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Société des Missions Africaines – Province de Lyon
Le Père Paul Vérot

verot

né le 18 septembre 1924 à Sainte-Sigolène

dans le diocèse du Puy-en-Velay

membre de la SMA le 2 décembre 1944

prêtre le 31 octobre 1948

décédé le 24 décembre 2012 

 

1948-1950 Rome, licence en philo
1950-1954 Chanly, professeur de philo
1954-1956 Chamalières, professeur de philo
1956-1957 Lyon, professeur de dogme
1957-1960 Ouidah (Cotonou), professeur de dogme
1960-1962 Chamalières, professeur de philo
1962-1964 Lyon, 150, professeur de dogme
1964-1970 Ouidah, professeur de philo
1970-1972 Houegbo (Cotonou), curé
1973-1976 Chamalières, accompagnateur des novices
1976-1980 Yopougon, professeur de philo
1980-1990 Anyama (Abidjan), professeur de philo
1990-2012 Le Puy, des cours au grand séminaire
aumônier chez les Sœurs du Christ
retiré chez les Frères du Sacré-Cœur
décédé à l'hôpital du Puy-en-Velay le 24 décembre 2012,
à l’âge de 88 ans


Le père Paul VÉROT (1924 - 2012)

Une vie entière au service de l'enseignement de la philosophie et de la théologie ; nombreux sont les confrères et les prêtres africains qui en ont bénéficié.

Il est né à Sainte-Sigolène, en Haute-Loire, dans le diocèse du Puy en 1924. Aîné de la famille, il aura un frère et deux sœurs ; ses parents sont cultivateurs. Dès la fin de ses études primaires, il rejoint le petit séminaire d'Yssingeaux en 1935, c'est dire que, tout jeune déjà, il avait le désir d'être prêtre. En 1942, ayant obtenu les deux parties du baccalauréat, il fait sa demande pour entrer aux Missions Africaines : "Depuis longtemps déjà, je désire me faire missionnaire ; […] Je me suis toujours tourné vers l'Afrique." (22/07/42) C'est le père Aupiais, provincial, qui lui répond. Il est admis au noviciat dont il fera la première année au Rozay, à Saint-Didier-au-Mont-d'Or, près de Lyon et la seconde année à Martigné-Ferchaud, dans l'Ille-et-Vilaine. C'est la guerre et les temps sont durs : le père Aupiais écrit : "Apportez avec vous draps de lit et une couverture autant que possible, car nous en sommes un peu dépourvus." (07/08/42) A la fin de son noviciat, ses supérieurs noteront qu'il a fait de très bonnes études de philosophie et qu'il est le premier de son cours.

Appartenant à la classe 44, il est exempté de service militaire, ce qui lui permet de commencer le grand séminaire de Lyon dès la rentrée de 1944. Il est très bien noté à Lyon et a l'estime de ses confrères : "Maître de chant et organiste, il a été choisi par ses confrères comme chef de cours ; excellent sujet sous tous rapports, peut faire des études supérieures aux universités." (21/04/47) En décembre 1947, avant la fin de son séminaire, il reçoit la lettre suivante : "Le Conseil provincial vous a désigné pour remplacer le père Lagoutte tombé subitement malade à Baudonne. Nous savons que nous pouvons compter sur vous pour mener à bien cette tâche que les circonstances nous imposent." (30/12/47) Il va y rester six mois. En conséquence, occupé qu'il est par ses cours, il demande à n'être ordonné prêtre qu'en octobre 1948, pour avoir les deux mois des grandes vacances pour s'y préparer. Il doit ensuite rester à Lyon encore pendant deux trimestres, pour terminer ses quatre années d'études théologiques. Il passera ensuite une année à Rome pour obtenir la licence en philosophie scolastique qu'il obtiendra en juin 1950. Il est prêt maintenant : sa vie de professeur peut commencer.

"Le Conseil provincial vous a désigné pour être professeur de philosophie au noviciat de Chanly ; c'est une tâche importante et pleine d'intérêt qui vous est confiée." (28/06/50) En 1954, la formule du noviciat est changée. Les jeunes consacrent d'abord une année uniquement à la philosophie scolastique et la passent à Chamalières, puis, ils vont à Chanly pour une année dite spirituelle, où le nom de noviciat prend toute sa valeur. Paul Vérot se retrouve donc à Chamalières où il est nommé directeur de la maison. Depuis cette date jusqu'en 1970, il va se retrouver dans différentes maisons, en France ou en Afrique, pour enseigner le dogme ou la philo : c'est d'abord le grand séminaire du 150 à Lyon, puis le séminaire Saint-Gall à Ouidah, puis de nouveau Chamalières, et encore Lyon et pour finir de nouveau Ouidah.

Un grand changement dans sa vie : en 1970 il est nommé curé de Houegbo, tout en continuant de donner trois heures de philo par semaine au séminaire de Ouidah. "C'est une paroisse que je ne connaissais pas du tout, où tout est nouveau pour moi. […] Je vais essayer de faire vraiment connaissance avec la paroisse : cette année en effet, j'ai eu peu de temps pour visiter les gens." (21/07/71) Ce qu'il ne dit pas, c'est qu'un accident de voiture dont les conséquences auraient pu être bien graves pour lui l'a handicapé pendant un bon mois. Il avoue cependant l'année suivante : "Ici, le travail ne manque pas, mais la fatigue commence à se faire sentir. Depuis le départ du père Durand et jusqu'au mois d'octobre, je suis responsable de la paroisse de Zè ; cela demande beaucoup de déplacements par des chemins difficiles, et cela apporte aussi pas mal de soucis supplémentaires." (25/06/72) En octobre de cette même année, durant son congé, le docteur Plauchu met son veto à un nouveau départ du père pour l'Afrique. De plus, il vient de perdre son papa et, comme il passe plusieurs mois à Chamalières pour se reposer, sa vieille maman n'est pas mécontente de le savoir pas trop loin d'elle.

Il passe presque une année entière à Chamalières sans avoir de nomination précise : il aide à l'économat, participe à plusieurs foires-expositions. Finalement, le Conseil provincial entérine ses activités et lui confie la charge de "l'économat et des foires de la maison", jusqu'en 1975. (21/11/73) Puis, en 1974, il est nommé vice supérieur de la maison ; il laisse l'économat au père Pageaud, mais s'occupe désormais des objets africains, des journées d'amitié et donne des cours de spiritualité aux novices (1974-1976). Il peut repartir en Afrique en 1976 et il va découvrir la Côte d'Ivoire. Il est d'abord nommé au petit séminaire de Yopougon et chargé d'enseigner la philo en classe de terminale. On lui demande 6 heures de cours par semaine, mais il aura aussi des occupations à côté, en plus de la direction spirituelle. "Ce n'est pas un travail facile que le nôtre." (29/06/79). "J'ai 56 ans, soit 20 ans de plus que tous les autres professeurs. On me fait enseigner une philosophie universitaire pour laquelle je n'ai pas fait d'études. J'ai étudié la philosophie scolastique à Rome pour enseigner au grand séminaire. […] Le supérieur du grand séminaire m'a demandé de venir à Anyama à plein temps l'an prochain. […] J'en ai parlé à Mgr Yago. […] J'accepterais de venir donner quelques cours à Yopougon." (19/06/80) C'est vrai qu'il est mieux à sa place à Anyama, au grand séminaire et il le dit sans ambages : "Je me sens à l'aise au grand séminaire où les membres s'entendent bien." (22/06/81)

Il va passer 10 ans à Anyama et dans les quelques lettres qu'il envoie aux membres du Conseil, on sent un homme heureux dans son travail et sa vocation. "Tu te doutes bien que le travail n'est pas facile au séminaire. Mais je crois qu'on peut vraiment aider les séminaristes sur le plan intellectuel et spirituel, et c'est pourquoi j'y travaille avec joie." (19/07/85) "Le nombre des séminaristes continue d'augmenter. Ils seront entre 120 et 130 l'an prochain et, à mon avis, l'esprit s'est bien amélioré, si bien que c'est agréable de travailler avec eux." (28/06/86) En 1990, il rentre en France pour un congé normal : il est bien fatigué et assez déprimé. Le docteur ne le laisse pas repartir. Il se repose pendant une année chez les Frères du Sacré Cœur, à Espaly-Saint-Marcel, en Haute-Loire tout en rendant quelques services. Mais il doit surtout soigner son hypertension. Il suit également quelques cours de théologie et d'Ecriture Sainte donnés au Puy au titre de la formation permanente. Le docteur, consulté de nouveau au bout d'une année, lui donne un certificat sur lequel il dit qu'il est souhaitable qu'il reste désormais en France. A Noël 1990, il dit que sa santé s'améliore tout doucement.

Le Conseil épiscopal du Puy lui demande d'être aumônier des religieuses, les sœurs du Christ, pendant une année et d'assurer des cours de latin et de grec au séminaire du Puy. Puis cette nomination est prolongée par le Conseil provincial jusqu'en 1993. Après, plusieurs solutions sont envisagées pour un service dans l'une des maisons de la Province : documentaliste au musée, un service à Chaponost… De son côté, la provinciale des Sœurs du Christ écrit : "Si, comme j'ai cru le comprendre, le père Vérot ne repartait pas en Afrique, accepteriez-vous de nous le laisser comme aumônier de notre maison de sœurs aînées au Puy, pour la plus grande joie de nos sœurs, mais aussi, semble-t-il, au bénéfice de sa santé ?" (22/02/93) Finalement, en septembre 1993, un contrat est signé entre les sœurs et la SMA, renouvelable tous les ans par tacite reconduction. Il restera toujours disponible, même pour les prêtres du diocèse, pour des causeries, des conférences ou des récollections.

En 2004, il a maintenant 80 ans, il se retire à la maison de retraite des frères du Sacré-Cœur, à Espaly-Saint-Marcel. Le provincial avertit les Sœurs : "Le père Vérot va se retirer tout près de la maison des Buissonnets. Il est admis dans la maison de retraite des Frères du Sacré-Cœur à Paradis. Le père nous a dit qu'il serait disponible pour continuer le service qu'il assurait chez vous, à condition que nous le souhaitiez et que sa santé le lui permette. Bien sûr, ce service, s'il continuait, n'engagerait personne, ni le père, ni votre congrégation." (18/05/04) Un contrat est cependant signé entre les Sœurs et la Province, qui prend effet le 1er avril 2006 et qui stipule que, depuis la maison des Frères, il assure la messe chaque jour chez les Sœurs, et il rencontre celles qui le demandent. Y sont ajoutées quelques précisions financières.

Ainsi se passe sa retraite, et dans la maison des Frères et au service des Sœurs "pour lesquelles je célèbre l'Eucharistie presque quotidiennement, ainsi que, souvent, l'onction des malades et la réconciliation" (2007). Pour les grandes fêtes, et aussi le 1er dimanche de chaque mois, il va dans la paroisse de Polignac, sans compte des séances de confession ça et là, dans la ville du Puy. Dans l'une des dernières lettres adressées au Conseil, il affirme : "Je crois que mon ministère n'a pas cessé d'être inspiré par le souci missionnaire de mes prédécesseurs dans la SMA, même si une chute m'a bien handicapé depuis 5 mois. […] Je suis toujours très heureux de recevoir nouvelles et visites des confrères." (2007) Sa famille n'habitant pas trop loin du Puy, il peut avoir régulièrement des visites de son frère, de ses sœurs et de ses neveux et nièces. Il lit beaucoup, suit l'actualité à la télévision et s'intéresse à tout ce qui lui permet de s'évader un peu de la maison de retraite où, cependant, il affirme passer une vieillesse heureuse. Il est présent devant son poste en juin 2006, le jour où la SMA célèbre le 150e anniversaire de sa fondation : "Inutile de vous dire que j'ai suivi avec passion la célébration de Fourvière du 25 juin, merveilleuse de simplicité et de discrétion, avec ces chants africains magnifiques qui nous ont fait vibrer, et l'assistance recueillie et priante. Quelle émotion, et quelle joie ! Et quel courage aussi de la part du supérieur général (le père Kieran O'Reilly, Irlandais) d'avoir osé affronter l'assistance en français !" (03/07/06)

Vers la fin de l'année 2012, il est victime d'un accident vasculaire cérébral. Rapidement conduit à l'hôpital du Puy, il ne pourra pas s'en remettre, mais il est resté serein jusqu'à la fin. Il nous quittés la veille de Noël 2012. Sa famille, mais aussi ses amis étaient venus nombreux à Sainte-Sigolène pour ses funérailles, car c'est là qu'il repose désormais dans le caveau des prêtres de la paroisse.