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Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

koeltz aloyse né le 18 juin 1907 à Niederlauterbach
dans le diocèse de Strasbourg, France
membre de la SMA le 27 juillet 1927
prêtre le 3 janvier 1932
décédé le 31 janvier 1977

1932-1936 Haguenau, professeur
dessert Walbourg
1936-1959 missionnaire au Togo
1959-1968 Haguenau, directeur et professeur
1969-1977 Strasbourg, centre de traumatologie, aumônier

décédé à Wissembourg, France, le 31 janvier 1977,
à l'âge de 70 ans

Le père Aloyse KŒLTZ (1907 - 1977)

Aloyse Kœltz est né à Niederlauterbach, le 18 juin 1907. Son père était employé-ouvrier aux Chemins de Fer et il exploitait en même temps une petite ferme. Aloyse fut le 4e d’une famille de 8 enfants, 5 garçons et 3 filles. À l’âge de 13 ans, il entra à l’école apostolique des Missions Africaines à Andlau. C’était le 30 avril 1920. À cette époque, la maison de Saint-Pierre venait d’être ouverte et quelques élèves y étaient déjà entrés. Un peu plus tard, le 17 juin, la mise en place de l’ameublement ayant progressé dans la maison, une deuxième section de la classe de 6e, dont faisait partie Aloyse, vint d’Andlau à Saint-Pierre.

Ce n’était pas encore le grand confort. Du moins l’éclairage électrique avait été rétabli et un réfectoire avait été aménagé dans la cave : on avait blanchi les murs et meublé la salle avec 8 grandes tables et 8 bancs arrivés de Saint-Charles comme cadeau de la Supérieure de la Toussaint. Le trimestre scolaire se prolongea, parce que les enfants avaient consacré beaucoup de temps aux travaux d’installation : les études se terminèrent le 13 août seulement avec un examen, et le départ en vacances eut lieu le 14 août.

Comme bien l’on pense, ces premières semaines passées loin du pays natal, n’allèrent pas sans un peu de mal du pays. Cependant Aloyse fut fidèlement présent à la rentrée du 5 octobre 1920 à Saint-Pierre. L’année suivante, il poursuivit ses études secondaires à Bischwiller. Les humanités achevées, en 1925, il entra à Chanly pour deux ans de noviciat, à la fin duquel il fit le serment s.m.a., le 27 juillet 1927. Il entra ensuite au grand séminaire s.m.a. de Lyon pour ses études théologiques qu’il acheva en 1932. Il avait entre-temps accompli, en 1927-1929, dix-huit mois de service militaire au Maroc. Pendant la dernière année de séminaire, en 1931-1932, il avait suivi des cours de théologie aux Facultés Catholiques de Lyon et il obtint la Licence en Théologie. Il fut ordonné prêtre le 3 janvier 1932 par Mgr Moury.

À la rentrée scolaire de 1932, le Père Kœltz fut accepté à l’école apostolique de Haguenau, comme professeur de 4e. L’année suivante, il prit la classe de 3e, dont il eut la charge pendant 3 ans. Il était en même temps vicaire de dimanche à Walbourg. En 1936, il reçut une affectation pour la Mission du Togo et il prit le bateau pour Lomé le 29 septembre 1936.

Au Togo, il fut d’abord quelque temps à Tsévié pour se former, sous la direction du Père Bardol, à la pastorale missionnaire, pour apprendre la langue du pays, étudier les coutumes et la mentalité du milieu africain. Il fut ensuite, jusqu’en 1944, vicaire à la mission de la cathédrale à Lomé, puis supérieur de cette même mission jusqu’à son premier congé en Europe, en février 1946. À son retour, en juin 1947, il reprit ses fonctions de supérieur (ou plus exactement quasi-curé à la quasi-cathédrale), jusqu’à son deuxième congé, en avril 1953.

C’est donc principalement au service de la mission de Lomé que le Père travailla de 1936 à 1953. Il y avait eu une alerte lorsque, le 2 septembre 1939, il fut mobilisé et posté comme tel à Ouidah. Heureusement ce fut pour peu de temps : en novembre 1939, il put comme missionnaire, revenir au Togo. Toujours, aussi bien comme vicaire que comme curé, il déploya à Lomé une grande activité apostolique. Il fut le bon pasteur, bienveillant et charitable en toute circonstance, surtout à l’égard des humbles et des petits. Il s’occupa des œuvres sociales, des œuvres de jeunesse, des écoles, avec un grand savoir-faire. On appréciait son caractère sérieux et mesuré, ses manières empreintes de bonté, de courtoisie, de cordialité. Ce fut pourtant une époque particulièrement dure pour les missions, à cause de la guerre mondiale qui sévissait.

Malgré tout, il y avait des embellies. Il faut mentionner au moins le cinquantenaire de la mission catholique. Il fut commémoré à Lomé par des fêtes qui débutèrent le soir du 29 août 1942, par une retraite aux flambeaux et un défilé en ville et qui durèrent une semaine, du 30 août au 6 septembre. Les premiers missionnaires catholiques S.V.D. avaient débarqué à Lomé cinquante ans auparavant, exactement le 27 août 1892. Le Père Kœltz, vicaire à la pro-cathédrale, prit une part active aux célébrations de ce jubilé. En particulier, le 4 septembre, journée des familles chrétiennes, il fit le sermon sur l’Œuvre de la Propagation de la Foi.

Mgr Cessou, en 1940, avait établi cette œuvre dans le Vicariat. La mission de Lomé, écrivait-il, avait reçu depuis 1892, de l’Œuvre de la Propagation de la Foi, les allocations annuelles qui lui permirent de vivre et de se développer, et elle avait profité des prières faites pour elle par les associés de l’Œuvre. Il était donc juste, ajoutait-il, qu’à leur tour, tous les chrétiens du Togo deviennent membres de la Propagation de la Foi et aident par leurs prières et leurs aumônes l’Église leur Mère dans l’œuvre de l’évangélisation des pays encore païens. En mars 1942, le Vicaire Apostolique avait nommé le Père Kœltz directeur de la Propagation de la Foi au Togo et c’est en cette qualité que le Père présenta l’Œuvre au cours des fêtes solennelles du cinquantenaire. Ajoutons que, ayant organisé cette œuvre, il arriva dès le début à de très beaux résultats.

Avec toutes les activités paroissiales exigées pour l’administration de la paroisse de la cathédrale, s’imposa, avec le temps, la nécessité de fonder une nouvelle paroisse. Il s’agissait d’un quartier de Lomé, le quartier de Nyékonakpoé, qui avait été naguère un petit village à 2 km du centre-ville, mais que des constructions successives avaient fini par réunir à l’agglomération urbaine. Au retour de son deuxième congé, en avril 1954, le Père Kœltz fonda effectivement la paroisse de Nyékonakpoé, dédiée à Marie Immaculée, et il en fut le premier curé.

C’était encore une rude tâche. Mgr Lingenheim a bien caractérisé la situation en écrivant : On ne peut pas dire que rien n’existait, mais il faut dire que presque tout était à faire. Le Père Kœltz, qui avait une grande puissance de travail, s’y dévoua entièrement. Il fut aidé dans son labeur par des chrétiens zélés, les catéchistes surtout et les instituteurs, dont il savait apprécier la collaboration. Il estima aussi grandement l’aide précieuse des Sœurs de la Providence de Saint-André de Peltre ; arrivées à Lomé le 24 septembre 1954, ces Religieuses virent s’occuper à Nyékonakpoé de l’éducation des jeunes filles.

Des bâtiments scolaires furent construits sur le territoire de la nouvelle paroisse. Il n’y avait pas encore d’église. Les offices liturgiques furent célébrés dans les salles de classe. C’est là que fut commémoré le jubilé d’argent sacerdotal du Père Kœltz, le 20 janvier 1957 ; la fête fut présidée par Mgr Strebler. Lorsque, en 1959, le Père fut appelé par ses supérieurs à d’autres fonctions, il n’avait pas pu encore construire l’église : il réunissait des matériaux, mais c’est seulement en 1960 que l’on commença la construction ; la fête de Marie Immaculée fut célébrée pour la première fois le 8 décembre 1962 dans la nouvelle église achevée.

Le Père Kœltz rentra en Europe le 20 avril 1959. En automne 1959, le séminaire Saint-Augustin de la Province de l’Est, après une interruption de plus de 15 ans, rouvrait ses portes à Saint-Pierre. Le Père Kœltz en était nommé directeur et il y devenait professeur de théologie morale. Il exerça ces charges jusqu’en 1968, date à laquelle les séminaristes vinrent suivre les cours à la Faculté de théologie catholique de Strasbourg. De 1959 à 1966, il fut en outre vicaire de dimanche à Obernai. En 1968-1969 il résida encore à Saint-Pierre.

Le 25 juillet 1969, il devint aumônier au Centre de Traumatologie du Boulevard Clemenceau à Strasbourg. Il occupa ce poste jusqu’à sa mort. Il mourut le 31 janvier 1977, à l’hôpital de Wissembourg. Il fut inhumé au cimetière de Niederlauterbach. Mgr Lingenheim présida la messe concélébrée des funérailles à l’église paroissiale de Nierderlauterbach et le Père Eschlimann prononça l’homélie.

Mgr Lingenheim a consacré une notice très intéressante au Père Kœltz, qui avait été son condisciple depuis Andlau et qui fut vicaire avec lui à Lomé. On pourra lire cette notice dans le n° 121, juillet 1977, de Ralliement, p. 8-15.