, le père rentre en congé, restaure sa santé, prêche en paroisse et retourne, rétabli, à Grand-Lahou où il se réjouit des fruits de conversions et reprend son bâton de pèlerin missionnaire dans l’immense forêt vierge, par monts et par vaux. Ses longues lettres décrivent, en détails pittoresques, ses tournées pédestres, ses joies, ses fatigues, les nombreux baptêmes, mariages, confessions, et ses voyages sur les lagunes et les fleuves. La brousse est son royaume, sa case de chaume son palais. Il en est heureux, heureux aussi de ses chers Dida qui s’ouvrent à l’Evangile.

De plus en plus de routes sont ouvertes, malheureusement grâce au travail forcé ; elles relient Grand-Lahou, Lakota, Divo, Tiassalé, Gagnoa, Abidjan. Le père, pour aller plus vite évangéliser, souhaite et sollicite une petite auto solide et économe.

En 1937, il prend son congé en France, prêche et quête. De retour, il devient le premier supérieur de Divo. En 1940, monseigneur Kirmann, premier vicaire apostolique de Sassandra, le choisit comme conseiller pour six ans.
Leurs relations deviendront difficiles et, en 1948, monseigneur Kirmann le propose au père Cossé pour Tabou. Le père Cossé conteste cette décision, pensant que ce confrère s’adaptera difficilement aux Krous, moins dociles que les Didas que le père dirigeait avec exigence. Le second point de contestation est la tenue des finances par le père Colichet qui a tendance à faire des dettes. Le projet de monseigneur Kirmann ne peut se réaliser. Le père se plaint de l’abandon où le laisse son évêque, de ses colères, alors que, depuis 24 ans, il a tant œuvré chez les Didas, sans jamais avoir été blâmé.

En 1949, il écrit au provincial un rapport très amer contre son évêque et rappelle tout ce qu’il a fait et souffert, et les fruits féconds de son apostolat : évangélisation, baptêmes, constructions, fondations, tournées incessantes et longues épreuves diverses. Son cri de douleur : Il me met à la porte des Didas sans me consulter. Il a brisé ma vie apostolique, il m’a mis à la rue. Le père, en effet, est nommé directeur des oeuvres à Daloa. Il se met pourtant au travail, parcourt les missions, depuis Daloa jusqu’à Lahou, avec la même ardeur qu’à Divo.

En octobre 1949, le père Colichet rentre en France. Il est alors nommé à Baudonne comme recruteur. En 1952, il est affecté à La Croix-Valmer comme procureur, et il y reste 4 ans. Puis, en 1956, il est nommé à la procure de Chaponost où il va demeurer 17 ans. En 1965, il célèbre ses 40 ans de sacerdoce, mais si loin de Divo ! A cette occasion, le conseil provincial l’autorise à passer deux mois de vacances chez les Didas. Il en est ravi et rejoint la Côte-d’Ivoire de son cœur.

Le 19 mars 1966, à Abidjan, il est promu officier de l’Ordre national avec les honneurs de la presse, radio, télévision. Lakota accueille Badiou, roi des Didas, avec liesse et faste. Ce qui n’était, en 1926, qu’un campement et est devenu, en 1966, une vraie cité, vivante et prospère. Le Père revient de son voyage, ému de l’accueil qu’il a reçu.

En 1970, nouveau voyage, grâce à monseigneur Etrillard, pour les 45 ans de son sacerdoce, voyage qu’il savoure en revisitant Dabou, Gagnoa et autres lieux. Il clame sa joie en 1971, lorsque son Petit Noël, son ancien vicaire, est nommé evêque de Gagnoa. Il s’agit de monseigneur Noël Kokora Tekry, de Fresco.

En 1973, sa santé se dégrade alors qu’il est toujours à Chaponost. Il est hospitalisé à Sainte-Foy et y décède le 5 novembre 1973.

Le père Badiou, un des premiers évangélisateurs des Didas, a semé à profusion la Bonne Nouvelle et, privilège rare, a pu contempler la moisson abondante, fruit de son intense passion.