Imprimer

Société des Missions Africaines –Province de Strasbourg

 buchert  Le Père Paul BUCHERT
né le 17 octobre 1896 à Strasbourg 
dans le diocèse de Strasbourg, France
membre de la SMA le 31 juillet 1921
prêtre le 29 juin 1925
décédé le 15 décembre 1963

1925-1930 missionnaire au Dahomey
1930-1932 Saint-Pierre, professeur
1932-1939 Ninino, directeur et professeur
1939-1940 mobilisé
1941-1946 Saint-Pierre le Vieux (Strasbourg), vicaire
1946-1963 Haguenau, directeur spirituel et professeur

décédé à Strasbourg, France, le 15 décembre 1963,
à l'âge de 67 ans

 

Le père Paul BUCHERT (1896 - 1963)

Paul Buchert est né à Strasbourg, le 17 octobre 1896. Il commença ses études secondaires dans un Gymnasium de la ville en 1909. Puis, désireux d’entrer aux Missions Africaines, il fut pendant deux ans, de 1912 à 1914, élève à l’école apostolique de Keer-les-Maastricht. La guerre étant survenue, il fut mobilisé de 1915 à 1918. En 1919, il vint terminer ses études secondaires à Pont-Rousseau et, après deux années de noviciat à Chanly en 1919-1921, et quatre années de séminaire à Lyon, il fut ordonné prêtre le 29 juin 1925. Il avait fait le serment le 31 juillet 1921 à Chanly.

Après son ordination, le Père Buchert fut nommé pour le Dahomey, comme professeur au Séminaire de Sainte-Jeanne-d’Arc à Ouidah. Chargé de la formation des séminaristes africains, il s’y employa avec beaucoup de zèle et avec une bonté tout optimiste, aimant souligner combien ses élèves étaient ardents au travail et comment ils donnaient les plus belles espérances pour l’avenir : il voyait le temps où ces jeunes deviendraient le digne clergé de leur peuple et les responsables de l’évangélisation dans leur pays.

En plus de sa charge au séminaire, le Père Buchert exerçait un ministère pastoral dans le district d’Allada. Il y avait 9 stations secondaires où il se rendait les dimanches et les jours de fête pour y célébrer la sainte messe, faire des baptêmes, enseigner le catéchisme, entendre les confessions, visiter les malades et les vieillards. Le soir approchant, il revenait à Ouidah pour une semaine d’enseignement au séminaire.

Il y avait aussi les dimanches d’Allada : comme chacune des stations ne pouvait être visitée chaque dimanche, on avait établi que chaque premier dimanche du mois, tous les chrétiens du district seraient invités à Allada, pour une célébration commune. Le Père aimait beaucoup ces dimanches d’Allada. Il admirait en cette occasion la générosité des fidèles qui, sauf empêchement important, ne manquaient pas d’être présents à la réunion, bien qu’ils aient dû faire parfois pour cela 25 ou 30 km à pied. En revenant de ces dimanches d’Allada ou des stations secondaires, il se disait que le travail et les difficultés n’avaient pas manqué, mais que là aussi les espérances étaient grandes : les gens font bon accueil au Père, leur bonne volonté est immense, le nombre des chrétiens augmente de jour en jour, et ainsi le missionnaire éprouve toujours de nouvelles joies.

Notons encore que le Père Buchert, qui était remarqué pour ses dons de musicien, publia, en 1928-1929, dans l’Écho des Missions Africaines de Lyon et dans le Missions Glöcklein, une étude sur le chant et la musique des Africains, pages de documentation extrêmement intéressantes, qui ouvraient des perspectives sur un côté de l’âme africaine que l’on commençait alors seulement à discerner. Il avait été impressionné par les longues mélodies du soir et de la nuit, lorsque les gens sont réunis sur la place au milieu du village, que de petits feux brillent devant quelques cases et que les chants commencent, accompagnés du tam-tam. C’était à ses yeux une forme importante des coutumes et des mœurs du peuple.

Le Père Buchert rentra en Europe en 1930. Il fut alors, de 1930 à 1932, professeur à l’école apostolique de Saint-Pierre et, de 1932 à 1939, directeur et professeur à Ninino, école apostolique ouverte en Pologne en 1931. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé en 1939-1940, puis, nos écoles étant fermées, aussi bien en Alsace qu’en Pologne, il entre au service du diocèse de Strasbourg, comme vicaire à la paroisse urbaine de Saint-Pierre-le-Vieux. Enfin, en 1946 jusqu’à sa mort en 1963, il est à Haguenau, d’abord comme directeur spirituel des élèves de l’école apostolique jusqu’en 1952, puis comme professeur. Il veillait aussi, en tant qu’organiste, à la beauté du chant dans les offices liturgiques.

En Europe comme en Afrique, le Père Paul Buchert travailla en véritable homme de Dieu. Il mit toute son âme missionnaire à guider la chère jeunesse de nos écoles, espoir des missions, et à la former à l’esprit de piété et à l’esprit apostolique. Et, en dehors des écoles, bien des gens furent les bénéficiaires de son zèle sacerdotal : ainsi les Carmélites de Marienthal, et les nombreuses personnes qui venaient à son confessionnal. À une foi profonde et un dévouement total, il unissait, à l’égard de tous, une grande bonté de cœur : tous ceux qui l’ont connu l’ont estimé et aimé pour son affabilité et sa douceur, pour la délicatesse de sa charité surnaturelle.

Il mourut le 15 décembre 1963, à la Clinique Sainte-Odile à Strasbourg, après une courte maladie. Quelques jours auparavant, le 8 décembre, il avait encore été organiste à la chapelle de Haguenau, lors de la première messe pontificale de Mgr Eugène Kwakou, premier évêque d’Abengourou.

Les obsèques du Père Buchert furent célébrées à Haguenau le 18 décembre. Beaucoup de confrères, Mgr Strebler, Mgr Durrheimer, Mgr Lingenheim, Mgr Kwakou et une foule nombreuse y assistèrent.