Imprimer

Société des Missions Africaines - District de Strasbourg

BOSETTI Ugo né le 28 avril 1915 à Kénora
dans le diocèse de Saint-Boniface (Canada)
membre de la SMA le 24 juillet 1935
prêtre le 8 janvier 1939
décédé le 19 mai 2008

1940-1947 missionnaire au Togo, Kpalimé
1947-1948 Haguenau, professeur
1948-1954 missionnaire au Togo, Tomégbé, Kpalimé
Tsévié, Agadgi, Noépé
1954-1955 le Zinswald, professeur
1955-1957 Montréal, directeur
1957-1995 missionnaire au Togo
supérieur régional (1959-1964)
1995-2003 Pfastatt (Haut-Rhin), retiré
2003-2008 Saint-Pierre, retiré

décédé à Saint-Pierre (France), le 19 mai 2008
à l’âge de 93 ans


Le père Ugo BOSETTI (1915 - 2008)

Né en 1915 au Canada, fils d'immigrés italiens, le Père Ugo Bosetti est décédé à St-Pierre le 21 mai 2008, à l'âge de 93 ans. C'était un missionnaire hors du commun, une figure emblématique qui a laissé au Togo, sa mission en Afrique durant plus d'une cinquantaine d'années, des marques indélébiles de son apostolat. C'était un homme mobile. Il répondait sans cesse à de nouveaux appels et s'adaptait merveilleusement à toute situation.

Du Togo au Canada
Il quitte l'Alsace en février 1940, au début de la seconde guerre mondiale, après son ordination sacerdotale à Saint-Pierre, pour rejoindre à ses risques et périls son premier poste de mission, le Togo. Il est nommé vicaire à Palimé, dans une belle région montagneuse et pittoresque, très ouverte à la religion chrétienne. Il avait là l'occasion de bien apprendre l'éwé, la langue du sud du pays, qu'il maîtrisait parfaitement.

Pour son premier congé, en 1947, il est chargé de six élèves vocations tardives au collège sma de Haguenau. L'année scolaire terminée, il repart au Togo, où il assure les remplacements des pères en congé ou rapatriés. C'est à Noépé que Mgr Strebler l'appelle d'abord pour construire la première résidence des sœurs Notre-Dame de l'Église, la congrégation de religieuses qu'il a fondée en 1952 : un grand bâtiment en terre et blocs de ciment couvert de tôles de zinc qui, aujourd'hui encore, sert d'habitat à la communauté locale Notre-Dame des Douleurs. Le père Bosetti élève aussi la charpente métallique du 2e bâtiment, le dortoir des postulantes et novices. Comme moyen de déplacement, il n'a qu'un solex, vite remplacé par une vespa qui lui permettait de transporter du matériel de construction.

A son second congé, le voilà chargé de l'économat du Zinswald, en même temps que des cours d'histoire et de philosophie de terminale. L'année suivante, on l'envoie au Canada, où il devient directeur du nouveau grand séminaire qu'on vient d'ouvrir à Montréal.

Retour au Togo. Mais le père Ugo aspirait de tout son cœur à retourner dans sa chère mission du Togo. Avec sa première 2 chevaux, il fonda trois paroisses en 12 ans. Mgr Strebler l'envoya d'abord ouvrir la mission de Kouvé, dans l'arrière pays d'Anécho. En arrivant, il fallut avant tout construire un presbytère où se loger. C'était une période difficile, le moment des élections de l'indépendance du pays, avec bien des rivalités, des dissensions partisanes et des vengeances politiques qu'il fallait vivre et aider à apaiser. Le père Ugo avait 13 villages à visiter; il construisit 2 écoles.

En 1960, le nouveau Provincial, le P. Jung, le nomme régional à Lomé-Bè. On venait de décider la création d'une nouvelle maison régionale pour l'initiation à la langue et à la pastorale des jeunes pères nommés pour le Togo et la Côte d'Ivoire. Le père Bosetti prit en mains la construction, en plus de celle du complexe scolaire de la nouvelle paroisse Marie-Reine de Bè.

A la fin d'un mandat de cinq ans, Mgr Dosseh nomme le père Ugo à Gapé. Encore une nouvelle paroisse à fonder : l'évêque lui paya un lit et un réfrigérateur ; à lui, comme il le disait avec humour, de construire autour deux chambres et des toilettes. Il a construit trois écoles primaires à cette époque.

En 1973, le voilà mis à la disposition de Mgr Atakpa, dans le nouveau diocèse d'Atakpamé. L'évêque l'envoie à Djon achever la construction du presbytère. Cette région est alors un véritable Far-West, sans routes carrossables, assez primitive et de première évangélisation. Avec le même zèle et la même endurance, le père Bosetti évangélisa la contrée. Puis, cédant la place à de nouveaux missionnaires espagnols, on le transféra à Dadja-Glei. Durant trois ans, il y occupa une misérable case en bordure de la route Lomé-Ouaga. Le seul éclairage électrique venait des camions, la nuit. Il termina l'église de Glei, qu'avait commencée le père Rostoucher, puis celle de Dadja, où il construisit un beau presbytère. Mais aussi de nombreuses chapelles, un barrage, des écoles… tout cela dans une contrée où l'on parle 18 langues différentes !

En 55 ans, le P. Bosetti a occupé 20 postes. C'était un homme accueillant et disponible, courageux et entreprenant. Un pasteur zélé en même temps qu'un excellent bâtisseur. Toujours de bonne humeur, très cultivé et plein d'humour: quand, lors de son jubilé d'or en 1989, Mgr Kpodzro lui demanda : "Comment as-tu pu réaliser tout cela ?" Le P. Ugo lui répondit : "J'ai laissé venir."