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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

ETRILLARD Jean-Marie Mgr né le 6 août 1900 au Temple
dans le diocèse de Vannes, France
membre de la SMA le 23 juin 1923
prêtre le 29 juin 1925
évêque le 29 février 1956
décédé le 16 mai 1976

1925-1930 missionnaire en, Côte-d'Ivoire, Katiola

1930-1931 Ave, Belgique
1931-1936 missionnaire en Côte-d'Ivoire, Katiola
1936-1937 Ave, Belgique
1937-1946 Katiola
1946-1952 Lyon, conseiller provincial
1953-1956 supérieur régional en Côte-d'Ivoire
1956 évêque de Daloa le 29 février
1956-1971 évêque de Gagnoa (le 4 juillet)
1971-1972 Saint-Briac, supérieur
1972-1976 Saint-Jacut-les-Pins, aumônier de religieuses

Chevalier de la Légion d’honneur
Officier de l’Ordre National de Côte-d'Ivoire

décédé à Saint-Jacut-les-Pins, France, le 16 mai 1976,
à l'âge de 76 ans


Monseigneur Jean-Marie ETRILLARD (1900 - 1976)

Jean-Marie Etrillard est né au Temple, dans le diocèse de Vannes, le 6 août 1900, de famille très chrétienne, modeste, bien considérée. Après ses études primaires, il entre au petit séminaire de Pont-Rousseau près de Nantes grâce à un camarade de Pont-Rousseau qui parla de lui au père recruteur. De 1912 à 1918, Jean-Marie y fait ses études secondaires, puis entre au grand séminaire de Lyon.

De 1920 à 1922, il fait son service militaire au 6ème Dragons à Vincennes. Démobilisé en septembre 1922, il rejoint le séminaire du 150 cours Gambetta, à Lyon où il est ordonné prêtre le 29 juin 1925.

Dès son ordination, il est désigné pour la préfecture de Korhogo en Côte-d’Ivoire. Il débarque à Grand-Bassam et se voit nommé à Katiola où il restera 20 ans, 20 ans de bonheur et de joies apostoliques, malgré les durs temps de la guerre. Il est d’abord vicaire et instituteur, visitant aussi les villages Tagouanas, puis devient curé de Katiola. Le Père sillonne le vaste secteur qui lui est confié, à pied ou à vélo. De 1925 à 1947, séjour du Père en cette station, les baptisés sont passés de 350 à 6000.

En 1926, un incendie ravage la mission et la détruit. Avec courage, l’église est reconstruite et la fête de Pâques y est célébrée avec solennité et enthousiasme. L’école accueille alors 150 élèves ; un petit séminaire est en projet avec 30 aspirants. En 1930, le père échappe miraculeusement à un accident provoqué par une bille de bois qui lui tombe sur les reins.

Il rentre en congé en 1930. Il est nommé à Ave, en Belgique, comme professeur. Il n’y restera qu’une année, puisqu’en 1931, il repart pour Katiola. En 1932, construction d’une vaste église de 60 mètres, grâce à la direction experte d’un frère et la coopération courageuse des fidèles. En 1933, l’église est inaugurée et la communauté fête, en même temps, les noces d’argent de la mission : fête triomphale, avec la présence de monseigneur Diss, de monseigneur Moury, et d’une foule immense. En 1934, monseigneur Diss nomme le père, supérieur de plein droit de la mission ; en 1935, il le charge, en son absence, de toutes les affaires spirituelles de la préfecture.
En 1936, il rentre en congé, fatigué. On le désigne pour Ave. Le père, se croyant trompé, réagit vivement, désemparé. Après quelques mois à Ave, il arrache, en 1937, l’autorisation du retour et il regagne son cher Katiola.

Monseigneur Diss le nomme supérieur du petit séminaire de Katiola, aidé par le père Durrheimer. En 1939, après le décès de monseigneur Diss, monseigneur Edmond Wolff le nomme pro-préfet. Monseigneur Wolff meurt peu après, et la guerre mobilise sept pères sur dix-sept, rendant la situation bien délicate dans la préfecture de Korogho. Son nom apparaît en 3ème place sur la terna, mais c’est le père Louis Wach qui devient préfet. L’évangélisation continue malgré la guerre et les communautés grandissent.

En 1946, il est choisi comme conseiller provincial de Lyon, chargé de la propagande et du recrutement. En mai 1947, il choisit le "150", à Lyon, comme résidence : il y œuvrera jusqu’en 1952. Il signe souvent l’éditorial de l’Echo sur les missions d’Afrique, étant aussi directeur de l’imprimerie du 150 et gérant de l’Echo.

En 1950, le père Boucheix le présente à la terna pour le vicariat apostolique de Bouaké, comme dignissimus, doué de beaucoup de vertus. Mais c’est le père Duirat qui sera choisi.

En 1952, libéré de sa charge au 150, le père repart en Côte-d’Ivoire et, en 1953, il est nommé visiteur et supérieur régional de Côte d’Ivoire.

En 1955, son nom reparaît sur la terna pour le siège de Sassandra, monseigneur Kirmann étant décédé le 25 mars 1955. Mais ce projet est abandonné, car on pense à des changements importants. En effet, le 14 septembre 1955, le vicariat apostolique de Sassandra devient le diocèse de Daloa. En février 1956, le Saint-Siège annonce l’élection du père Etrillard pour Daloa. Le pape Pie XII l’encourage avec chaleur. L’ordination épiscopale est fixée au 31 mai 1956 à Daloa.

Pourtant, il est déjà question de changement, de transfert de siège de Daloa à Gagnoa. Le diocèse est très vaste : 135 000 km2. Monseigneur Kirmann y a accompli un travail immense. Aussi, le 25 juin 1956, Rome prend la décision d’ériger le nouveau diocèse de Gagnoa, et le confie à monseigneur Etrillard, tandis que le père Pierre Rouanet est choisi comme évêque de Daloa.

Le 3 février 1957, monseigneur Etrillard est intronisé à Gagnoa par monseigneur Boivin. Dans le nouveau diocèse, tout est à créer. Ses premiers projets consistent à ouvrir un petit séminaire et une école de catéchistes. Dès 1956, s’est ouvert à Gagnoa le petit séminaire Saint Dominique Savio grâce au père Roger Duquesne et à l’abbé Noël Tékry. Ce n’est qu’en 1965 que débutera l’école des catéchistes.

Instruction et éducation sont pour lui des priorités. Les écoles primaires chrétiennes triplent ; en 1961, création du C.E.G. à Oumé ; en 1963, création du collège des frères du Sacré-Cœur à Gagnoa ; en 1964, création du collège des filles ; puis ce sera l’ouverture du centre rural de Guibéroua et du centre féminin de Lakota. Le nombre des baptisés, des catéchumènes, des petits et grands séminaristes augmente rapidement. En 1975, le diocèse compte 22 paroisses au lieu de 10 en 1957.

De 1962 à 1965, monseigneur participe, à Rome, au Concile Vatican II. Dans le diocèse, l’ambiance est bonne, même si monseigneur se plaint de l’attitude de certains pères agressifs à son égard, alors qu’il est accueillant et indulgent.

Les années s’écoulent, les fatigues s’accumulent. Dès 1970, il envisage de donner sa démission et en informe le Pape. Cela fait 45 ans qu’il est arrivé en Côte-d’Ivoire. Il se sent affaibli pour gérer un diocèse de 45 000 km2 aux routes difficiles, et fatigant à visiter. Les supérieurs général et provincial comprennent bien sa situation. Rome accède à sa demande et choisit l’abbé Noël Tékry, un ivoirien, pour devenir le deuxième évêque de Gagnoa. Il sera ordonné le 30 mai 1971. Monseigneur Etrillard rentre alors en France, en juin 1971. Il a 71 ans. C’est la mort dans l’âme qu’il quitte son diocèse et la Côte-d’Ivoire, mais il est heureux d’avoir remis sa charge à un pasteur du pays.

Le 25 septembre, il est nommé supérieur de la maison de Saint-Briac, dans les Côtes- d’Armor pour différentes activités : animation missionnaire, procure, accueil, camping des estivants. Mais le climat dégrade sa santé ; les tracas, les soucis, les déceptions minent son moral et ses forces. L’administration départementale décide de fermer les bungalows des estivants. La maison de Saint-Briac est alors fermée.

En 1973, l’évêque de Vannes lui propose d’être aumônier des Sœurs de Saint-Jacut. Il accepte, fait une visite aux sœurs qui l’accueillent avec joie, et s’installe dès le 30 janvier, heureux d’être utile, d’être bien soigné de son asthme tenace et fatigant. Il célèbre la messe pour les sœurs âgées, leur rend visite, assure les confessions et la messe du dimanche. Au bout de deux mois, il se dit très heureux.

Le 13 juillet 1974, il préside les noces d’or sacerdotales du père Arsène Gandon, fondateur, avec le père Person, de la mission de Gagnoa en 1924. Le fête est grandiose, et c’est un grand bonheur pour lui.

En 1974, il écrit qu’il se trouve à l’aise et heureux avec des relations agréables avec les prêtres et les sœurs, en assez bonne santé. Son jubilé d’or approche. Il a lieu le 30 juin 1975. Le pape Paul VI lui écrit pour le féliciter et le bénir. Le père Bonfils, provincial, assure l’homélie, et rend un hommage chaleureux au vaillant missionnaire et évêque qui a 75 ans. Le 17 août 1975, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur et officier de l’Ordre National de la Côte-d’Ivoire.

Le 16 mai 1976, on le trouve mort sur son lit. Ses obsèques ont lieu le 19 mai, le matin à Saint-Jacut, et, l’après-midi, au Temple, autour de monseigneur Broussard, évêque de Vannes. Le père Bonfils évoque dans son homélie les mystères joyeux et douloureux de sa vie missionnaire, les liens très forts qu’il avait maintenus avec la province et la Côte-d’Ivoire, sa simplicité, son humilité, son zèle apostolique.

Monseigneur Rouanet le considère comme le type même du missionnaire à cette époque du 20ème siècle et pour ce territoire africain. Fondateur, bâtisseur, promoteur de l’évolution du pays par les écoles, les centres de formation, les créations de missions, tout ce travail conduisant à une rapide croissance des communautés chrétiennes et des vocations.