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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

COUTIN Maurice né le 21 août 1920 à Sainte-Pazanne
dans le diocèse de Nantes (France)
membre de la SMA le 10 août 1942
décédé le 22 avril 1944

1942-1943 étudiant en théologie
1943 arrêté à Toulouse
déporté à Compiègne, puis à Buchenwald
1944 transféré au camp de Laura

décédé au camp de concentration de Laura, Allemagne, le 22 avril 1944,
à l’âge de 24 ans


Monsieur l'abbé Maurice COUTIN (1920 - 1944)

Au camp de concentration de Laura, le 22 avril 1944, retour à Dieu de l'abbé Maurice Coutin, à l'âge de 24 ans.

Né à Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique), dans le diocèse de Nantes, en 1920, Maurice, au sortir de l'école, entra en apprentissage chez un ébéniste. Il entra aussi dans la J.O.C. dont il fut bientôt élu président.

Une pièce de théâtre sur le sacerdoce, puis une prédication missionnaire suivie d'une conférence, décidèrent de sa vocation. Le lendemain, tout en rabotant ses planches, il se demandait: "Pourquoi pas moi?" Le missionnaire, le père Gandon, était encore au presbytère. Maurice lui est présenté par le vicaire: "Votre conférence a porté des fruits; un jeune de 16 ans vous attend, un dur, un volontaire, un énergique, chef J.O.C., qui mène cela tambour battant, parfois rudement, mais c'est un type... n'hésitez pas." Trois mois plus tard, Maurice entrait au séminaire des vocations tardives à Saint-Priest, puis à Martigné-Ferchaud. Il ne perdait pas un instant de travail intellectuel et passait toutes ses récréations dans un petit atelier de menuiserie. En 1939, à la déclaration de guerre, il songe à s'engager dans l'aviation, mais ayant demandé conseil il vint terminer ses études à Martigné avant d'y faire son noviciat: "J'ai compris, écrivait-il, combien il importait de mettre sa vie en accord avec sa foi."

Le type frondeur, rouspéteur, discuteur de l'ancien ouvrier n'avait pas encore disparu, mais il luttait et énergiquement. D'ailleurs, sous son masque de dureté, Maurice cachait un cœur d'or, doué d'une sensibilité très développée. Il avait une vraie dévotion pour "la petite Thérèse" et s'efforçait d'imiter ses vertus d'humilité et d'abandon au Père. Dans ses notes intimes, Maurice envisage la pauvreté, l'obéissance, le renoncement: "Pour la nourriture, me contenter de ce qu'on me présente... ni tabac, ni alcool... ne jamais manifester de mécontentement quant au règlement imposé, mais l'accepter comme le meilleur... surveiller mes saillies de caractère. Etre toujours poli, surtout avec ceux qui ne me reviennent pas."

Le 10 août 1942, il faisait le serment avec 12 de ses camarades. En se rendant à Lyon, il tient à faire le détour par Lourdes afin de confier à la Vierge son temps de préparation au sacerdoce. A Lyon, afin de mieux comprendre le Nouveau Testament, il se met à l'étude du grec. Il entre aussi dans une équipe chargée d'une étude sur les missions; à la fin de l'année, il se chargera de l'exposition des travaux. Il n'a pas oublié son ancien métier et ses récréations consacrées à la fabrication de l'autel pour l'oratoire des religieuses.

La question si grave du STO se pose. Il n'est pas question pour Maurice de partir au service du Grand Reich. Une idée germe en lui: gagner l'Afrique et y terminer son séminaire. Le père Aupiais essaye de l'en dissuader en lui montrant toutes les difficultés à surmonter pour gagner l'Espagne, puis l'Afrique. Maurice pense au sacerdoce, c'est au Dahomey qu'il décide de partir. Le 16 juillet 1943, il se confie à Notre-Dame de Lourdes. Arrêté par une patrouille allemande, il est remis à la police française qui le renvoie. Maurice est têtu: il recommence, empruntant une nouvelle route. Le 18 juillet, il est à nouveau cueilli par les Allemands. C'est l'internement. Prison militaire à Toulouse, camp de Compiègne, Buchenwald, voilà les diverses étapes de son douloureux calvaire. Il meurt épuisé par la fatigue et la faim.