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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

beillevaire edouard né le 28 mai 1901 à Saint-Lumine-de-Coutais
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA le 30 juillet 1922
prêtre le 11 juillet 1926
décédé le 30 janvier 1981

1926-1927 Pont-Rousseau, puis Baudonne, professeur
1927-1932 Ouidah, Dahomey, professeur aux petit et
grand séminaires
1932-1933 Pont-Rousseau, professeur d'histoire et géographie
1933-1978 missionnaire au Dahomey, Bénin
Calavi, Ouidah (professeur de morale), 
Zagnanado, Ouidah, Tori, Ouédo
1978-1980 Chalmalières puis Montferrier, retiré

décédé à Montferrier-sur-Lez, France, le 30 janvier 1981,
à l’âge de 80 ans

Le père Edouard BEILLEVAIRE (1901 - 1981)

Le 28 mars 1901, Edouard Beillevaire naît à Saint-Lumine-de-Coutais, dans le diocèse de Nantes en Loire-Atlantique, de Jean-Marie et de Marie Gouy. Après ses études primaires, il entre en 1917 au petit séminaire de Pont-Rousseau où, à la suite d'une longue maladie suivie d’une opération, il a bien de la difficulté à faire ses études.

On signale son bon caractère, sa grande bonne volonté mais aussi, sans doute à cause de sa mauvaise santé, son caractère hésitant, craintif, peu porté à l'action. Il termine cependant ses études et entre à Chanly le 1er octobre 1920 où il prononce son serment le 30 juillet 1922. Puis il entre au grand séminaire de Lyon où il est ordonné prêtre le 11 juillet 1926.

Deux mois plus tard, le père Beillevaire est envoyé au petit séminaire de Pont-Rousseau comme surveillant d'études mais, ne montrant pas assez d'autorité auprès des élèves, on lui demande, après quelques mois seulement de présence, de rejoindre le séminaire de Baudonne. On lui confie également un poste de surveillant et il donnera, cette fois-ci, entière satisfaction.

En 1927, il est affecté au Dahomey. Il rejoint le petit séminaire Sainte-Jeanne d'Arc à Ouidah. On lui confie les élèves de troisième. Il assure également des cours de droit canon et de liturgie au grand séminaire voisin. Pendant ses temps libres, le père Beillevaire se met à l’étude de la langue, si bien qu'on lui confie quelques stations voisines du séminaire : Kokokodji, Savi, Pahou, Dékanmè.

Au mois d'août 1932, fatigué, il rentre en congé. Le père Parisot avait pensé à lui faire prendre des cours de droit canon, ce qu'aurait aimé le père Beillevaire. Mais il est nommé professeur d'histoire et de géographie à Pont-Rousseau.

En novembre 1933, il retrouve son pays d’adoption. Il va y demeurer désormais pendant 45 ans. On lui demande de rejoindre d’abord Calavi. Il visite régulièrement les villages malgré des chemins impossibles, souvent impraticables à la saison des pluies. Il visite aussi les villages lacustres autour du lac Nokoué dont l'évangélisation est à peine commencée. Il parle de son église de Calavi qu'il a dû faire agrandir et des six ou sept chapelles qu'en 1937 il a déjà fait construire. Il parle des chrétientés ferventes auxquelles il s'est très attaché, comme il s'est attaché à cette mission de Calavi qu'il regrettera toujours.

En 1939, à cause du départ des pères mobilisés, il est affecté au séminaire de Ouidah où il enseigne le français et la théologie morale puis, en 1940, il devient pendant trois ans curé d'Athiémé. En 1943, il est curé de Zagnanado où il fonde et dirige l'école des catéchistes qu'il dote d'un règlement et d'un programme, dont le but était de former à la sagesse, à la discipline, au zèle et au bon esprit.

En 1947, après un nouveau congé assez pénible pour lui parce qu'il a dû quitter ses parents très âgés qu'il pense ne plus jamais revoir, il revient à Ouidah comme curé de la paroisse où réside aussi monseigneur Steinmetz. Assez dépressif, il demande à partir dans le nord du Dahomey avec monseigneur Faroud. Cela n’aura pas de suite. Il demeure à Ouidah et se dépense sans compter auprès des plus pauvres, des vieillards et des malades sans oublier de visiter une dizaine de stations secondaires.

De novembre 1952 à février 1958, il est responsable de Comé sur les bords du lac Ahémé. Il va y vivre pauvrement : Je n'ai pas peur de la pauvreté, dira-t-il, et j'ai demandé la mission la plus pauvre. Il habite, en effet, dans une humble bâtisse qui sert aussi de chapelle. Il crée des écoles qui sont florissantes. Il vieillit, blanchit peu à peu et, pourtant, les gens me réclament : il me faudrait des catéchistes.

D'octobre 1958 à décembre 1959, il est nommé successivement à Saint-Michel de Cotonou, à Zagnanado et à Sokponta. Il se plaint d'ailleurs de ces nombreux changements. Puis, en janvier 1960, il est envoyé à Tori qu'il a déjà connu dans les années 1950. Il devient donc responsable d'une région visitée autrefois par les pères du séminaire de Ouidah et dont on lui demande d'être le premier curé. On lui a construit un presbytère mais il le trouve trop beau pour lui. Il préfère y loger ses ouvriers et loger lui-même dans une case plus modeste où il trouve la pauvreté de Bethléem.

En 1969, il revient au Dahomey après son huitième congé. D’abord prêtre habitué à Ouidah où il visite les vieillards, les malades, il est chargé, en 1970, de fonder la paroisse de Ouédo où il restera jusqu'en 1978. C'est une station autrefois visitée par les pères de Calavi mais, dit-il, la plus difficile des stations qu'il a connues, car il faut tout y reprendre à zéro. Avec son vélomoteur, il circule beaucoup, ouvre de nouvelles stations. C'est à Ouédo qu'il célèbre ses noces d'or et ses 50 ans de présence au Dahomey. Il est très touché par les marques de sympathie et d'affection qui arrivent de partout.

Le père a vieilli ; fatigué, il a de la peine à envisager son retour définitif en France. En termes délicats, le père Desbois, régional, lui fera comprendre que le moment est venu. Le 4 juin 1978, le père rentre donc définitivement et il se rend pour un an à Chamalières. En mai 1979, il accepte d'aller à Montferrier. C’est là qu’il décède le 30 janvier 1981.

C'était un saint prêtre et sa manière de vivre a éveillé chez de nombreux jeunes le désir d'être prêtre. C'était un homme de bon sens qui a insisté sur la formation des responsables laïcs, la formation du clergé, l'allègement des structures paroissiales. Il était d'un dévouement sans bornes, son seul souci restant son service des autres. C'était enfin un pauvre qui a su toujours réduire ses besoins au strict minimum. Le père Beillevaire ne se présente pas les mains vides devant le Seigneur.(Père Fénéon)