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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

 anezo Le Père Charles ANEZO
né le 4 juillet 1881 à Mesquer
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA le 18 février 1908
prêtre le 19 avril 1908
décédé le 13 décembre 1964 
 

1908-1914 missionnaire au Nigeria
1914-1919 mobilisé
1919-1921 missionnaire au Nigeria
1922-1935 missionnaire au Togo
1936-1937 Baudonne
1937-1939 Le Rozay, supérieur
1940-1945 Satolas (Isère), curé
1945-1951 Ave, Belgique, directeur spirituel, puis supérieur
1952 La Croix-Valmer
1953-1954 Tullins, aumônier des sœurs nda
1955-1964 La Croix-Valmer, retiré

décédé à La Croix-Valmer, France, le 13 décembre 1964;
à l’âge de 83 ans

Le père Charles ANEZO (1881 - 1964)

Charles Anézo est né le 4 juillet 1881 à Mesquer, dans le diocèse de Nantes. Il fait ses études au petit séminaire de Guérande, puis il rejoint le grand séminaire de Nantes pour sa philosophie et deux années de théologie. C'est là qu'il demande à entrer aux Missions Africaines. Monseigneur Pellet l'accueille à Lyon, le 4 février 1907. Un an plus tard, il est admis au serment et il est ordonné prêtre le 19 avril 1908.

Le 4 juin 1908, le père Charles Anézo est désigné pour le Nigeria. Il s'embarque à Marseille, le 12 juin 1908. A son arrivée, il est chargé d'Assaba (près d'Onitsha sur le Niger). Tout de suite, il signale la grande pauvreté de la mission et de l'église.

Le 1er mars 1911, le père écrit une longue lettre d'Igbouzo, dans la préfecture Apostolique du Haut Niger. Érigée en 1884, la mission d'Igbouzo est confiée aux pères des Missions Africaines. D'Igbouzo, le père dit sa joie de voir sa mission grandir. La chapelle, devenue trop petite, a été agrandie par le père Friedrich. Le père Zappa est venu bénir la cloche. Igbouzo est le poste ordinaire du père mais, dit-il, je dois rayonner beaucoup dans les environs, toujours à bicyclette, avec pour toute bénédiction du préfet : "débrouillez-vous !"

Il rend visite au roi d'Akumassi, qui le reçoit bien. C'est là qu'il te faut une maison, lui dit son catéchiste après avoir parcouru la ville avec lui ! Avant de partir pour Edo, je fis au roi mon cadeau, aussi pauvre que je le suis moi-même : une feuille de tabac : 0,15 fr. Même accueil du roi d'Edo, de la communauté d'Isele-Azaba, où un petit noyau de catéchumènes désire le baptême.

Le 18 mai 1911, le père écrit une longue lettre à monseigneur Pellet, dans laquelle il lui annonce la mort, par noyade, de son compagnon le père Ferrieux. En voulant traverser la rivière Adofi, la pirogue s'était renversée : il n'avait que 30 ans.

Septembre 1911, premier congé du père en France. Il refait sa santé et, le 12 octobre 1912, il reprend le bateau pour le Nigeria. Six mois plus tard, il apprend le décès de sa maman., Malgré tout, sa chère station d'Igbouzo continue de le combler de joie. Il s'apprête à fonder une nouvelle station à Isele-Azaba, où il vient d'ouvrir une léproserie.

Survient la grande guerre. Le père est mobilisé dans le service auxiliaire. A ce moment, décède le père Zappa, préfet apostolique de la Nigeria occidentale. Il avait 56 ans. La guerre terminée, le père retourne au Nigeria et à Assaba. Il arrive à temps pour assister à l'ordination du premier prêtre nigerian, l'abbé Paul Emecete. Celui-ci, après avoir fait ses études sous la direction du père Lelièvre, fut ordonné prêtre, le 6 janvier 1920 par monseigneur Broderick.

Le 8 juillet 1920, arrive une lettre du père Chabert qui va bouleverser la vie du père Anézo : Le vicariat de la Nigeria Occidentale étant désormais confié à la Province d'Irlande, écrit le père Chabert, nous avons décidé de vous nommer à la Mission du Togo français, avec plusieurs autres confrères de la Nigeria.

Le père Charles Anézo est bien accueilli au Togo. Il est d’abord nommé à Tsévié, une mission abandonnée depuis cinq ans. Quinze jours après son arrivée, le père met le catéchisme obligatoire pour tous : Il aurait voulu convertir les gens en un mois ou deux. Dommage qu’il n'ait pas plus de patience, écrit monseigneur Cessou le 7 avril 1922.

Le 20 avril 1923, le père Anézo écrit : J'ai repris les travaux de l'église, mais je vieillis et les courses me fatiguent. Le 15 juillet, monseigneur Cessou est sacré évêque par monseigneur Steinmetz, vicaire apostolique du Dahomey, assisté de monseigneur Terrien, du Benin et de monseigneur Broderick, de la Nigeria Occidentale. Dans un discours à cette occasion, Mr Octaviano Olympio rappelle que les pères des Missions Africaines sont venus, les premiers, jeter les bases de l'évangélisation au Togo, et que les premiers missionnaires morts au Togo étaient les pères Moran et Beauquis, tous les deux empoisonnés par les féticheurs d'Atakpamé, en 1887. En fait, seul, le père Moran mourut empoisonné au Togo. Le Père Beauquis surmonta l'empoisonnement et décéda à Topo, au Nigeria, le 17 avril 1891.

Le père Anézo devient curé de Lomé en 1923. Il construit églises et chapelles. Mais, de nouveau, le 18 avril 1924, monseigneur Cessou signale au père Chabert la grosse fatigue du père Anézo et, le 26 mai, il prévient Lyon que le père embarque sur le Kouroussa.

Début mars 1925, après un temps de repos en famille, le père Anézo se retrouve "pro-vicaire " du vicariat de Lomé, en l'absence de monseigneur Cessou rentré pour se reposer à son tour. Il porte toujours en lui deux objectifs : les écoles et la formation des catéchistes. Au retour de monseigneur Cessou à Lomé, il semble qu'un différend s'établisse assez rapidement entre eux. On dit du père : C'est un très bon missionnaire, mais il est très personnel, trop personnel. Si bien que monseigneur Cessou avertit le père Chabert que le père Anézo doit rentrer. Il prend le bateau le 10 avril 1930

Durant son congé, comme il a beaucoup de talent pour la prédication, il est très demandé par les curés pour faire des conférences avec cinéma. Très habile, il sait prendre tous les moyens qui arrivent à toucher les cœurs et à convaincre.

Le 17 mars 1931, le père embarque de nouveau pour le Togo. En 1932, il est heureux de saluer le retour de son évêque, avec lequel les relations sont rétablies. Il est en admiration pour le travail qui s'accomplit au Togo, tout en déplorant le manque d'ouvriers apostoliques. Atteint d'une profonde fatigue physique et morale, il déclare : Je me sens incapable de m'acquitter de ma fonction. Aussi, je demande à mon évêque de retenir une place sur le "Madonna" du 19 décembre prochain.
Monseigneur Cessou accepte la démission du père Anézo et lui redonne la direction du district de Tsévié qu'il connaît bien. Le 23 juillet 1934, nous retrouvons le père Anezo à Tsévié. Mais, en 1935, le père doit rentrer en France. Il ne retournera plus en Afrique. Le 25 juin 1936, il est à Capbreton, où il remplace le curé, tout en faisant du recrutement pour Baudonne. En 1937, il est supérieur du noviciat des frères, au Rozay. En 1939, il est aumônier des sœurs nda à Vénissieux, tout en travaillant à la paroisse de Saint-Fons. Puis, il est nommé curé à Satolas.

Le 5 septembre 1945, le père Aupiais lui fait différentes propositions et c'est au petit séminaire d’Ave, en Belgique, qu'il se retrouve : il en devient le supérieur, le 21 juin 1951. Le 30 octobre 1952, il rejoint La Croix-Valmer. L'année suivante, il accepte de devenir l'aumônier des sœurs nda à Tullins, tout en rendant service à la paroisse.

Mais en septembre 1954, il doit retourner à La Croix-Valmer, à cause de son état de santé. Dix ans plus tard, le 13 décembre 1964, il part à la rencontre de Celui qu'il avait servi durant sa longue vie, avec tant de générosité et de zèle.