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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

Floch Francois Marie né le 27 juin 1914 à Plouguerneau (Finistère)
dans le diocèse de Quimper
membre de la SMA le 10 avril 1939
serment perpétuel le 10 avril 1945
décédé le 16 février 2006 

1936-1939 Le Rozay, imprimerie
1939-1945 Lyon 150, imprimerie
1945-1960 Lomé, Togo, école professionnelle
1961-1963 Lyon 150, imprimerie
1963-1967 Natitingou, Bénin
1967-1995 Lyon 150, imprimerie
1995-2006 Montferrier, retiré

décédé à Montferrier-sur-Lez, France, le 16 février 2006
à l’âge de 91 ans


Le frère François-Marie FLOCH (1914 - 2006)

François-Marie Floch est né le 27 juin 1914, à Plouguerneau, dans le Finistère et le diocèse de Quimper. Il est baptisé le jour même de sa naissance. Ses parents sont agriculteurs, et François aura 1 frère et 2 sœurs. Après ses études primaires à Plouguerneau, il suit une formation d’imprimeur, puis il travaille à l’imprimerie de la presse libérale et au Courrier du Finistère de juin 1929 à juin 1936. Il donne entière satisfaction pour son travail et sa conduite. Le directeur de l’imprimerie lui délivrera le certificat suivant : Il a été un exemple pour ses compagnons, un apôtre, estimé de tous et écouté, parce que excellent camarade et d’une valeur professionnelle reconnue.

A 22 ans, il ressent l’appel à devenir missionnaire. Il est admis à la maison de formation du Rozay, dans la banlieue de Lyon : il y arrive le 8 octobre 1936. Il va y rester jusqu’en 1939, travaillant à l’imprimerie, tout en faisant son noviciat. A la fin de sa formation, on note dans son dossier : Ses relations sont très bonnes avec tous ; bon caractère, pieux ; mais atteint d’une surdité précoce… On sent dans son comportement qu’il a déjà une expérience de la vie, et qu’il a du se battre dans son milieu professionnel. Le 10 avril 1939, il prononce son serment, qui le fait membre des Missions Africaines.

Dès son engagement, il est nommé à l’imprimerie du "150", à Lyon. Il y reste durant toutes les années de guerre. En effet, réformé à l’âge de 20 ans, il ne sera pas mobilisé, sans doute à cause de sa surdité. Assez vite, il exprime son désir de partir en Afrique. Il se dit prêt à mettre ses connaissances d’imprimeur au service de l’Afrique, ou encore à travailler auprès des lépreux.

C’est en novembre 1944 qu’il reçoit sa nomination pour l’école professionnelle de Lomé, au Togo. Il doit remplacer, à l’imprimerie, le frère Canisius. C’est là qu’il prononce son serment perpétuel, le 10 avril 1945, avec comme témoin, le père Antonin Bruyas, qui est, à cette époque, visiteur au Dahomey. Il va rester 14 ans à ce poste, se donnant totalement à la tâche qui lui est confiée, une tâche qui deviendra peu à peu trop lourde pour lui. Quand il quitte Lomé en 1960, monseigneur Strebler le remercie pour sa collaboration et son travail, car il a porté seul, pendant 14 ans, le fardeau de ce grand atelier de l’imprimerie. Comme les Missions Africaines n’ont plus personne pour assurer ce service à l’avenir, monseigneur Strebler, archevêque de Lomé, a fait appel aux sœurs de Saint-Augustin, une congrégation suisse, spécialisée dans l’impression. Ce sont elles qui vont prendre la succession du frère François.

Il rejoint alors l’imprimerie du 150 qu’il connaît bien. Trois ans plus tard, en 1963, il est mis à la disposition de monseigneur Chopard-Lallier qui le nomme à Natitingou. Il va travailler avec le bon père Matthieu, comme il dit, et le père Le Roux.
En 1967, il revient à Lyon, et se retrouve, de nouveau, à l’imprimerie, en remplacement du frère Paul Bagory. Il va y travailler pendant 28 ans, en collaboration avec le frère Joseph Laska. Tous les deux forment une belle équipe d’imprimeurs compétents. Ils réalisent des travaux pour la province en éditant, chaque année, le calendrier, mais aussi des revues comme l’Echo, l’Almanach noir, l’encart des Missions Africaines, puis l’Appel de l’Afrique. Des commandes arrivent également d’Afrique pour les besoins des écoles et de la catéchèse.

Le frère François ne ménage pas sa peine, et tout le monde apprécie sa présence discrète, mais efficace. Car, en plus de son travail d’imprimeur, il se rend disponible pour préparer l’expédition des cantines dans les sous-sols du "150". Il reste également prêt pour s’occuper du chauffage, ou sortir les poubelles, très tôt le matin. Ce sont de petites choses, mais qui sont de vrais services dans une communauté.

En 1995, le Conseil provincial lui demande de rejoindre la maison de retraite de Montferrier. Il accepte avec un peu de crainte. Il va très vite s’y trouver à l’aise. Il reste un homme disponible, très heureux d’être sollicité pour aller faire les pluches à la cuisine, comme il aimait dire en souriant. Il va y passer de très bonnes années, regrettant simplement d’y être venu si tard, ne cessant de faire l’éloge du personnel de la maison, pour sa gentillesse et son dévouement.

Les dernières années de sa vie, il n’entendait plus rien, mais il avait admis son handicap et, jusqu’aux derniers jours, il restera un homme heureux, au visage rayonnant de bonté. Lui qui n’aimait pas que l’on fasse beaucoup de bruit autour de sa personne, il s’en est allé vers le Seigneur le 16 février 2006, à l’âge de 91 ans. Pendant 54 ans, il aura mis ses compétences d’imprimeur au service des Missions Africaines. Ce fut sa manière de servir la Mission et de réaliser sa vocation.