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Société des Missions Africaines – Province de Lyon

ROCHER Yves né le 5 novembre 1917 à Bruc-sur-Aff
dans le diocèse de Rennes (France)
membre de la SMA le 24 juillet 1938
prêtre le 6 janvier 1944
décédé le 22 juin 2003

1944-1947 Pont-Rousseau, professeur de 5e
1948-1950 Parakou (Bénin)
1950-1966 Djougou (Bénin)
1966-1982 Bassila (Bénin
1982-1988 Rezé, procure
1988-2003 Montferrier-sur-Lez, retiré

décédé à 
à l'âge de 85 ans

 


Le père Yves ROCHER (1917 - 2003)

Yves Rocher est né le 5 novembre 1917 à Bruc-sur-Aff, près de Messac, en Ille-et- Vilaine, dans le diocèse de Rennes. Après ses études secondaires au petit séminaire diocésain de Châteaugiron, il demande, en juillet 1936, à entrer aux Missions Africaines à Chanly, en Belgique où l’a précédé d’une année un de ses camarades, Ambroise Veillard. Rapidement, le père Laqueyrie lui apprendra son admission.

Deux ans plus tard, il prononce son premier serment le 24 juillet 1938. Le supérieur du noviciat le qualifie ainsi : franc, bien dévoué, grand esprit de foi, volonté assez ferme, bien décidé à être missionnaire. Son curé n’est pas moins élogieux. Voici ce qu’il écrit : l’abbé Rocher est pour moi, par sa gaîté, son entrain, sa bonne volonté, le meilleur réconfort depuis que je le connais.

Le 2 novembre 1938, il rejoint la caserne pour effectuer son service militaire. Il est affecté au service auxiliaire, à cause d’une faiblesse au genou gauche. La guerre éclate en 1939. Le 1er août, il est prisonnier dans un camp et assez gravement malade. On l’hospitalise à Saint-Dié pendant deux mois. Une commission allemande le réforme et le renvoie dans ses foyers en octobre. Il rejoint le grand séminaire des Missions Africaines à Lyon, pour y effectuer ses études de théologie. Il est ordonné prêtre le 6 janvier 1944.

Il est alors nommé professeur au petit séminaire de Pont-Rousseau où il donne toute satisfaction. Après 3 ans d’enseignement, il demande à partir en Afrique. Cela lui est accordé et, le 15 décembre 1947, il est nommé pour la préfecture apostolique de Niamey, au Niger. Le provincial le présente ainsi : il a besoin d’un climat sec, car il a eu un poumon un peu voilé au cours de la guerre. A surveiller de ce côté. Prêtre dévoué, un peu personnel peut-être, mais capable de bien s’adapter à tout genre de ministère.

C’est donc à Niamey que le père Rocher commence son ministère. Il passera très vite à la préfecture apostolique de Parakou, au Dahomey, nouvellement créée en 1948. Il est d’abord nommé vicaire à la paroisse de Parakou. En 1950, il rejoint la mission de Djougou où il va travailler pendant 16 ans. C’est dans cette paroisse que le père Patient Redois sera son vicaire pendant quelques années. En 1964, la préfecture apostolique de Parakou donnera naissance à deux diocèses, celui de Parakou et celui de Natitingou. La paroisse de Djougou fera partie du diocèse de Natitingou et le premier évêque du nouveau diocèse sera monseigneur Patient Redois, ancien vicaire du père Rocher.
En 1966, le père Rocher est nommé curé-fondateur de la nouvelle paroisse de Bassila, à 80 km au sud de Djougou. Il s’y sent un peu isolé, mais comme il l’écrit : Les confrères en voyage savent que Bassila est une étape bien pratique entre le Nord Dahomey et Cotonou. J’ai souvent des visiteurs. Il restera à Bassila, petit centre marqué par l’Islam, durant 16 ans. Durant cette période, il effectuera, avec beaucoup de constance, un très bon travail missionnaire et réussira à faire naître, dans les villages, de petites communautés chrétiennes qu’il soutiendra par des visites régulières.

A Djougou comme à Bassila, le père Rocher est apparu aux gens comme un grand missionnaire, un pionnier. Ses familiers l’appelaient « Dogo » parce qu’il était grand. Mais tous les chrétiens l’appelaient « Le Père » et cela suffisait car, vraiment, il était le père de tous, celui qui les aimait et les respectait. Il savait prendre le temps pour visiter les gens, appelant chacun par son nom. Dans sa discrétion, personne ne se sentait jugé, mais accueilli. Il aimait passer la nuit dans les villages et coucher sur la natte, pour profiter des longues veillées. Les mauvaises routes ne l’arrêtaient pas pour aller dans les villages. S’il ne pouvait passer en voiture ou à moto, il y allait à vélo ou à pied… Tout le monde voyait en lui un homme bon, droit et fidèle, un homme de confiance, un missionnaire qui savait écouter, compatir et encourager. Son visage souvent sérieux, qu’un sourire malicieux venait éclairer, n’a jamais rebuté personne. Les communautés qui sont nées à partir de son témoignage en sont la preuve.

En 1982, il doit rentrer définitivement en France pour des raisons de santé. Il écrit le 29 mai : Je termine donc mon séjour au Bénin. Cela ne va pas sans un certain chagrin, bien sûr. Mais ma résignation est facilitée par le fait que ma santé me rend incapable de continuer mon travail. Et ces dernières semaines, rien ne s’arrange.

Il est nommé alors à Pont-Rousseau pour la travail de la procure, en collaboration avec le père Durand. Sa santé ne s’améliore pas. Il ne peut rester debout trop longtemps et sa voix s’affaiblit. Il se console en disant : Je suis tout de même encore utile à l’Eglise et à son œuvre missionnaire, via la SMA. Malgré sa santé déficiente, ses confrères le choisissent comme vice-supérieur de la maison de Rezé.

En 1988, il rejoint la maison de retraite de Montferrier-sur-Lez. En 2002, il est hospitalisé et pense que le moment est venu de partir, car il est devenu presque totalement dépendant. Pourtant le Seigneur le fera encore attendre une année. Ce temps lui sera favorable. Lui qui semblait plutôt réservé, parfois replié sur lui-même, va devenir un homme heureux, détendu, ouvert, pacifié, se laissant totalement faire par le personnel soignant. Un des derniers mots qu’il ait dit au père provincial est un remerciement : les gens qui s’occupent de nous, ici, sont formidables.

Il meurt le 22 juin 2003 à Montferrier. Ses obsèques sont célébrées en la chapelle de la maison de retraite. A sa demande, son corps est incinéré et ses cendres déposées au cimetière des Missions Africaines.