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Société des Missions Africaines –Province de Lyon

SPAMPINATI Josepf né le 15 juillet 1908 à Beyrouth
dans le diocèse de Beyrouth, Liban
membre de la SMA le 28 juillet 1929
prêtre le 8 janvier 1933
décédé le 17 mai 1980

1933-1955 missionnaire en Egypte
vicariat du Delta du Nil
1955-1969 en paroisse aux environs de Rome
1969-1974 diocèse de Saint-Gall
aumônier des émigrés italiens
1974-1978 La Croix-Valmer, retiré
1978-1980 Le Luc, Toulon, hospitalisé

décédé au Luc, France, le 17 mai 1980,
à l'âge de 72 ans


Le père Joseph SPAMPINATI (1908 - 1980)

Le 15 juillet 1908, Joseph Spampinati naît à Beyrouth, en Syrie à cette époque, dans une famille italienne qui émigre assez vite en Egypte. C’est là que le jeune Joseph fait la connaissance des pères des Missions Africaines. En mars 1925, il écrit, du Caire, au père supérieur général pour lui demander d'entrer dans la SMA.

Nous le retrouvons quelques mois plus tard au petit séminaire de Saint-Priest près de Lyon. Il rejoint ensuite le noviciat de Chanly, où il prononce, le 28 juillet 1929, le serment qui le rattache à la Société des Missions Africaines. Il entre ensuite au grand séminaire où il est ordonné prêtre le 8 janvier 1933.

Il est naturellement affecté en Egypte, à la paroisse de Zeitoun, près du Caire. Polyglotte sans effort, il causait le grec avec sa maman originaire de Smyrne. Il parlait l'italien en famille comme son père. Chez les frères, il commença ses études en français et en arabe, et il apprit enfin le latin au séminaire. (P. Haddad)

Vers 1941, il est interné par les Anglais dans le désert de Fayed, près de Suez, avec quelques milliers d'Italiens. Pendant trois ou quatre ans, il a dû y nouer beaucoup d'amitiés et se faire tout à tous selon son habitude. A sa libération, après la guerre, il est vicaire à Saint-Marc de Choubra où vivaient plus de cinq mille Italiens. C'était l'homme de tout le monde, continuellement appelé par les fidèles et prêt à rendre tout service, que ce soit spirituel ou simplement humain et social. (P. Haddad)

Le 5 octobre 1952, il écrit au supérieur général qu'il existe certaines paroisses en Italie dans lesquelles on compte près de 10 000 baptisés. Or, parmi tous ces gens, pas beaucoup de pratiquants, sinon au temps de Pâques. Il se déclare donc volontaire pour se consacrer à tout ce monde. Cette demande de transfert est comme une réponse au désir que le père supérieur général avait exprimé de le faire participer à l'établissement d'une maison de recrutement en Italie.

En 1954, le père Hubert, Régional, laisse entendre que le père Spampinati aurait été quelque peu gêné, après tant d'années d'apostolat, de n'être pas choisi comme responsable de Saint-Marc, mais que ni lui, ni monseigneur Boucheix ne voient d'objection importante à ce départ en Italie. Le père Spampinati écrit lui-même qu'il désire ce départ, car les modifications opérées dans la paroisse de Choubra créent des difficultés telles que son changement à lui, l'ancien, ne peut être que souhaitable.

En 1955, il quitte donc l'Egypte pour rejoindre Rome. Il exerce d'abord pendant 15 ans son ministère à Saccacci dans une paroisse du Latium. Il écrira le 16 décembre 1968 : Diverses circonstances m'ont amené à ouvrir ici une paroisse d'humbles émigrés venus de toutes les parties de la péninsule et, en ces dix années déjà écoulées, la nouvelle église et la maison paroissiale sont devenues un centre qui, grâce à Dieu, est maintenant assez bien organisé. En missionnaire, j'ai pensé qu’il était temps de le remettre au clergé diocésain.

Il fait alors la connaissance d'un prêtre suisse de langue allemande qui l'invite à venir en Suisse s'occuper des immigrés italiens. Avec l’accord de son Provincial, le père Falcon, il gagne donc la Suisse. Il écrit quelque temps après : Plus de deux mois se sont écoulés depuis mon arrivée en Suisse à Hérisseau. Le plus fraternel accueil m'a été réservé de la part du clergé suisse et des missionnaires italiens. J'ai eu beaucoup à faire pour établir les contacts avec les gens et organiser le centre chargé de l'assistance spirituelle des Italiens travaillant ici. C'est une organisation efficace qui évite l'isolement des missionnaires et permet de travailler en équipe. Et il explique que le centre qui lui a été donné n'est qu'un appartement de quatre pièces et dépendances dans le centre de la ville.

En 1972, après trois ans de présence à Hérisseau, on parle de l'envoyer en Suisse Romande à cause de sa connaissance du français. Il écrit en effet en 1973 qu'il est arrivé à Courgenay dans le Jura suisse, à une trentaine de kilomètres de Mulhouse, ce qui lui permettra d'avoir plus de contacts avec la Province de Lyon et de recevoir aussi la visite des pères du Conseil comme le père Grenot. Le centre où il doit définitivement se fixer, quand on lui aura trouvé un logement est Porrentruy, à quelques kilomètres de Courgenay.

Le 8 novembre 1973, madame Kugler qui s'occupe du père Spampinati à la mission italienne fait savoir que le père a fait une alerte cardiaque, il y a quelques semaines, et qu'il est gravement malade. Elle souhaite que le père Grenot vienne au plus vite. Après sa visite à Perrentry, le père Grenot écrit : Je trouve le père assez fatigué ; il marche lentement, il oublie beaucoup de choses. Il ne manque pas d'humour, mais il a toujours peur de mal faire.

Le 10 janvier 1974, le père Spampinati est à Lyon chez le docteur Plauchu, pour qui il n'y a aucune amélioration possible. Il conseille donc une maison de retraite. Après un moment d'hésitation, le père accepte d'aller à La Croix-Valmer mais pour deux ou trois mois. Il sera hospitalisé, subira de nombreux examens et analyses et, finalement, restera à La Croix-Valmer.

En repos à La Croix-Valmer, le père Spampinati pourra cependant se déplacer quelquefois, comme le 15 décembre 1975, lorsque madame Kugler viendra le chercher à Lyon pour le conduire en Suisse où il pourra séjourner pendant trois mois.

Le père Ranchin écrira encore le 8 novembre 1978 : Peu à peu, le père devint impossible, se livrant aux pires excentricités, si bien que notre maison n'était plus une maison de repos pour les autres pères et frères. Le père Boiron réussit à obtenir une place pour lui à la maison de santé départementale de Luc, près de Toulon. Il fut hospitalisé le 27 octobre 1977.

Les pères responsables de La Croix-Valmer eurent toujours à cœur de lui rendre visite. Le père Spampinati est décédé le 17 mai 1980 et il est enterré à Marseille. Pourquoi, Seigneur, toute cette souffrance ? Apparemment cette fin n'a pas de sens et seule la foi peut nous donner une réponse. Nous sommes sûrs que Dieu l'aime ! Comme le Christ, on passe par la souffrance pour arriver à la résurrection ! Mystère, quand même, pour notre pauvre intelligence ! (P. Haddad)