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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

PAVAGEAU Maurice né le 10 janvier 1923 à Vieillevigne
dans le diocèse de Nantes (France)
membre de la SMA 2 décembre 1944
prêtre le 6 janvier 1949
décédé le 22 mai 2005

1949-1979 missionnaire en Côte-d'Ivoire, Bouaké
1978-1979 Rezé
1979-1980 Jallais (Angers), repos
1980-1998 Rezé, procure
1998-2005 Montferrier, retiré

décédé le 22 lai 2005 à Montpellier (France)
à l’âge de 82 ans


Le père Maurice PAVAGEAU (1923 - 2005)

Maurice Pavageau est né le 10 janvier 1923 à Vieillevigne, près de Nantes, d’une famille chrétienne. Il avait 6 frères et 7 sœurs dont une religieuse. Entré à Pont-Rousseau en 1935, il y reste jusqu’en 1941. Puis il continue ses études à Martigné-Ferchaud, en Ille-et-Vilaine, à partir de 1942. C’est là qu’il prononce son premier serment missionnaire le 2 décembre 1944.

Avant de rejoindre le grand séminaire de Lyon, il fait un an de service militaire dans l’aviation, dont une partie à Salon-de-Provence. Au moment de l’appel au sous-diaconat, on notera de lui : calme, sérieux, travailleur régulier et acharné. Maurice Pavageau n’avait pas beaucoup de facilité dans les études, mais il y arrivera par son travail. Il est ordonné prêtre le 6 juillet 1949.

Dès son ordination, il est nommé au vicariat d’Abidjan et rejoint Bouaké qui ne deviendra préfecture apostolique qu’en mai 1951. Le père passera toute sa vie missionnaire en Côte d’Ivoire dans ce qui est aujourd’hui le diocèse de Bouaké.

Il est d’abord chargé des villages autour de Bouaké et, de 1952 à 1959, il s’occupe également des constructions dans le diocèse. En 1956, il écrit : Je suis à Bocanda en ce moment, parce que je suis "le père constructeur" du diocèse de Bouaké. Sans cesse, je vais de mission en mission pour construire. J’ai un camion et du matériel. Cependant, je n’arrive pas à tout faire. Je travaille pour le bon Dieu : je bâtis des chapelles et les autres pères s’efforcent de les remplir.

De 1959 à 1972, il est responsable de la paroisse de M’Bahiakro. C’est dans cette période, qu’il fait une remarque qui le caractérise : J’ai rarement écrit à mes supérieurs : c’est peut-être un tort. Mais j’ai toujours aimé le silence, la discrétion et un certain anonymat. Cela explique que nous ayons peu de documents sur son travail missionnaire.

En 1972, pendant son congé en France, il écrit au père régional. Il faut se rappeler qu’en 1972, l’Église de France subit les contrecoups de mai 1968 et que beaucoup de choses sont remises en question. Voilà ce qu’il écrit cependant : Pendant mon congé, j’ai été très heureux de rencontrer bon nombre de saints prêtres qui m’ont édifié et m’ont donné un courage nouveau pour travailler dans le champ du Seigneur. Je reste optimiste et confiant.

De 1972 à 1978, le père revient dans la ville de Bouaké, mais il garde la charge des villages aux alentours. Un article du Lien va un peu décider de son retour en France : L’article sur le service des foires a retenu mon attention. Je ne puis croire qu’on laisse tomber ce gagne-pain. Je n’ai pas d’attrait spécial pour ce genre de travail, mais si vos demandes de volontaires restent sans réponse, j’accepte de m’y dévouer. Il est vrai qu’au moment où il écrit, le père rencontre quelques difficultés sur place et qu’il est un peu découragé.

Pendant un an, le père Pavageau va donc s’occuper des foires, avec comme point d’attache la maison de Rezé. Fatigué, il doit prendre un temps de repos à Jallais, dans le diocèse d’Angers. À son retour, il est nommé aide-procureur, puis procureur à Rezé, travail qu’il accomplira avec sérieux jusqu’en 1998, année où il rejoint la maison de Montferrier.

Durant toute sa vie, le ministère auprès des malades tiendra pour lui une très grande place. Il s’en est expliqué. Ses premières années à Bouaké furent difficiles. L’Evangile n’était guère accueilli dans les villages. Trouvant peu d’écho auprès des villageois, le père rendit de nombreux services en s’occupant des malades, en les transportant à l’hôpital, en leur apportant des médicaments. Et c’est de cette manière que, peu à peu, les villageois s’ouvrirent à l’Evangile. Il n’oubliera jamais cette première expérience. Quand il revint à Bouaké, tout en s’occupant des villages, il prit la responsabilité de l’aumônerie de l’hôpital de Bouaké parce que les pères n’avaient pas le temps de visiter les malades et que ceux-ci avaient besoin de prêtre. Quand il fut nommé à Rezé, il sera fidèle à visiter les malades de la clinique St Paul. Souvent, il allait visiter les malades chez eux. Pendant toute ma vie, j’ai eu ce souci. Et c’est pourquoi beaucoup de gens venaient à la maison sma de Rezé pour lui rendre visite.

Le père Maurice Pavageau fut un homme de grande foi. Attaché à la tradition, il souffrit d’une certaine évolution de l’Eglise, mais sa fidélité au pape lui permit ne pas tomber dans l’intégrisme. C’est comme malade qu’il a terminé sa vie. Il a beaucoup souffert, devenu presque totalement dépendant durant les derniers mois de sa vie. Mais, comme dans la parabole, il a dû entendre cette parole du Seigneur : Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous, car j’étais malade et vous m’avez visité. Décédé à l’hôpital de Montpellier le 22 mai 2005, il repose au cimetière des Missions Africaines.