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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

VANDAELE Charles né le 3 juin 1926 à Tourcoing
dans le diocèse de Lille, France
membre de la SMA le 28 juillet 1946
prêtre le 12 février 1951
décédé le 1er mai 1968

1951-1968 missionnaire en Côte d'Ivoire
Issia, Saïoua

décédé à Abidjan, Côte-d'Ivoire, le 1er mai 1968,
à l'âge de 42 ans




 


Le Père Charles VANDAELE (1926 - 1968)

Charles Vandaele naît le 3 juin 1926 à Tourcoing, dans une famille très chrétienne. Ses parents sont commerçants. Il fait ses études primaires à l'institution Saint-Louis de Tourcoing et ses études secondaires, jusqu'au baccalauréat, à l'institution libre du Sacré-Cœur.

Le 5 juillet 1944, il écrit au père Aupiais, provincial des Missions Africaines : Je désirerais me consacrer à la vie missionnaire … Ayant connu votre Société par une image éditée par les Missions Africaines, je me renseignais auprès du père Duhil, votre procureur à Paris, et auprès de Maurice Duquesne, ancien élève du Sacré-Cœur. Ils m'ont donné tous les renseignements utiles. Le père Aupiais lui annonce son admission au noviciat de Martigné-Ferchaud, en notant ceci : La date de rentrée sera subordonnée à l'évolution de la situation. A cette date, en effet, les troupes alliées, débarquées le 6 juin, progressent vers Paris.

A la cessation des hostilités, le noviciat commence à Martigné-Ferchaud le 1er novembre 1944. Le 9 septembre 1945, il va se poursuivre à Chanly en Belgique. Le père Urvoy, supérieur, note que la piété du novice est régulière, que ses relations avec ses maîtres et ses camarades sont franches et respectueuses.

Le 28 juillet 1946, par le serment, il devient membre des Missions Africaines. Puis, il rejoint le 150, à Lyon, pour ses études théologiques. Elles sont interrompues, le 15 novembre 1948, par le service militaire. Envoyé en Tunisie, au camp de Meltine, il écrit : Je suis en plein bled, à 35 km de Bizerte, dans un petit village arabe. Bonne chambrée, dont 3 séminaristes. Chaque dimanche, un aumônier vient de Bizerte.

A la mi-mars, notre "chtimi" est promu brigadier-chef. Il change de quartier. Maintenant, il a la possibilité d'assister à la messe plus souvent et de faire une visite au Saint-Sacrement, l'église se trouvant à cinq minutes du corps. Je suis au mieux, à tous points de vue. En juillet, il continue : Je vois de plus près des jeunes de mon âge et, en contact avec eux, j'apprends à les aimer davantage. Les Nord-Africains musulmans sont aussi intéressants à connaître, à aborder sans parti pris. Sachant que je suis "baba" ou "marabout", comme ils disent, j'ai pu conquérir leur sympathie et avoir toute leur confiance.

Le 15 novembre 1949, c'est le retour au 150. Il y poursuit ses études. Il est ordonné prêtre, le 12 février 1951. Cette même année sera celle de son départ en Afrique. Le 21 juin, le père Noël Boucheix, provincial, lui écrit : Le Conseil provincial vous a désigné pour le vicariat de Sassandra où vous êtes mis à la disposition de monseigneur Kirmann. Le 13 septembre, avec d'autres confrères, il embarque à Marseille sur le "Banfora".

Nommé vicaire du père Goyhénetche à Issia, il est en même temps, directeur et responsable des écoles de la ville et de la brousse. Des écoles, il en construit un bon nombre, (en 1967, on en compte 67 dans le secteur), même des écoles publiques ! Pourquoi toutes ces écoles ? En face de l'échec pastoral auprès les adultes bétés, les pères de la région se sont tournés vers les enfants, dans l'espoir que certains seront attirés par le christianisme.
Un autre apostolat du père sera de s'occuper particulièrement des collégiens issus de la paroisse et qui sont au collège catholique de Daloa. Fréquemment, il leur rend visite et les aide financièrement. C’est pour se procurer des fonds qu’il se fait à la fois transporteur, menuisier et parfois entrepreneur, consacrant beaucoup de temps au matériel.

Pendant les congés du père Ignace Goyhénetche, Charles poursuit les aménagements de la salle-chapelle à Issia. Mais il y a aussi les écoles à achever, les examens du certificat à faire passer à Gagnoa, les corrections à assurer à Daloa. Dans les premiers jours de janvier 1956, c’est le retour du père Ignace, un samedi soir, à l'improviste. Il apporte dans ses bagages un harmonium, un poste de radio, un appareil de cinéma ainsi qu'un moteur diesel. Tout cela va changer la vie de la mission.

A son retour de congé en 1956, le père Vandaele est nommé à Saïoua pour fonder une nouvelle paroisse. Là, de nouveau, il a tout à construire : la mission, deux écoles, les logements des maîtres, la maison des sœurs de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Il commence la construction de l'église et monte la grande charpente métallique. Seule sa mort en arrête l'achèvement. Le père Dufour, son successeur, finira les travaux.

En brousse, le Père construit encore cinq écoles à six classes, mais aucune chapelle. A cette époque, les villageois sont encore réfractaires à la religion catholique. Le père Charles Vandaele restera seul dans sa paroisse, jusqu'à l'arrivée du père Michel Lemière, le 29 septembre 1967. Le nouveau venu exprime à son curé sa joie de trouver, après ses tournées en brousse, tout le confort nécessaire pour se détendre et se remettre de ses peines.

Profitant du congé du 1er mai 1968, nos deux confrères ont projeté une sortie au bord de la mer, à Grand-Lahou. Ils partent avec les deux voitures de la mission, emmenant les Sœurs, des monitrices et des enfants. Ils déjeunent au bord de la route, puis se donnent rendez-vous, à la mission de Yocoboué, chez le père Raymond Evain. Le père Michel Lemière part le premier. Il croise bientôt une voiture roulant à vive allure : c'est celle-ci qui, au sommet d'une côte, sera cause de l'accident avec le père Vandaele. Il est environ 14 h 30. Le père reçoit le volant en pleine poitrine. A l'arrière, les sœurs sont blessées.

Arrivé à l'hôpital de Divo, le docteur fait évacuer le père et sœur Christine sur Abidjan pour les opérer, mais ils n'arriveront qu'à 8 heures du soir. Le docteur Delteil d'Abidjan s'empresse auprès d’eux. Le père demande qu'on s'occupe d'abord de la sœur : après une longue convalescence, elle réchappera à l'accident. Quant au Père, on découvre qu'il a la base du poumon écrasée et la rate éclatée. S'ensuit une forte hémorragie interne et l'issue fatale, un peu avant minuit. Le père Nino Aimetta de Divo témoignera : Le père avait toute sa connaissance et il l'a gardée jusque sur la table d'opération.

Le jeudi 2 mai, un "service" est chanté à l'église Saint-Michel d'Adjamé, à Abidjan. Les obsèques ont lieu, le vendredi 3 mai, à la mission de Saïoua. Le père est enterré devant l'église qu'il était en train de construire. Malgré les fortes pluies et les difficultés des communications, la plupart des confrères du diocèse de Daloa sont présents. En l'absence de monseigneur Rouanet et du père Ambroise Veillard, vicaire général, tous les deux en Europe, monseigneur Etrillard, évêque de Gagnoa, préside la cérémonie. Le père Maurice Duquesne prononce l'homélie en présence de beaucoup d'écoliers et de paroissiens des environs.

Le père Charles Vandaele repose au milieu de ceux qui étaient devenus les siens. Par leurs prières et leur souvenir, ils lui témoigneront leur reconnaissance devant Dieu et leurs concitoyens. (Père Thépaut, supérieur régional)