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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

CASSARD Andre né le 2 janvier 1913 à Nantes
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA le 5 janvier 1938
prêtre le 2 juillet 1939
décédé le 11 mars 2001

1941 - 1945 Curé de Sassandra (Côte-d'Ivoire)

1945 - 1947 Vicaire, puis curé à Tabou (Côte-d'Ivoire)
1947 - 1948 Professeur à Ave (Belgique)
1948 - 1951 Econome et procureur à Chamalières
1951 - 1961 En paroisse dans le sud du Togo (Kpalimé, 
Atakpamé, Assahoun, Vogan)
1961 - 1971 En paroisse dans le sud du Bénin
(Agoué, Ouidah, Lobogo, Sé, Akpakpa)
1971 - 1981 Bibliothécaire à Lyon-150 et aumônier
1982 - 1984 Aumônier à Menton chez les Sœurs
Missionnaires du Sacré-Coeur
1984 - 2001 Retiré à Montferrier-sur-Lez

Décédé à Montferrier-sur-Lez, France, le 11 mars 2001
à l’âge de 88 ans


Le père André CASSARD (1913 - 2001)

André Cassard est né le 2 janvier 1913 à Nantes, dans une famille de onze enfants. Deux de ses sœurs seront bénédictines, et un de ses frères restera longtemps curé de Boussay. Il fait ses études primaires à l'école paroissiale de Saint-Jacques. Il commence ses études secondaires au petit séminaire diocésain de Guérande (1925-1928), puis des Couëts (1928-1929).

Il demande alors à entrer aux Missions Africaines. Il termine ses études secondaires à Offémont (1929-1931). Il entre à Chanly, en 1931, pour y faire le noviciat et la philosophie. Mais, deux mois plus tard, il doit retourner chez lui, pour se soigner d'une grave crise de rhumatisme. Les médecins lui annoncent même qu'il doit renoncer à l'espoir d'aller voir la côte de Guinée. Il ne me reste qu'à rentrer au grand séminaire du diocèse, disent les médecins, écrit-il le 7 février 1932. C'est dans ce grand séminaire du diocèse de Nantes qu'il fait sa philosophie (1932-1934) et commence sa théologie (1934-1935). Arrive le temps du service militaire : J'ai demandé l'Afrique du Nord pour me rendre compte de mes capacités, écrit-il d'Alger, le 16 janvier 1936, où il sert au 9ème régiment de zouaves (1935-avril 1936). Il continue : Ma santé s'est maintenue excellente toute l'année. Une fois libéré, il se rend au grand séminaire des Missions Africaines, en mai 1936, pour y continuer sa théologie. Là, il prononce son premier serment temporaire, le 5 janvier 1938. Il est ordonné diacre le 4 mars 1939, prêtre le 2 juillet 1939. La guerre est déclarée : il est mobilisé en septembre 1939, fait prisonnier, puis libéré en 1940.

Il est alors affecté au vicariat apostolique de Sassandra qui vient d'être créé en Côte d'Ivoire. Il y part le 24 décembre 1941. Monseigneur Kirmann le nomme à la mission de Sassandra. Le 15 mars 1943, il est mobilisé et envoyé à Bouaké. Rendu à la vie civile fin 1945, il est alors affecté à Tabou. Mais son caractère trop absolu lui crée quelques difficultés avec ses paroissiens. Il est rappelé en France.

Le père Cassard est alors nommé à Ave, en Belgique, où il est chargé, en 1947, d'enseigner une classe de 4ème. Il n'a qu'un désir, celui de repartir en Afrique. Et il l'exprime fréquemment au Conseil provincial : Je crois le moment venu de vous demander à repartir en mission. Vous savez que c'est mon plus grand désir (lettre du 30 mars 1948). En septembre 1948, nous le trouvons économe et procureur à Chamalières.

Le 21 juin 1951, il est mis à la disposition du père Kern, provincial de l'Est, qui l'envoie au Togo, dans le vicariat apostolique de Lomé, alors dirigé par monseigneur Strebler. Il va travailler dans quatre missions : Kpalimé, Atakpamé, Assahoun, Vogan. Son caractère difficile l’oblige à changer souvent de poste. Il rentre en France en 1960, dans l'attente d'une nouvelle affectation.

Le père Cassard parle un peu la langue guin-mina, également utilisée à Agoué au Dahomey, paroisse pour laquelle on cherche un prêtre. C'est la chance du père Cassard qui se voit affecté à cette mission en 1961. En 1962-1963, il enseigne, au petit séminaire de Ouidah, comme professeur de 5ème. De 1963 à 1966, il est curé à Lobogo et Sé. De 1966 à 1968, il travaille au centre catéchétique de Ouidah. De 1968 à 1971, il est vicaire à Akpakpa.

En 1971, il revient en congé en France et accepte d'y rester. Mais il connaît son caractère, et précise : Je crois que ce serait une catastrophe de me donner une quelconque responsabilité commune à l'heure actuelle (lettre du 20 juillet 1971). Le 15 octobre 1971, le Conseil provincial le nomme à Lyon, au 150, pour s'occuper de la mise en ordre des documents historiques de la Province. Dans une lettre du 14 novembre 1973, il reconnaît : Je suis heureux qu'on considère enfin le problème des archives et des bibliothèques comme quelque chose de sérieux. Je prépare un lectionnaire des dimanches et fêtes pour l'Afrique. Je suis en relation avec la commission épiscopale de l'Afrique de l'Ouest. En Afrique, ses traductions sont appréciées. Le père Dujarier, écrit de Cotonou le 17 septembre 1974 : Je suis satisfait du travail de traduction que j'ai demandé au père Cassard. La révision de la Bonne Nouvelle de Jésus est achevée et imprimée. C'est d'ailleurs très bon, et nous nous en réjouissons. La suite de ce travail pour les Actes des Apôtres est sous presse à Lomé.

Le Conseil provincial reçoit souvent du courrier du père Cassard et prend le temps de l’écouter. Celui-ci le reconnaît dans une lettre du 24 septembre 1974 : Je voudrais vous remercier de m'avoir longuement écouté à Nantes. Je suis même gêné d'avoir tant pris sur votre temps pour vous occuper de moi. Une nomination du 7 décembre 1974 le maintient à Lyon comme bibliothécaire. Il y reste jusqu'en 1981.

Le 8 juillet 1981, le Conseil provincial le nomme à la maison de retraite de Montferrier en lui laissant le soin de trouver des occupations à sa convenance : bibliothèque, aide aux confrères handicapés, services dans les paroisses des environs. Le travail ne manque pas pour celui qui désire se rendre utile. Car il se sent encore bien valide, et il ne manque pas de zèle apostolique.

Le poste d'aumônier des sœurs catéchistes de Menton se trouve libre. Le Conseil provincial y nomme le père Cassard à compter du 3 décembre 1982. Il y sert pendant deux ans. En octobre 1984, il retrouve Montferrier. C'est là qu'il vit ses dernières années, retrouvant peu à peu le calme intérieur. Un infarctus l'emporte, le 11 mars 2001, alors qu'il se trouvait aux urgences à Montpellier.

Dans l'homélie de la messe de ses funérailles, le père Domas dira, avec une pointe d'humour : Il pratiquait à la lettre, dirions-nous, les conseils de Paul à Timothée : 'insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, fais œuvre de prédicateur de l'Evangile'. Puis, plus sérieusement : Sous une écorce parfois un peu rude, il avait le cœur bon et généreux.