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Société des Missions Africaines – Province de sg

 kern Le Père Victor KERN
né le 21 octobre 1896 à Thanvillé
dans le diocèse de Strasbourg, France
membre de la SMA le 31 juillet 1921
prêtre le 29 juin 1925
décédé le 13 décembre 1958 
 

1925-1936 missionnaire au Dahomey
1936-1939 Saint-Pierre, supérieur du grand séminaire
1939-1943 Le Rozay, supérieur
membre du Conseil général
1943-1945 Lyon, professeur d’exégèse et directeur spirituel
1945 vice provincial
1946-1958 Saint-Pierre, provincial

décédé à Saint-Pierre, France, le 13 décembre 1958,
à l’âge de 62 ans

Le père Victor KERN (1896 - 1958)

A Saint-Pierre, le 13 décembre 1958, retour à Dieu du père Victor Kern, à l'âge de 62 ans.

Victor Kern naquit à Thanvillé, dans le diocèse de Strasbourg, en 1896. Il fit ses études à Keer, Chanly, où il fit le serment en 1921, et à Lyon, où il fut ordonné prêtre en 1925. Envoyé au vicariat du Dahomey, le père Kern est affecté au séminaire de Ouidah. En l'absence de Mgr Steinmetz, c'est le père Aupiais, pro-vicaire, qui accueille le jeune père Kern sur la terre dahoméenne.

Impressionné par le père Aupiais, il s'efforcera de l'imiter. Il admire en lui spécialement le don de sympathie, la charité compréhensive, "l'amour des Noirs, l'ardeur juvénile, la puissance illimitée de dévouement". Ces mêmes qualités et dons, le père Kern allait les mettre au service de ses séminaristes et de ses paroissiens du dimanche, de 1925 à 1930 et de 1932 à 1936. Dans l'intervalle, pour mieux servir, le père Kern va à Rome conquérir un doctorat en théologie.

Supérieur du séminaire de Ouidah en 1934, il a la joie d'accueillir un tout jeune garçon, dont il se montrera très fier, le futur cardinal Gantin. En 1936, le père Brédiger rappelle le père Kern en Europe et lui confie le grand séminaire Saint-Augustin, qu'il vient d'ouvrir à Saint-Pierre.

Le père Kern voulut être un père pour ses séminaristes à qui il demande: "Que chacun donne son maximum. Il faut tout exiger de soi-même". Le père Kern lance la revue "Ralliement" avec le même but que "Frères d'Armes". Il écrit beaucoup dans nos revues de familles: "Frères d'Armes", "Ralliement", "Echo" et "Messager" et en particulier de nombreuses notices biographiques sur les anciens missionnaires qu'il sait présenter comme des modèles d'esprit missionnaire.

La terrible guerre frappe la province d'Alsace-Lorraine plus qu'aucune autre et met fin aux belles années du séminaire Saint-Augustin et à la revue "Ralliement". Le père Kern est supérieur du noviciat du Rozay de 1939 à 1943 et professeur d'Ecriture Sainte à Lyon de 1943 à 1945. Pendant la guerre, il est nommé par le cardinal Gerlier aumônier des réfugiés alsaciens, poste qui lui donne beaucoup de soucis et de nombreux amis.

Le père Kern n'avait qu'un désir: retourner au plus vite en Afrique. Mis plusieurs fois sur des "terna", le père Kern fut gardé précieusement par le père Brédiger. Vice-provincial en 1945, il succède au père Brédiger comme provincial en 1946. Il sera réélu en 1952.

Le père Kern eut à faire face à toutes les difficultés d'après guerre, et surtout au manque de personnel. Chaque année, les 2 ou 3 jeunes prêtres étaient disputés par deux écoles apostoliques et trois chefs de mission, sans parler du Canada où la Province lançait un nouveau district. Le père Kern n'en a pas moins gardé son "cœur large comme le rivage de la mer" et son optimisme surnaturel.

Retenons de lui sa grande magnanimité, sa bonté de père, son optimisme et son enthousiasme, son grand amour de l'Afrique.

Grande finesse d'esprit, exquise délicatesse de cœur, vie inspirée et guidée par l'esprit de foi, telles ont été les qualités maîtresses du "bon père Kern", qualités qu'ont pu expérimenter non seulement ses confrères, mais les religieuses et le personnel de nos maisons (en arrivant dans une maison, il allait toujours saluer affectueusement les religieuses et le personnel de la cuisine), les élèves et tant de personnes, amies des missions.

Le père Kern se donna à sa province jusqu'au complet anéantissement de ses forces, la dépression nerveuse dont il fut victime fut pour lui une rude épreuve. Il était la victime de sa lourde charge. Il a bien mérité de la province de l'Est et de toute notre Société.