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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

LAMANDE Pierre né le 18 septembre 1921 à la Chèze
dans le diocèse de Saint-Brieuc, France
membre de la SMA le 30 août 1945
prêtre le 7 juillet 1946
décédé le 11 mai 2003

1946-1949 Baudonne, professeur
1950-1953 Côte-d'Ivoire, Toumodi et Bingerville
1954-1955 Baudonne, professeur
1955-1969 diocèse de Yopougon et Grand-Bassam,
Côte-d'Ivoire 
1969-1971 Paris, Crillon, pricure
1971-1972 en famille
1972-1974 Paris, Crillon, procure
1974-1978 diocèse de Yopougon, Côte-d'Ivoire 
1979-1982 Paris, Crillon, procure
1982-1985 diocèse d'Abengourou, Côte-d'Ivoire 
1985-2000 Lyon, puis Rezé, procure
2000-2003 Montferrier, retiré

décédé à Montpellier, France, le 11 mai 2003
à l’âge de 81 ans


Le père Pierre LAMANDÉ (1921 - 2003)

Pierre Lamandé est né le 18 septembre 1921 à La Chèze, dans le département des Côtes-d’Armor et le diocèse de Saint-Brieuc. Issu d’un milieu modeste - son père est ouvrier - mais profondément chrétien, il est baptisé le même jour.

Après ses études primaires, il entre au petit séminaire diocésain de Quintin ; puis il rejoint le grand séminaire de Saint-Brieuc, pour ses études de philosophie et sa première année de théologie. En 1942, désirant devenir missionnaire, il est accepté au séminaire des Missions Africaines, à Lyon, pour y achever ses études de théologie. Le 30 août 1945, il prononce son serment qui le fait membre de la SMA. Il est ordonné prêtre le 7 juillet 1946.

Contrairement à ce qu’il espérait, sa première nomination lui demande de rejoindre le petit séminaire des Missions Africaines de Baudonne, dans les Landes. Il va y être professeur pendant 3 ans. En 1949, il est affecté en Côte d’Ivoire et reçu par monseigneur Boivin, vicaire apostolique. Il va travailler successivement à Toumodi, Bingerville et Treichville. A la fin de son séjour, il est victime d’une mauvaise manipulation médicale dont les conséquences le feront souffrir toute sa vie : une piqûre de quinimax, mal faite, lui paralyse les muscles d’une jambe. Il rentre à Lyon, pour se soigner, en 1953, mais le mal est irréversible. Ce handicap sera la cause des nombreuses difficultés qu’il rencontrera. Il ne peut plus conduire, ni marcher trop longtemps et il lui est devenu impossible de circuler dans les villages.

En 1955, monseigneur Boivin accepte pourtant de l’accueillir de nouveau. Il lui propose de venir tenir compagnie à un père seul et de s’occuper du ministère ordinaire au centre, pendant que l’autre père sera en tournée… On fera de son mieux pour lui trouver la place convenable où la fatigue sera la moindre pour lui. On lui demandera de changer souvent de poste, trop souvent à son gré. Cela lui donnera l’impression d’être compté pour rien à cause de ses limites physiques. Un jour, il s’en ouvrira à monseigneur Bernard Yago : vous avouerez que changer 11 fois de poste en 18 ans de séjour, c’est beaucoup trop. Plus tard, il s’en excusera humblement : J’en avais marre de changer si souvent ; j’étais découragé et à bout de patience. J’en étais arrivé à ne plus avoir de goût pour mon travail et mon rôle de missionnaire. Malgré toutes ces difficultés, il donnera 24 ans de sa vie au service de ce peuple ivoirien qu’il aimait beaucoup.

Il passera aussi de nombreuses années au service de la SMA dans différentes communautés. Il demeure 4 ans au petit séminaire de Baudonne où il est professeur. Il assure, pendant de nombreuses années, le service de procureur à Lyon, à Paris rue Crillon, mais surtout à Rezé. C’est un travail qui est à sa portée, car il n’y a pas besoin de se déplacer. Mais c’est un travail ingrat, car il se fait dans le silence d’un bureau et personne ne mesure son importance : écrire des lettres pour remercier de nombreux donateurs, cela ne se voit pas. Le père Pierre Lamandé a rendu ce service pendant 22 ans, dans une très grande discrétion et avec beaucoup d’efficacité.

Il est aussi toujours resté très proche de sa famille. Il a longtemps porté le souci de sa maman, surtout lorsqu’elle s’est trouvée veuve en 1964, et, plus encore, lorsque son unique sœur s’est mariée et a dû laisser la maman. Il a toujours eu le cœur partagé entre son devoir missionnaire qui l’appelait à partir au loin et son devoir filial qui l’appelait à venir soigner sa maman. Par deux fois, il viendra passer une année auprès d’elle et sera avec elle au moment de sa mort.

Dans chacun des lieux où il a servi, il n’a pas étalé toutes les souffrances intérieures qu’il vivait, mais il a voulu, au contraire, servir. Il ne voulait pas ennuyer les autres avec ses propres problèmes. Tous les petits services liés à la vie communautaire, malgré son handicap, il s’en est acquitté avec beaucoup de fidélité. Il voulait se prouver à lui-même qu’il était capable de prendre sa part de travail.

On parle de sa gentillesse et de sa discrétion. Et cela est très vrai. Il avait une grande attention aux autres. Chaque année, à l'occasion de Noël, il envoyait un courrier abondant. Ceux qui le recevaient étaient très touchés de toute l'attention qu'il donnait à chaque personne à qui il s’adressait. Les nombreux bienfaiteurs qui étaient en contact épistolaire avec lui sentaient, chez ce missionnaire, un homme de confiance à qui on pouvait se confier : sans l’avoir jamais rencontré, ils parlaient de lui comme d’un ami.

La vie du père Lamandé a été marquée par la souffrance physique et morale, mais cela ne l’a pas empêché de rester un homme heureux qui savait accueillir avec beaucoup de simplicité et, souvent, un léger sourire aux lèvres.

En 2000, il rejoint la maison de retraite des Missions Africaines de Montferrier, plus adaptée à son handicap. C’est là qu’il va passer les dernières années de sa vie, avant de s’en aller vers Dieu le 11 mai 2003. Il repose au milieu de ses frères missionnaires.