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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

grando jean né le 16 janvier 1881 à La Trinité-Porhoët
dans le diocèse de Vannes, France
membre de la SMA le 25 septembre 1898
prêtre le 6 juin 1903
décédé le 28 janvier 1944

1903-1908 Tanta, Egypte, professeur
1908-1915 missionnaire en Côte d’Or
1914-1918 mobilisé
1918-1929 missionnaire à la Côte du Bénin
1929-1930 Baudonne
1930-1937 missionnaire à la Côte du Bénin
1937-( ?) missionnaire au Dahomey
( ?)-1944 Marseille, soins

décédé à Marseille, France, le 28 janvier 1944,
à l’âge de 62 ans

Le père Jean GRANDO (1881 - 1944)

A Marseille, le 28 janvier 1944, retour à Dieu du père Jean Grando, à l'âge de 62 ans.

Jean Grando naquit en 1881 à la Trinité-Porhoët (Morbihan), dans le diocèse de Vannes. Il fit ses études secondaires à Pont-Rousseau et à Richelieu. En 1897, il entrait à Lyon d'où, pour échapper au service militaire, il partait pour le séminaire de Choubrah, en Egypte. Il y fit le serment en 1898 et fut ordonné prêtre en 1903.

Au séminaire, il se fit remarquer par son talent de musicien, talent qu'il ne cessa de cultiver comme moyen d'apostolat. On lui doit bon nombre de compositions, dont certaines lui valurent les félicitations des connaisseurs.

Trop jeune pour être ordonné, il avait été nommé professeur à Zeitoun, où il laissé le meilleur souvenir parmi ses élèves. Après son ordination, le père Grando fut nommé professeur à Tanta. Outre son travail de professeur, il s'occupa tout particulièrement d'un groupe d'intellectuels. Grâce à son talent de musicien, à l'aménité de son caractère, à son affabilité dans les entretiens et les discussions, à ses connaissances générales très étendues, il devint l'animateur de tout le groupe. Les questions religieuses étaient souvent abordées en ce milieu de rites et même de religions si divers.

Intransigeant sur les principes, le père Grando savait apporter tant de sérénité persuasive, de calme et de maîtrise dans les discussions parfois ardues, que souvent il entraînait l'adhésion. Beaucoup lui doivent d'avoir été introduits dans la voie qui conduit à la conversion.

Animateur entraînant à l'extérieur, il ne l'était pas moins parmi ses confrères, en mettant beaucoup de joie autour de lui.

En 1908, le père Grando est nommé en Côte-de-l'Or. C'était encore les années dures. Il se mit à étudier le "fanti" et, à l'aide de cette langue locale, enseigna l'anglais. Ses talents de musicien trouvèrent de suite à s'exercer. Il organisa des chorales et des fanfares et il y eut bientôt de vraies maîtrises. Le succès couronna ses efforts: la musique attira les païens, et mêmes les protestants, sur le chemin du catholicisme.

Mobilisé en 1914, il est dirigé sur Dakar.

En 1918, le père Grando pense rejoindre la Côte-de-l'Or, mais c'est au Nigeria que ses supérieurs l'envoient. Il débuta à Oyo, puis alla à Abeokuta aider le fameux père Coquart, missionnaire et "médecin de la cour royale". Mgr Terrien ne tarda pas à le nommer supérieur de la cathédrale de Lagos et à lui confier la direction des écoles de tout le vicariat. Le père Grando sut acquérir très vite une grande influence et de véritables amitiés parmi les membres du gouvernement et les notabilités autochtones, mêmes musulmanes.

Grand travailleur et plein de zèle, le père Grando ne s'épargnait pas et il sut mener à bien ses lourdes et diverses tâches. Conseiller écouté de son évêque, il sut mener à bien les délicates tractations qu'il lui confiait.

Très bon confrère, aimable et prévenant, il réussissait bien avec tous. Il était d'ailleurs doué d'une intelligence et d'un jugement supérieurs à la moyenne. A Lagos, ses talents de musicien et d'artiste firent aussi merveille. En 1936, le père Grando rentra en Europe par le Cap et put ainsi revoir ses anciens amis d'Egypte.

En 1937, c'est le Dahomey qui reçoit le père Grando qui prend la succession du père Colineaux à Cotonou. De nouveau, il se lança à bloc, comme il l'avait fait ailleurs; mais, un jour, brusquement, c'est l'arrêt..., le retour immédiat en France..., des soins très douloureux. Un moment, le père Grando sembla reprendre vie, mais le cancer à la gorge fut le plus fort. Dans une clinique de Marseille, le père Jean Grondo offrit sa vie pour l'Afrique.

Retenons de ce grand missionnaire sa maîtrise parfaite de soi et son amour du travail persévérant, malgré les changements dues aux circonstances.