Imprimer


Société des Missions Africaines - Province de Lyon

REDOIS Patient né le 16 mai 1925 à La Marne
dans le diocèse de Nantes, France
membre de la SMA le 28 juillet 1946
prêtre le 9 février 1950
évêque le 7 mai 1964
décédé le 7 juin 1993

1950-1954 Pont-Rousseau, professeur, puis directeur
1954-1958 Djougou, Dahomey
1959-1964 Chanly, Belgique
supérieur et maître des novices
1964-1984 évêque de Natitingou, Bénin
1984-1993 Salin de Giraud (Aix en Provence)

décédé à Salin de Giraud, France, le 7 juin 1993
à l’âge de 68 ans


Monseigneur Patient REDOIS (1925 - 1993)

Patient Redois est né à La Marne, dans le diocèse de Nantes, le 16 mai 1925. Ses parents, cultivateurs et profondément chrétiens, l’accueillent avec joie. Patient fait partie d’une famille nombreuse : 2 frères et 8 sœurs ! L’une d’entre elles sera religieuse.

Il fait ses études primaires à l’école libre de La Marne et, en 1936, il entre au petit séminaire des Naudières à Rezé, qu’il quitte en 1944 avec la 1ère partie du baccalauréat et une excellente appréciation de ses professeurs : Bonne intelligence et bonne mémoire, bon jugement, travailleur.

Il commence alors son noviciat à Martigné-Ferchaud en Ille-et-Vilaine. Il le termine à Chanly, en Belgique, en prononçant, le 28 juillet 1946, le serment qui le fait membre de la SMA. Il rejoint ensuite le grand séminaire du "150" à Lyon. Il est ordonné prêtre le 9 février 1950.

Le 28 juin de la même année, on le nomme professeur de philosophie au petit séminaire des Naudières et, dès l’année suivante, on lui confie la charge de directeur des études et celle de préfet de discipline.

En 1954, il est enfin envoyé dans le nord du Dahomey à Djougou (préfecture apostolique de Parakou). C’est un immense territoire qui totalise 120 000 habitants, mais ne compte que 700 chrétiens, répartis sur un territoire grand comme un département français. Il commence aussitôt à étudier la langue des Pila-Pila qu’il connaîtra parfaitement et fait également preuve d’un grand discernement dans tout ce qui lui est demandé.

En 1958, il rentre en congé et en profite, pendant l’hiver, pour collecter des fonds qui permettront de construire l’église de Djougou. Mais il n’y retournera pas, car il apprend alors, en avril 1959, sa nomination comme directeur et maître des novices à Chanly, pour y remplacer le père Dubois malade. Il y restera jusqu’en 1964. A cette date, on le choisit comme 1er évêque du nouveau diocèse de Natitingou. Le 7 mai 1964, à Nantes, il est ordonné évêque par monseigneur Villepellet.

Il fut un véritable pionnier. Quand, en 1964, il arrive à Natitingou comme nouvel évêque, il trouve 6 paroisses. De 1965 à 1971, il en fonde 13. On peut imaginer toutes les démarches à mener pour en arriver là, notamment pour trouver des prêtres. Il compte d’abord sur les Missions Africaines. A une certaine époque, il y a eu plus de 35 pères sma sur le diocèse. Il accueille aussi des prêtres fidei donum venant du diocèse de Grenoble, mais aussi d’ailleurs. Très rapidement, il dote la plupart de ces nouvelles paroisses d’une communauté de religieuses, venant de congrégations très diverses. Plusieurs laïcs français sont venus donner un coup de main, surtout dans l’agriculture.

Au plan pastoral, le presbyterium se réunit régulièrement pour harmoniser les pratiques pastorales. Beaucoup de villages découvrent le nom de Jésus : monseigneur Redois ne craint pas de faire lui-même la première annonce, quand on le lui demande. Il aime aborder les communautés naissantes. Dès son arrivée à Natitingou, il fonde l’école de catéchistes et institue les catéchistes permanents rémunérés, assistés de catéchistes ou animateurs bénévoles. Un livre de catéchuménat est édité. Des recherches sur les coutumes sont entreprises en vue d’une inculturation dans la liturgie et la catéchèse.

Monseigneur Redois s’intéresse aussi au développement : il travaille à implanter des écoles primaires privées catholiques, à favoriser la création d’internat de filles ou de garçons, à forer des puits dans de nombreux villages, à lancer la culture attelée, à promouvoir la formation de la femme. Grâce à un aumônier permanent, des équipes de JAC naissent dans de nombreuses communautés.

Au milieu de toutes ses activités, Monseigneur Redois reste un homme toujours accessible, restant scrupuleusement les trois premiers jours de la semaine à son bureau et les quatre autres en paroisse. Un de ses missionnaires dit de lui : On peut le considérer comme un homme de Dieu, un grand pasteur, un pionnier et un rude travailleur.

Au niveau de l’État du Dahomey, on reconnaît également toute l’importance de ce que monseigneur Redois a accompli dans l’Atacora : le 10 novembre 1966, il est promu au grade d’officier dans l’ordre national du Dahomey.

A la démission de monseigneur van den Bronk, Rome nomme monseigneur Redois administrateur apostolique de Parakou. Il assurera cette charge du 29 septembre 1975 au 20 avril 1976, date à laquelle un évêque sera nommé à Parakou en la personne de monseigneur Nestor Assogba.

En 1979, il envisage de démissionner. Il pense qu’avec le marxisme en cours dans le pays, il est temps de confier le bâton de pasteur à un enfant du pays. En plus, sa santé lui pose quelques problèmes. Rome lui demande de continuer encore. Monseigneur Redois répond : Les désirs du Saint-Siège sont pour moi la volonté du Seigneur, et je continue donc à annoncer l’Évangile avec autant d’enthousiasme qu’avant.

Le 20 mai 1982, il renouvelle sa demande au pape d’être relevé de ses fonctions pour raison de santé. Sa demande est acceptée le 25 janvier 1983. Il sera remplacé par monseigneur Nicolas Okioh.

Il quitte définitivement l’Afrique en février 1984. En octobre de la même année, il est nommé curé de Salin-de-Giraud, dans le diocèse d’Aix-en-Provence. Pendant tout son séjour dans cette paroisse, monseigneur Redois va conquérir tous les cœurs par sa simplicité, sa gentillesse, sa bonté, son ouverture à tous.

Il décède accidentellement, par noyade, le 7 juin 1993. Les obsèques auront lieu dans les arènes de Salin et seront présidées par monseigneur Panafieu, archevêque d’Aix-en-Provence, en présence de monseigneur Rouanet et de monseigneur Bonfils, de 15 missionnaires sma, de 60 prêtres du diocèse et d’environ 700 fidèles dont de nombreuses personnalités. Il est enterré dans le cimetière de Salin-de-Giraud, comme il l’avait désiré.