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Société des Missions Africaines - Province de Lyon

GROS Georges né le 16 juin 1913 à Saint-Claude
dans le diocèse de Saint-Claude, France
membre de la SMA le 4 juillet 1936
prêtre le 6 janvier 1938
décédé le 20 mars 2000

1938-1942 Porto-Novo, Bénin

1942-1947 Sakété (Porto-Novo), fondateur
1948-1952 Kétou et Savalou (Porto-Novo
1952-1955 France, repos
1955-1959 Kahemba (Kikwit), RDC
1960-1963 La Croix-Valmer, procureur
1963-1973 Marseille, procureur
1973-1978 La Croix-Valmer, procureur
1978-1979 La Croix-Valmer, retiré
1979-2000 Montferrier, retiré

décédé à Montferrier-sur-Lez, France, le 20 mars 2000
à l’âge de 86 ans



Le père Georges GROS (1913 - 2000)

Georges Gros est né le 16 juin 1913 à Saint-Claude, dans le Jura. Il suit ses études secondaires dans différents établissements de son diocèse : la maîtrise de Saint-Claude, le petit séminaire de Notre-Dame de Vaux et l’institution Saint-Gildas de Charlieu. En 1931, il entre au séminaire Saint-Joseph de Francheville pour y faire ses études de philosophie. C’est là qu’il s’intéresse aux Missions Africaines : il rejoint alors le 150, en octobre 1933. Accueilli comme membre de la SMA le 4 juillet 1936, il est ordonné prêtre, le 6 janvier 1938.

Le 15 octobre de la même année, il part pour le Dahomey où il vient d’être nommé. Affecté à Porto-Novo, il devient vicaire à la paroisse Notre-Dame. Il s’occupe en même temps de la station de Sakété, en pays yoruba, qu’il visite régulièrement. En 1942, les sœurs de Notre-Dame des apôtres décident d’installer à Sakété leur noviciat pour les sœurs africaines. Monseigneur Parisot érige alors cette station en paroisse et le père Gros en devient le premier curé. Il exerce son ministère avec beaucoup de zèle, un zèle énergique, puisqu’on lui donna le surnom de itara gbigbona ; en yoruba, itara veut dire chaud. Très soigneux et très méticuleux, le père connaissait tous ses fidèles et la situation de chacun.

En 1948, le père est nommé à Kétou. Deux ans plus tard, on lui demande d’aller remplacer à Dassa un confrère malade, le père Corbeau. C’est de là qu’il va desservir la mission de Savalou, avant de s’y installer rapidement. Il fait cette constatation : Les écoliers quittent le pays ; les jeunes gens partent pour essayer de gagner de l’argent. Pour lui aussi, la vie est dure, la nourriture frugale, les routes difficiles. En 1952, fatigué et malade, il doit rentrer en France pour un temps de repos.

Revenu à Kétou, pour quelques mois, en 1954, le père Gros est nommé dans le diocèse de Kikwit au Congo-Kinshasa. Il est le premier confrère français à rejoindre, au Congo, les confrères belges. Lors de son jubilé d’argent, le père provincial le remerciera : Votre exemple, mon père, a été suivi puisque beaucoup d’autres français sont partis collaborer avec nos confrères belges. Il exerce son ministère pendant 4 ans à Kahemba, au sud du diocèse, dans une région proche de l’Angola.

En 1959, sa vie missionnaire en Afrique s’achève. Il pense que le Seigneur l’attend sur un autre chemin : celui du silence et de la prière. Il veut servir la Mission dans un monastère. Pendant quelques mois, il fait un essai à la Trappe des Dombes. Malheureusement, à cause de sa santé, il doit renoncer et c’est une dure épreuve pour lui.

Il revient donc aux Missions Africaines et, pendant 20 ans, il va rendre service comme procureur. Après 3 années à La Croix-Valmer, il est nommé à Marseille Très actif, il s’occupe de la maison : ménage, cuisine, vaisselle, lessive et réalise un grand travail de bureau et d’administration avec les services de la Correspondance maritime. Beaucoup de confrères, embarquant pour l’Afrique, profiteront de ses services et de son accueil, mais seront quelquefois désarmés par son silence. Il s’en excusera plus tard en disant : J’adore la solitude et j’ai horreur des vaines conversations, n’étant pas moi-même capable de soutenir de longues et sérieuses discussions. Lorsqu’il quitte Marseille en 1973, il écrit : J’abandonne la charge qui m’a été confiée en 1963 et que j’ai essayé, sans y réussir toujours, de remplir de mon mieux, en y consacrant toutes mes forces et tout mon cœur.

Il rejoint, de nouveau, la maison de La Croix-Valmer où il exerce encore la fonction de procureur. Le père provincial lui écrit à cette occasion : Nous comptons sur votre entrain pour contribuer à faire régner la joie dans cette maison. Selon votre désir, vous continuerez à vous occuper, à Grasse, de l’expédition de colis aux lépreux. Au cours de cette période, il accepte d’être un des relais du supérieur des confrères en Europe.

Les ennuis de santé continuent, qui vont l’obliger à prendre sa retraite en 1978, à La Croix-Valmer d’abord, puis à Montferrier-sur-Lez à partir de 1979. Jusqu’au bout, il fera preuve de beaucoup de courage et de ténacité, luttant contre la maladie pour ne pas devenir trop vite dépendant. Tant que ses doigts fonctionneront, il sera un fidèle de l’ergothérapie et s’adonnera à des travaux de tapisserie. Quand il ne pourra plus se servir de ses doigts, il écoutera beaucoup de musique, ce qui était une de ses passions. Jusqu’au bout, il gardera le sens de l’humour. Il meurt le 20 mars 2000, après 21 ans de présence à Montferrier.

Il aimait beaucoup écrire à ses amis. Jusqu’en 1995, avant que son hémiplégie ne l’en empêche, il répondit très fidèlement aux vœux annuels du Conseil provincial. Plusieurs fois, dans ses lettres, il revient sur la patience, cette provision de voyage du missionnaire, selon les mots de monseigneur de Marion Brésillac. Il souffre d’en avoir trop peu et il écrit, par exemple, en 1976 : Si le Seigneur mettait dans mon cœur un peu plus de patience, je serai comblé. Il lui en faudra beaucoup, à la fin de sa vie, pour accepter son handicap. Il restera, jusqu’à la fin, un homme de sérénité et de paix, comme le dit une de ses dernières lettres : Si mes yeux s’en vont doucement et sans bruit, du moins, et c’est là l’essentiel, le cœur demeure dans la lumière et dans la joie… en attendant mieux.