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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

thomas henri né le 26 juin 1924 à Nantes
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA le 5 juillet 1949
prêtre le 9 février 1950
décédé le 16 janvier 1983

1950-1953 Duékoué (Man), Côte-d'Ivoire 
1953-1959 Guiglo (Man), Côte-d'Ivoire 
1959-1964 Rezé, procureur
1964-1966 Chaponost, économe
1966-1967 Saint-Briac (Rennes)
1967-1973 Montendre (La Rochelle)
1973-1978 Vouhé (La Rochelle)
1978-1983 Muron (La Rochelle)

décédé à Muron, France, le 16 janvier 1983
à l’âge de 59 ans

 

Le père Henri THOMAS (1924 - 1983)

Henri Thomas est né à Nantes, le 26 juin 1924. Il va suivre la filière normale des aspirants missionnaires de l’époque. Il commence ses études secondaires au petit séminaire de Pont-Rousseau en 1935, puis il entre, huit ans plus tard - nous sommes en pleine guerre - au noviciat de Martigné-Ferchaud, en Ille-et-Vilaine. Il va terminer sa deuxième année à Chanly en Belgique et, le 28 juillet 1946, il prononce le serment missionnaire qui le fait membre de la société des Missions Africaines. Après quelques mois de congé, il entre au grand séminaire de Lyon où il est ordonné prêtre le 9 février 1950.

Quelques mois plus tard, il reçoit son affectation pour la Côte d'Ivoire et plus spécialement pour le vicariat de Sassandra et la mission de Duékoué. A peine arrivé, il enterre son jeune curé de trente ans, et reçoit la responsabilité de la future mission de Guiglo où il trouve une petite église en terre et une petite sacristie de deux mètres sur six, qui devient son bureau et sa chambre : Une petite table, quelques chaises de l'église, un lit, deux caisses : voilà mon mobilier. Une timbale, une assiette plate, une fourchette, un filtre : c'est toute ma vaisselle.

Il entreprend aussitôt de construire une maisonnette et une classe, et commence à visiter les villages : Missionnaire, mon premier devoir est le souci des âmes.Or, le pays guéré, très attaché à ses coutumes ancestrales, est très difficile à toucher. Que faire, sinon essayer d'abord de se faire connaître pour être accepté et enfin, peut-être, à la longue, se faire aimer. Cinq ans après, il rentre en congé, assez fatigué. A son retour, il continue la visite de ses villages où il est maintenant connu. Mais il souffre physiquement et moralement de son isolement, fait de nombreuses crises de palu. Les problèmes s’aggravent tellement qu'en 1959, il doit rentrer pour se soigner.

Les supérieurs préfèrent alors le retenir en France et lui confient la procure de Pont-Rousseau. Le père Thomas, lui, s'inquiète de la mission qu'il a laissée là-bas et qui n'est plus visitée. Quelques mois après, il voudrait repartir en Côte d'Ivoire, même dans un autre diocèse, mais on n'est toujours pas d'accord pour qu'il y retourne. On lui promet, dans deux ans peut-être, soit la Côte d'Ivoire, soit le Dahomey.

En réalité, alors qu'il est toujours chargé de la procure de Pont-Rousseau, on lui propose l'économat du séminaire de Chaponost, près de Lyon. Il va y rester deux ans, jusqu’en 1966, avant de rejoindre la maison de Saint-Briac, dans les Côtes-du-Nord, pour y aider le père Bouvier qui est âgé et, au besoin, pour le remplacer. Au mois de juillet 1966, le père provincial, qui a donné l'autorisation au père Thomas de se mettre à la disposition d'un ordinaire de France s'il le désirait, reçoit de monseigneur Verdet, évêque de la Rochelle, une demande de renseignements. Le père Bruyas lui répond qu'il a effectivement donné au père Thomas l’autorisation de chercher un ministère en France et donne les renseignements demandés.

C'est ainsi que le père Thomas, pendant 16 ans, va se dévouer auprès de ses nouveaux paroissiens et gagner, partout où il va passer, leur sympathie et leur amitié. Il est d'abord nommé vicaire auxiliaire du curé de Montendre et réside à la Croix-Gente, où il se plait dans un presbytère au milieu des bois ; sa maman vient l’y rejoindre. Il a la charge de plusieurs paroisses et entretient d'excellentes relations avec ses paroissiens qui l'estiment et avec ses confrères prêtres. Il n'est pas oublié, non plus, des pères de Pont-Rousseau qui viennent le visiter régulièrement.

Six ans plus tard, il est nommé au doyenné de Surgères, entre Saintes et l'Ile d'Oléron. Il est administrateur de Vouhé dans la banlieue de Surgères, responsable de trois paroisses. La population est très accueillante : Tout le monde me reçoit avec un grand sourire ! Sa maman est toujours avec lui et il se plait beaucoup dans ce nouveau poste, toujours aussi accueillant envers tous.

Le 2 janvier 1975, le père Thomas fête ses 25 ans de sacerdoce en présence de l’évêque de La Rochelle, de nombreux prêtres dont cinq des Missions Africaines et d'une très nombreuses assistance. Mais il commence à avoir quelques ennuis de santé.

En 1978, le père est toujours dans le doyenné de Surgères, mais désormais chargé du secteur de Muron, plus au nord dans le diocèse. Il habite, toujours avec sa maman, un presbytère très agréable et travaille avec une équipe pastorale qui a la charge de 17 paroisses.

En septembre 1981, le père Thomas se sent très fatigué ; il souffre d'hémorragies successives.. On le fait entrer à l'hôpital pour une chimiothérapie. Il garde, malgré tout, bon moral. Les mois suivants, son état connaît une certaine amélioration qui lui permet de reprendre en charge ses paroisses. Mais il décède subitement le 16 janvier 1983.

Ses obsèques sont célébrées le 19 janvier à Muron. Il y avait foule dans la petite église, la famille d'abord, la maman restant le lien vivant entre tous, puis beaucoup d'enfants, un clergé nombreux, plus de quarante prêtres du diocèse ou de la famille des Missions Africaines regroupés autour de monseigneur Favreau, évêque de La Rochelle et Saintes et qui préside la liturgie.

Le Père Maillard, doyen de Surgères, assure le mot d’accueil et, d'entrée, donne le ton. Il dit la grande reconnaissance de tous au Seigneur pour avoir donné à chacun la grâce de rencontrer un tel apôtre sur son chemin : merci pour ton amitié, Henri. Le père Thomas était un homme sensible, aimant ses paroissiens, dévoué à l'extrême.