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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

   Le Père Adolphe LEJEUNE
né le 26 janvier 1921 à Arville
dans le diocèse de Namur, Belgique
membre de la SMA le 20 octobre 1940
prêtre le 19 mars 1944
décédé le 9 décembre 1986
 

1944-1945 Allemagne, prisonnier politique
1945-1950 missionnaire en Côte-d'Ivoire,
Divo, Daloa, Lakota
1950-1952 Chanly
1952-1956 missionnaire au Zaïre, Kahemba
1956-1958 Chanly
1958-1965 missionnaire en Côte-d'Ivoire, Man, Sinfra, Issia
1965-1966 repos en famille
1967-1979 Baudonne, procure
1979-1986 Montferrier, retiré

décédé à Montferrier, France, le 9 décembre 1986,
à l'âge de 65 ans

Le père Adolphe LEJEUNE (1921 - 1986)

Adolphe Lejeune est né à Arville en Belgique, au diocèse de Namur, le 26 janvier 1921 de parents agriculteurs. Il est confirmé à Saint-Hubert le 28 mai 1934. Voulant devenir missionnaire, il s’oriente vers les Missions Africaines et fait ses études secondaires à l’école apostolique d’Ave. Ensuite, il fait sa philosophie au cours de ses deux années de noviciat, d’abord à Chanly en septembre 1938.

A cause de la guerre il vient près de Lyon, au Rozay, pour achever son noviciat et prononcer son engagement à la SMA le 20 octobre 1940. Aussitôt, il commence sa théologie au séminaire du 150 à Lyon. Trop jeune pour être ordonné, et la dispense n’étant pas accordée, il est un peu triste en voyant ses confrères ordonnés prêtres le 6 janvier 1944. Deux mois plus tard, le 19 mars 1944, il a la joie de devenir prêtre en la fête de Saint-Joseph envers qui il a toujours eu une grande dévotion.

Le 15 août 1944, il sort de l’église de son village où il vient de célébrer la messe. Il est alors arrêté par les Allemands. Il fait dix jours de cellule à Arlon, puis il est emmené à Evren en Rhénanie du Nord. Il y fait trois mois de camp pour criminels, puis il est considéré comme prisonnier civil, avec dix heures de travail par jour. Le prêtre de la paroisse lui permet de célébrer la messe chaque soir, et les fidèles qu’il rencontre vont beaucoup l’aider.

Libéré en 1945, le père Lejeune est affecté, en juillet 1946 au vicariat apostolique de Côte d’Ivoire. Monseigneur Adolphe Kirmann l’affecte à Divo avec le père Ignace Goyhenetche, puis à Daloa avec le père Théodore Tranchant, et enfin à Lakota où il fait office de curé avec, pour vicaire, le père Félix Goyhenetche.

En 1950, il est rappelé pour un service à Chanly où il reste deux ans. En mai 1952, avec le père Colla, il fait partie des premiers missionnaires SMA envoyés au Zaïre, au Kwango, où travaillent les pères Jésuites. Il sont affectés, tous les deux, à la paroisse de Kahemba, avec pour supérieur le père Hubert Lehaen. En 1956, le père Lejeune, malade, rentre en congé et il se repose en famille. Il devait repartir au Zaïre, mais sa santé ne s’améliore que très lentement. En juin 1957, il est nommé à Chanly pour s’occuper de la formation des frères et aider à l’accompagnement spirituel des novices, mais il n’arrive pas à s’habituer à cette nouvelle fonction pour laquelle il n’a pas été préparé.

Il demande donc à repartir en Afrique. Monseigneur Pierre Rouanet, évêque de Daloa, accepte de le recevoir. Le père Adolphe Lejeune part pour le Côte d’Ivoire le 18 mars 1958. Il est d’abord affecté à Man, puis à Sinfra et enfin à Issia. Dans chaque mission son principal travail est de conduire le camion et de surveiller les constructions. Il ne se sent pas à l’aise pour se lancer dans la pastorale : il ne visite pas les villages, ne fait pas de catéchisme à l’école…, sans doute parce que la maladie l’affaiblit progressivement.

En 1965, malade, il descend à la maison régionale de Dabou, puis il est hospitalisé à Abidjan. Accompagné du père François Peyvel, il est rapatrié sanitaire mais, à Niamey, on doit le débarquer et le faire hospitaliser. Arrivé à Marseille le 6 mai 1965, il entre à l’hôpital Saint-Joseph où on lui découvre un kyste au pancréas. Il subit une opération et, contre toute attente, il guérit, guérison que le père Lejeune attribue à Saint-Joseph, son protecteur.

Début août 1965, il se rend en famille, à Arville, pour sa convalescence. En octobre, il rejoint La Croix-Valmer. En mars 1966, il retourne en famille et, dans sa paroisse, il aide à l’occasion de la semaine sainte et des fêtes pascales.

C’est en avril 1966 qu’il est nommé procureur à Baudonne. Il se plait dans cette maison où il va rester 12 ans. Il envoie beaucoup de lettres pour chercher des bienfaiteurs, et d’autres pour remercier les généreux donateurs. Il participe aussi aux différentes foires missionnaires de la région : Castres, Libourne, Toulouse, Tarbes… Il lui arrive d’accepter d’être aumônier dans une colonie de vacances. A Baudonne, il aime aussi s’occuper de l’élevage des poules et des lapins, pour se distraire du travail fastidieux de la procure.

Diabétique, le père doit suivre un régime alimentaire sévère. A partir de 1976, il doit, chaque jour, se faire lui-même une piqûre à l’insuline. A la fin de l’année 1979, il accepte de rejoindre la maison de repos de Montferrier. Là, malgré sa santé très fragile, il continue à rendre service, à partager avec ses confrères bonbons et cigarettes, les invitant à 10 heures du matin à prendre avec lui un vrai café. Discrètement, mais efficacement, il pense à ses confrères d’Afrique et leur fait parvenir des dons.

A partir de 1983, on remarque que le père Adolphe Lejeune commence à être souvent fatigué. Il doit réduire ses activités de plus en plus. Il nous a quittés le 9 décembre 1986, à l’âge de 65 ans.